03 juin 2009
Bac 2009 : les secrets de la réussite
Aux portes des examens du bac, Cahiers Algériens met à la disposition de ses lecteurs un article paru dans le Soir d'Algérie qui donne les clés de la réussite. En voici, le texte integral :
Trois lettres sont synonymes de
stress, de fortes émotions et d’angoisse pour des milliers d’élèves et
leurs parents. Il s’agit bien sûr du bac. Cet examen aura lieu dimanche
prochain.
Les élèves sont à leurs dernières révisions. Les parents sont aux
petits soins avec les futurs examinés. Ce sésame du cursus universitaire
et plus tard du marché de l’emploi est tout bonnement synonyme d’un
sentier du futur. Et pour le décrocher, d’importants investissements
sont consentis, qu’ils soient intellectuels ou financiers ! Au fait, à
combien revient le coût du baccalauréat aux parents ? Et qui en profite
? Et quels sont les business autour ?
Budget spécial baccalauréat
L’argent est le nerf de la guerre. Pour le baccalauréat, l’argent est
quelque part le secret de la réussite. Il sert au payement des cours
particuliers, notamment. Les parents consentent un fort budget pour la
réussite de leur progéniture. Après une apparition timide, il y a de
cela quelques décennies, le recours aux cours particuliers est devenu
quasi systématique. Elèves et parents s'accordent sur le fait que les
cours fournis dans les salles de classe ne sauraient être suffisants
pour préparer ce difficile examen. Et pour preuve, avant même la clôture
des programmes, des élèves des classes terminale ne mettent plus les
pieds en classe. Ils préfèrent se rendre directement aux cours
particuliers. Et à ce stade, tous les élèves ne sont pas au même niveau.
Les cours privés sont malgré tout un fardeau pour les familles, en
particulier pour celles qui ont des revenus limités. Le coût d’une
séance se situe entre 600 et 1 600 DA. Et cela dépend de la formule : en
classe, en groupe restreint, à domicile ou individuel. Certains parents
ont même décidé de payer des cours particuliers pour toutes les
matières. «De notre temps, seuls les élèves des branches scientifiques
ou mathématiques avaient recours aux cours particuliers. Et il ne
s’agissait que des matières à fort coefficient. Aujourd’hui, cette
pratique s’est généralisée, il y en a même qui prennent des cours
particuliers pour la langue arabe», témoigne Meriem, 26 ans, promotion
1999. Et d’ajouter : «Je me rappelle que dans ma classe de sciences
naturelles et vie, il y avait à peine une dizaine d’élèves qui avaient
recours aux cours particuliers. Et ce n’était que pour deux matières :
les mathématiques et la physique. Maintenant, c’est systématique et pour
toutes les matières.» Dix ans plus tard, le constat est tout autre. Le
ministère de l’Education nationale a également mis en place des cours de
soutien dans les établissements à des prix symboliques durant les
week-ends et les vacances scolaires. Des élèves moins nantis que
d’autres s’en contentent. «Pour moi, le plus important est de se donner
à fond depuis le début de l’année. Cours particuliers ou pas, il faut
avoir une bonne méthode de travail», témoigne un lycéen. En plus des
cours particuliers, les parents veulent choyer leurs enfants. Tels des
sportifs de haut niveau, juste avant la dernière ligne droite, ils ont
droit à des plats «extras» et à des sucreries. «Ces derniers jours,
j’essaye de préparer des plats bons pour la mémoire à base de poissons
surtout. Des fruits et des sucreries comme le chocolat et des bonbons
sont à gogo dans la maison», témoigne une maman dont son enfant passe le
baccalauréat pour la première fois. «C’est vrai que cela revient cher,
mais du moment que je ne l’ai pas fait tout au long de l’année !
J’essaye de me rattraper tant bien que mal et avoir bonne conscience »,
ajoute-t-elle en souriant. Au-delà de ces plats, d’autres élèves ont
recours à des produits plus forts.
Boissons énergisantes et vitamines à la rescousse
Loin des recettes de grand-mère, dites bonnes pour la mémoire, à base de
miel, la génération actuelle des bacheliers puise ses forces dans
d’autres produits. Outre le café ou le thé fort, les élèves ont recours
à des boissons énergisantes étrangères pour pouvoir réviser et faire
face à la pression. Sans ou avec le consentement des parents, ils
consomment des boissons dites énergisantes sans prendre conscience des
éventuels dangers. Ces boissons, dont les plus connues sont Red Bull et
Black Dog, sont en vente libre à plus de 140 DA la canette. «Mes amis en
consomment tout le temps. Ils pensent que c’est bon pour les révisions.
