18 octobre 2009
Portrait de SLIMANE AZEM, l’icône des valeurs
L’artiste s’attachait aux valeurs traditionnelles des ancêtres et auxquelles il vouait un culte certain. Et c’est certainement à ce niveau là que Dda Slimane a su conquérir énormément de cœurs, des pères et des mères de famille soucieux du devenir de leur progéniture à l’orée des temps modernes.
Slimane Azem ? C’est bien évidemment le chantre de la chanson Algérienne, mais également un homme qui incarne bien des valeurs. Celui-ci est, en effet, très estimé pour ses grandes qualités morales empreintes d’humilité, de courtoisie et d’affabilité. « C’est un homme très modeste, humain, calme, toujours souriant. Je ne l’ai jamais entendu crier. Il donnait à chaque chose sa valeur» Dixit Kamel Hamadi à l’un de nos confrères qui l’interrogeait à son propos.
Au plan musical, Slimane Azem a tout bonnement ouvert la voie à la chanson Algérienne d’expression kabyle qui s’est émancipée dans le concert des nations. Ne serait-ce pas Dda Slimane qui a inspiré bien de talentueux chanteurs de chez-nous et qui sont devenus, à leur tour, célèbres ?
Kamel Hamadi qui l’a côtoyé de prés fort justement, Lounis Ait-Menguellet ou encore le défunt Lounes Matoub pour ne citer que ces grands. N’a-t-il pas marqué pour l’éternité les anciennes générations qui s’abreuvent inlassablement de son répertoire aussi riche que varié ? Riche par la texture – de la poésie rythmée – bonne à écouter en famille, varié par la thématique sans cesse recherchée et en adéquation constante avec son époque mouvementée.
Depuis « Effegh A Yajrad Thamurthiw » (Criquets, quittez mon pays) chanson révolutionnaire par excellence en passant par « Yellouled Wagour » (le croissant lunaire est né) en référence à l’emblème national jusqu’à « Ef Takvailith Yuliwas » (le jour se lève sur la « Kabylité » – i.e. langue –) en hommage au printemps berbère, Dda Slimane n’a pas cesser d’éveiller les consciences. Mieux, il s’est même prononcé sur le futur, notre présent à nous. « Ih El Kern Narfaâtach ! » (Ô le 14 ème siècle de l’Hégire ! ndlr) illustre on ne peut mieux ses présages. En un mot Slimane Azem enseignait à qui voulait bien l’entendre, non sans une pointe d’ironie, la vie dans toute sa complexité. Cette même vie qui l’a forgé au demeurant.
Des cafés parisiens à Pathé Marconi
En débarquant à Longwy (France) en 1937, Dda Slimane travaillera comme manœuvre avant d’être mobilisé lors de la « drôle de guerre » à Issoudan. Réformé, il s’en ira à Paris où il est embauché à titre d’aide électricien dans le métro. Il a connu, en outre, les affres de la prison en Allemagne au cours de la seconde guerre mondiale. Cette période de sa vie sera évoquée dans sa première composition « A Moh A Moh Ekker Ma Teddud Anruh » (Eh Moh ! prépares-toi si tu veux rentrer) chantée dans son café décroché en gérance dans le 15 ème arrondissement, vers 1946. Et dire que Dda Slimane ne chantait que pour « faire plaisir » à ses clients qui le « sollicitaient ». Ceci pour souligner l’aide et les encouragements dont bénéficiait le chanteur en herbe de la part de Mohamed El Kamel, professionnel du théâtre et des sketchs, issu de l’ensemble Bachtarzi.
En semant de la joie dans son café et dans celui de Mohamed El Kamel, Dda Slimane ne tardera pas à faire parler de lui au point où la maison de disque Pathé Marconi lui fera signe. Et c’est ainsi que la carrière de Slimane Azem prendra forme et se prolongera sur quatre bonnes décennies au grand bonheur de la communauté issue de l’émigration qui, à son tour, ramenait ses disques au pays natal pour faire profiter toute la famille. Une carrière jalonnée de grands succès comme l’atteste l’aura dont jouissait et jouit encore l’artiste, 23 ans après son décès dans sa ferme de Moissac, au sein de la diaspora Kabyle établie un peu partout dans le monde et de la Kabylie naturellement qui en fait sa fierté.
