16 octobre 2009

Le 2e Festival international de la bande dessinée (Fibda) est ouvert

bd

La relève semble assurée dans l’univers magique de la bande dessinée. Rym et Todji en sont la preuve vivante. Ils sont présents au 2e Festival international de la bande dessinée (Fibda) qui se tient jusqu’au 18 octobre 2009 à l’esplanade Riadh El Feth.

Ils sont plus de 200 à y être présents et veulent apprendre de leurs aînés algériens comme Slim, Haroun et Saïd Zanoun ou étrangers tels que le belge Etienne Schreder auteur du célèbre Amères saisons ou l’américain Daryl Cagle. Ils vont bientôt se retrouver dans une nouvelle revue de BD, El Bendir avec Hicham Baba Ahmed (HIC) et les autres artistes. Rym n’a pas encore d’album publié mais travaille pour atteindre cet objectif. « Je suis né avec. Lorsque j’étais petit, les prix des livres étaient bas. Mes parents en achetaient beaucoup. Je lisais, par la suite j’ai fait l’école des beaux-arts et j’ai décidé de me spécialiser en BD. Cela n’existe pas dans les programmes de cette école. La BD est une passion pour moi », a expliqué Rym. Elle fera d’abord des illustrations pour El Bendir avant de se lancer dans les planches. Todji, pour sa part, a suivi la passion de son père par la BD. « Mon père m’achetait des Pif, des Schtroumph et des BD de Haroun. J’ai adoré cela. Mon père voulait que je fasse des études et que je ne fais pas de la BD un métier. J’ai commencé quand j’étais à l’université de Bab Ezzouar », a souligné Todji. A l’USTHB, Todji a étudié la technologie et la biologie. Il a arrêté. Même chose à l’école des beaux-arts. La passion est plus forte ! « Je suis dans l’inachevé. J’ai commencé à travailler en tant qu’infographe, seul métier qui me permet de dessiner. Maintenant, je ne me consacre que pour la BD. J’ai fais des planches pour le magazine Laabstore. Je continue la même série à El Bendir », a ajouté Todji. Un album est en chantier.

Selon Rym, la situation de la BD va mieux que par le passé en ce sens que les éditeurs sont moins frileux vis-à-vis du neuvième art. Todji, quant à lui, est optimiste. « Il y a une communauté de jeunes bédéistes algériens qui commencent à se regrouper. Ils sont assez nombreux. Il faut seulement que les éditeurs s’investissement un peu plus dans le IXe art et qu’ils aient plus d’initiatives comme le FIBDA. Un festival par an, ce n’est pas suffisant », a-t-il estimé. Todji a appelé à la création d’une véritable école de BD en Algérie et a regretté l’absence d’une filière BD à l’Ecole des beaux-arts. « Les jeunes ont pratiquement tout appris sur le modèle des mangas japonais. Ils ont lu et vu à la télévision et sur Internet. Ils ont tout appris de cet art. Donc, il faut offrir d’autres modèles aux jeunes », a expliqué Todj soulignant qu’il est possible d’avoir un marché de la BD algérienne. Peut-on tout dire dans la BD algérienne ? « Je ne sais pas. Les bédéistes et les caricaturistes de l’ancienne génération ne se gênent pas. Ils ont toujours eu le courage de s’exprimer sur le gouvernement ou l’islamisme. Ce genre d’expression ne peut être que positif », a précisé Rym. Plusieurs jeunes ont été primés par les organisateurs du Fibda à la faveur d’un concours national. Le premier prix, doté de 200 000 DA, est revenu à Aïdaoui Tahar, le deuxième à Amine Benabdelhamid, le troisième à Atif Naâs Araba.

Source : El Watan

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27 juin 2009

PANAF 2009, tribune de propagande ou fuite en avant ?

imagesEn dehors des guerres dévastatrices, des coups d’états sanglants et des maladies ravageuses qui marquent l’Afrique, le continent noir est aussi un géniteur de grandes civilisations allant de celle de l’Arc, à celle des masques en passant par celle des lances. Les différentes civilisations africaines ont donné naissance à des cultures riches et diverses qu’on peut entrevoir à travers les différentes sculptures, toiles, danses rituelles, chants et poésies.

A l’occasion du festival panafricain qui se tiendra le mois de juillet prochain à Alger, les Algériens et le reste du monde, par médias interposés, découvriront les multiples facettes et les vastes richesses du continent. Les moyens mis en place par le gouvernement (plus de 80 millions d’euros) et la qualité des participants laissent espérer vivre un événement continental riche en couleurs.

Toutefois, l’interview accordée par la ministre de la culture, mercredi passé, au journal Liberté laisse suggérer que le pouvoir politique en place compte faire de cet événement culturel majeur une tribune de propagande pour se refaire une santé après le coup de putsch constitutionnel du 12 Novembre dernier et le hold-up  électoral du 7 avril qui a donné à Bouteflika le score brejnévien qu’on connait. La référence continue au président dans une sortie médiatique, sensée relever les atouts d’une telle manifestation, accentue l’appréhension d’une récupération à outrance de ce rendez – vous continental. Comme quoi, chez les bouteflikistes en manque de légitimité et de réalisations positives, tout est récupérable pour la bonne cause.

Si l’organisation d’un tel événement et sa réussite éventuelle mérite applaudissements et encouragements de la part de tous les citoyens à l’affut du moindre espace d’expression multiple et avides de connaitre la culture de leur continent, la manifestation ne doit servir de fard pour détourner les regards des échecs répétés de la politique culturelle dans notre pays.

Lorsque la ministre de la culture, Khalida Toumi, investit la manifestation continentale, quand bien même culturelle, de la mission de soustraire les algériens du dogme de la barbarie, elle se trompe de diagnostic et de moyens susceptibles de placer les Algériens dans l’universel. Inviter toute l’Afrique à Alger n’arrêtera pas l’érosion si le gouvernement continue sa politique dévastatrice d’arabisation de l’école, son penchant à fermer davantage les espaces de liberté et sa tendance à monopoliser l’action culturelle.

Sans une politique courageuse de réforme révolutionnaire du système éducatif qui va de pair avec une politique d’ouverture médiatique et éditoriale, l’Algérie ne produira, en bout de course, que des hommes qui n’ont d’yeux que pour les livres islamistes subversifs et des femmes qui ne courent que derrière des recettes de cuisine ( les différents salons du livre l’ont mainte fois démontré) . Les bonnes feuilles et les toiles peuvent moisir dans les dépôts des libraires et les galeries d’art.

Eviter aux algériens le glissement dangereux vers la barbarie passe par la fréquentation quotidienne d’une école moderne et un accès inconditionnel à des tribunes libres, affranchies du devoir d’allégeance aux maitres du moment.

La construction de l’esprit universel n’est pas une affaire d’un show médiatique mais le résultat d’un travail de fond, serein et sérieux.

Il ne sert à rien d’inviter des bambins à contempler des œuvres d’art si, dès le mois de septembre, on les force à laisser les yeux scotchés sur un tableau où les maîtres ne gribouillent que des cours à mille lieues de la modernité.

Ceci dit, j’invite les algériens à profiter quand même de ce PANAF 2009 pour se ressourcer et faire connaissance avec tout le géni africain. Car au rythme où va la décadence dans notre pays, même les oiseaux perdront, un jour,  le droit de chanter.

Posté par mtertag à 10:59 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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