Moi, je préfère ne pas trop m’y habituer. Sans connaître toutefois les
méfaits potentiels », reconnaît Amina, bachelière. En effet, les vertus
de ces boissons «dopantes» ne seraient pas seulement physiques : elles
agiraient aussi sur le mental en améliorant la concentration et la
mémoire. Ces energy drinks se composent de taurine et d’un taux élevé de
caféine. Rares sont ceux qui avoueront en consommer régulièrement. «Ces
boissons permettent d'augmenter la capacité de travail en période de
révision mais peuvent mener au surmenage le jour J», soutient un
spécialiste. Interrogé sur le recours à ces boissons énergisantes,
Zoulikha, dont le fils passe cet examen, avoue : «Je ne connais pas ces
boissons énergisantes, mais je reconnais que ces dernières semaines,
j’ai acheté beaucoup de vitamines pour mon fils. Régulièrement, je fais
un tour dans les pharmacies pour en prendre connaissance. Le dernier
produit que j’ai acquis est Gelphore. Il est à base de gelée royale.
Cette dernière est pratiquement introuvable et de surcroît coûte cher
alors j’ai opté pour cette vitamine.» Zoulikha, rencontrée non loin
d’une pharmacie de la place du 1er-Mai ajoute : «Je pense lui acheter
aussi de la Juvamine.» Pour beaucoup de parents, ces vitamines sont un
coup de pouce pour achever les révisions. Des révisions qui se font en
groupe ou seul ou bien encore derrière un ordinateur. Et oui, les cours
de soutien virtuels deviennent une réalité.
Le bac sur le Net
Actuellement, les sites internet algériens consacrés aux examens du
baccalauréat ne sont pas nombreux. Parmi eux, www. bacfacdz.com. Créé en
2003, il s’agit du premier portail des étudiants algériens où sont
recensés les sujets et les corrigés des précédents baccalauréats. Juste
après les examens, les bacheliers peuvent à la fois consulter les
corrigées du bac et s'informer sur les modalités des inscriptions à
l'université. Selon son concepteur, étudiant en deuxième année lors de
sa création, depuis son lancement en 2003, ce site a enregistré près de
deux millions et demi de visiteurs et avec une moyenne quotidienne de 1
000 visites. Sur le Web, près de 200 sites possèdent un lien vers ce
portail. La majorité des visiteurs se trouve en Algérie, en France, et
dans les pays francophones qui accueillent une communauté algérienne
importante. Algérie Télécom s’y investit également. A deux semaines du
bac, elle a lancé le Pack Nadjah. Il comprend un accès internet ADSL
illimité (256 kbps/512 kbps), une carte AllôBac offerte (20 h, 40h et
60h) et un Modem gratuit (pour un abonnement de 6 mois minimum). Ainsi,
le site internet allobac. com concentre 9 matières essentielles, arabe,
français, anglais, histoire, géographie, philosophie, sciences
naturelles, physique, mathématiques avec accès aux travaux dirigés,
exercices et corrigés, participation à des forums interactifs avec des
professeurs (à partir de 17h), de bénéficier d’un support psychologique
et de profiter de conseils d’orientation. La Toile est aussi utilisée
pour les révisions à travers les messageries instantanées. Les
discussions on-line viennent à la rescousse pour poser des questions aux
amis sur les cours non compris, faire des pronostics sur les éventuels
questions et, bien sûr, s’amuser le temps d’une pause. Chacun a ainsi un
support pour les dernières révisions avant de s’engouffrer cinq jours
durant dans l’ultime examen. Après une année laborieuse, les élèves
auront droit à un repos bien mérité. Certains parents ont d’ores et déjà
choisi une destination de vacances pour permettre à leur progéniture de
déstresser en attendant le fameux 10 juillet, date de l’annonce des
résultats.
G. I.
Dépenses de l’Etat pour le baccalauréat
2,6 milliards de dinars est le coût du baccalauréat 2009. 20% de ce
budget est consacré à la restauration. Ainsi, le reste du budget est
prévu pour les indemnités. Les surveillants au nombre de 85 215
toucheront durant les 5 jours de surveillance 5 875 DA, les 5 580
observateurs au niveau des wilayas toucheront 17 000 DA, et au niveau
des centres d’examen, 15 000 DA. Les 23 000 correcteurs répartis dans 40
centres sont payés entre 17 098 et 21 075 DA et les secrétaires entre 5
000 et 23 000 DA. Le ministère de l’Educationon nationale signale que
pour cette session aucun chef de centre n’est désigné dans sa wilaya,
aucun adjoint au chef de centre d’examen n’est désigné dans
l’établissement où il exerce.
57% des examinés sont des filles :
- Nombre global des candidats : 444 514
- Scolarisés : 263 330
- Libres : 181 184
- On compte 9 filières pour le bac de la réforme et 24 filières pour
l’ancien bac, destinées notamment pour les recalés des précédentes
sessions.
696 postulants des écoles privés :
Cette année, le nombre de candidats issus des écoles privées est en
baisse en comparaison à l’année dernière. Il est de 696 alors qu’il se
situait lors du précédent examen à 1 566.
