« Je peux dire que 99 % des Kabyles aiment et respectent Slimane Azem » soulignera, à juste titre, son disciple Kamel Hamadi. Ses fans ne se lasseront jamais de réécouter ses sketchs comiques joués en duo avec le non moins célèbre et comparse Cheikh Nourredine (La résidence, l’Algérie mon beau pays ! etc.) ou encore certains de ses tubes où il stigmatise, par le truchement du jeu de la dérision, le renversement des valeurs notamment le vice qui s’est emparé de la société : l’égoïsme et le matérialisme rompant sur le dos de la fratrie et de la solidarité d’antan.
Citons, entre autres, « Ellah Ghaleb, Kulchi Yeklev » (Oh Dieu ! tout est inversé), ou encore « Lalla Margaza D Win Therna Tmettût » (Dame Omelettes dominé(e) par sa femme) voire « Yekfa Lamène » (plus de confiance). C’est dire à quel point l’artiste s’attachait aux valeurs traditionnelles des ancêtres et auxquelles il vouait un culte certain. Et c’est certainement à ce niveau là que Dda Slimane a su conquérir énormément de cœurs, des pères et des mères de famille soucieux du devenir de leur progéniture à l’orée des temps modernes.
Bien sur, il n’était pas question pour Dda Slimane de rester figé sur le passé immémorial. Preuve en est, le poète de l’exil ainsi qualifié – et nous verrons plus loin pourquoi – signera des chefs-d’œuvres de portée universelle : « Amek Ara Nili Susta ?! » (Comment pourrions-nous nous trouver bien ?!) et « Therwi Theberwi » (tout est sens dessus-dessous) participe de cette vision novatrice sur un monde en perpétuel changement. Et la subtilité déconcertante avec laquelle il « faisait parler » les animaux à travers notamment « A baba Ghayou » (le perroquet) et « Tleta Yekjan » (trois chiens) finit par lui conférer le statut de chanteur engagé politiquement sur les questions de l’heure. Exit le disque d’or fort méritoire, du reste, obtenu en 1970 en compagnie de Nora devenant, du même coup, sociétaire de la Société des Auteurs, Compositeurs, et Editeurs de Musique (SACEM) qui compte en son sein des célébrités françaises et d’autres
L’exil inscrit au front
Mais si Dda Slimane que d’aucuns lui trouvent des similitudes avec le célèbre poète du 19 ème, Si Mohand U Mhand – sans doute en raison de leurs témoignages respectifs qui décrivent et renseignent sur le contexte socio-historique de l’époque de chacun – a su comment faire passer ses messages à l’endroit des populations en s’abstenant de verser dans la forme poétique dite lyrique. Il serait injurieux de taire, en revanche, ses propres tourments emportés avec lui dans sa tombe. Car ce qui n’était qu’émigration éphémère histoire de gagner son pain, s’est transformé au fil du temps en un exil inscrit au front. Il ne s’agit pas, ici, de faire le procès d’untel ou d’untel – il s’en abstenait lui-même – mais simplement rappeler à quel point, Dda Slimane condamné par la bêtise humaine pour une obscure affaire calomnieuse, fera de lui un homme blessé dans sa chair et sa dignité. Et que la plaie ne s’est jamais refermée. Aussi quand il chante avec beaucoup d’émotions sans aucun doute « Dhagriv Dhavarani » (exilé et étranger) « Ay Afroux Ifilelles » (Ô Hirondelle, oiseau messager) ou encore « A Thamur-Thiw Aazizen » (Ô mon pays bien aimé), on comprendra mieux le désarroi de cet écorché vif pour l’éternité.
Avant d’être interdit, donc, en Algérie pour cette « petite histoire » sur laquelle nul besoin d’y revenir si ce n’est pour dire qu’il est souhaitable de rapatrier ses cendres à Agouni Gueghrane, prés de Tizi-Ouzou – ce serait un geste honorable tout autant réhabilitant – Slimane Azem a fait une tournée mémorable dans tout le pays en compagnie de Abdelhamid Ababssa et a enregistré quatre chansons à la radio nationale d’Oran dans les années 1950. Un parcours presque mythique, j’allais dire, pour cet illustre personnage qui n’a jamais renié ses origines paysannes du village Agouni Gueghrane qui l’a vu naître un certain 19 Septembre de l’an 1918 et que par-dessus tout, il aimait son pays, l’Algérie…
Extrait de la chanson sur l’Algérie :
L’Algérie mon beau pays
Je t’aimerai jusqu’à la mort
Loin de toi, moi je vieillis
Rien n’empêche que je t’adore
Avec tes sites ensoleillés tes montagnes et tes décors
Jamais je ne t’oublierais
Quelque soit mon triste sort.
source : algérie-focus
27 juin 2009
PANAF 2009, tribune de propagande ou fuite en avant ?
En dehors des guerres dévastatrices, des coups d’états sanglants et des maladies ravageuses qui marquent l’Afrique, le continent noir est aussi un géniteur de grandes civilisations allant de celle de l’Arc, à celle des masques en passant par celle des lances. Les différentes civilisations africaines ont donné naissance à des cultures riches et diverses qu’on peut entrevoir à travers les différentes sculptures, toiles, danses rituelles, chants et poésies.
A l’occasion du festival panafricain qui se tiendra le mois de juillet prochain à Alger, les Algériens et le reste du monde, par médias interposés, découvriront les multiples facettes et les vastes richesses du continent. Les moyens mis en place par le gouvernement (plus de 80 millions d’euros) et la qualité des participants laissent espérer vivre un événement continental riche en couleurs.
Toutefois, l’interview accordée par la ministre de la culture, mercredi passé, au journal Liberté laisse suggérer que le pouvoir politique en place compte faire de cet événement culturel majeur une tribune de propagande pour se refaire une santé après le coup de putsch constitutionnel du 12 Novembre dernier et le hold-up électoral du 7 avril qui a donné à Bouteflika le score brejnévien qu’on connait. La référence continue au président dans une sortie médiatique, sensée relever les atouts d’une telle manifestation, accentue l’appréhension d’une récupération à outrance de ce rendez – vous continental. Comme quoi, chez les bouteflikistes en manque de légitimité et de réalisations positives, tout est récupérable pour la bonne cause.
Si l’organisation d’un tel événement et sa réussite éventuelle mérite applaudissements et encouragements de la part de tous les citoyens à l’affut du moindre espace d’expression multiple et avides de connaitre la culture de leur continent, la manifestation ne doit servir de fard pour détourner les regards des échecs répétés de la politique culturelle dans notre pays.
Lorsque la ministre de la culture, Khalida Toumi, investit la manifestation continentale, quand bien même culturelle, de la mission de soustraire les algériens du dogme de la barbarie, elle se trompe de diagnostic et de moyens susceptibles de placer les Algériens dans l’universel. Inviter toute l’Afrique à Alger n’arrêtera pas l’érosion si le gouvernement continue sa politique dévastatrice d’arabisation de l’école, son penchant à fermer davantage les espaces de liberté et sa tendance à monopoliser l’action culturelle.
Sans une politique courageuse de réforme révolutionnaire du système éducatif qui va de pair avec une politique d’ouverture médiatique et éditoriale, l’Algérie ne produira, en bout de course, que des hommes qui n’ont d’yeux que pour les livres islamistes subversifs et des femmes qui ne courent que derrière des recettes de cuisine ( les différents salons du livre l’ont mainte fois démontré) . Les bonnes feuilles et les toiles peuvent moisir dans les dépôts des libraires et les galeries d’art.
Eviter aux algériens le glissement dangereux vers la barbarie passe par la fréquentation quotidienne d’une école moderne et un accès inconditionnel à des tribunes libres, affranchies du devoir d’allégeance aux maitres du moment.
La construction de l’esprit universel n’est pas une affaire d’un show médiatique mais le résultat d’un travail de fond, serein et sérieux.
Il ne sert à rien d’inviter des bambins à contempler des œuvres d’art si, dès le mois de septembre, on les force à laisser les yeux scotchés sur un tableau où les maîtres ne gribouillent que des cours à mille lieues de la modernité.
Ceci dit, j’invite les algériens à profiter quand même de ce PANAF 2009 pour se ressourcer et faire connaissance avec tout le géni africain. Car au rythme où va la décadence dans notre pays, même les oiseaux perdront, un jour, le droit de chanter.
30 mai 2009
Le président du parlement en France
La visite de travail de trois jours de Abdelaziz Ziari a été voulue à caractère strictement parlementaire. Le président de l’Assemblée populaire nationale a, en effet, rencontré de mercredi à vendredi outre son homologue français Bernard Accoyer, les responsables des groupes parlementaires, le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, Axel Poniatowski, le président du Sénat du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, Gérard Larcher, président du Sénat. Mais aucun membre de l’Exécutif.
Le président de l’APN a affirmé à la presse nationale que les institutions législative et exécutive sont distinctes, qu’il y a une séparation des pouvoirs. Pourtant, cette règle n’a pas toujours été observée, d’un côté comme de l’autre, y compris dans un passé tout récent. Cela n’a pas empêché le président de l’APN d’aborder avec ses différents interlocuteurs des problèmes politiques et diplomatiques bilatéraux et internationaux. L’acte bilatéral le plus saillant de cette visite a été l’adoption et la signature par les présidents des deux assemblées parlementaires, jeudi matin, au cours d’une réunion regroupant des députés des deux assemblées du règlement intérieur de la Grande commission interparlementaire France-Algérie, qui a été créée par le protocole-cadre signé à Alger le 21 janvier 2007. La Grande commission, co-présidée par les deux présidents, se réunira en principe tous les ans, alternativement dans les deux pays. Ses thèmes de travail seront fixés d’un commun accord.
Sur l’invitation du président Ziari, la première réunion de cette Grande commission devrait se tenir à Alger à la fin de cette année. Cette visite avait aussi – surtout – pour but de relancer un dialogue brouillé par des « ambiguïtés », voire de corriger des « erreurs » comme celle de l’article 4 de la loi du 23 février 2005, qui a jeté un froid entre Alger et Paris et a été à l’origine du capotage du traité d’amitié. Et un des cadres appropriés de ce dialogue assaini serait cette grande commission parlementaire. « Les relations interparlementaires sont déjà très riches, très denses et nous allons les approfondir », a déclaré, à l’issue de cette cérémonie, Bernard Accoyer aux journalistes présents à cette cérémonie. Et d’ajouter : « La diplomatie parlementaire, c’est-à-dire le travail entre des assemblées à des degrés très élevés, c’est ce que nous sommes en train de mettre en place entre l’Algérie et la France. Cette grande commission est créée pour parler de tout, pour résoudre les problèmes et préparer l’avenir pour la jeunesse, qui est notre avenir commun. » Pour Abdelaziz Ziari, cette grande commission est une création « nouvelle et importante » puisque l’Assemblée nationale française n’en a de similaire qu’avec la Russie, la Chine et le Canada.
« Nous sommes le quatrième pays à mettre en place cette commission. Cela va être le cadre dans lequel nous allons aborder un certain nombre de thèmes que nous choisirons en commun, qu’ils aient un caractère multilatéral ou strictement bilatéral. Des thèmes qui feront aussi l’objet de propositions à nos exécutifs respectifs, qui feront avancer les idées, qui lèveront les ambiguïtés sur des questions qui nous permettront de mieux nous entendre. » En réponse à une question de notre consœur du Soir d’Algérie sur l’article 4 de la loi du 23 février 2005 (sur les bienfaits de la colonisation), Bernard Accoyer a affirmé qu’après le gel de cet article, un travail en commun avec tous les groupes parlementaires a débouché sur l’adoption d’un rapport sur les questions mémorielles « qui fait que désormais, nous n’aurons plus jamais à la faveur d’une initiative malencontreuse, regrettable à voir des problèmes de cette nature apparaître ». « Il y a aussi bien d’autres problèmes très concrets qui touchent non seulement au travail parlementaire, mais aussi à la préparation de dossiers aussi importants que les questions qui touchent à l’énergie comme l’a suggéré, et nous l’avons retenu, le président Ziari, la question alimentaire qui est au cœur de tous les problèmes de développement et le défi de l’Union pour la Méditerranée. » « Cette nouvelle étape dans les relations avec la France va-t-elle pousser Paris à faire le geste de repentance demandée par l’Algérie ? », demande une journaliste de la presse internationale.
« C’est une question qui appartient d’abord aux parlementaires français et au peuple de France. Cette question de repentance n’a pas fait l’objet de nos discussions ni d’aucune forme d’un quelconque préalable, nous laissons le temps faire son œuvre, je crois que le chef de l’Etat lui-même l’a dit récemment, dans ce domaine-là il aurait des propositions originales, il y a aussi beaucoup de choses importantes que nous devons faire, l’Algérie a une jeunesse très active et parfois revendicative et nous devons construire l’avenir de ces jeunes. C’est cela le plus important pour nous. Je crois que s’il y avait des liens plus constants, plus réguliers, dans le passé entre parlementaires, peut-être même que cet événement que vous avez cité (article 4 de la loi du 23 février 2005) n’aurait pas eu lieu. » A la question d’El Watan sur l’adoption par le Conseil des ministres français du projet de loi relatif à « la réparation des conséquences sanitaires des essais nucléaires français au Sahara et en Polynésie », Abdelaziz Ziari estime que « c’est une loi qui rend optimiste, cela veut dire que les choses évoluent et que le temps aidant, beaucoup d’erreurs du passé peuvent être rectifiées dans l’avenir ». Pour Bernard Accoyer : « Il faut toujours lire les événements avec le temps dans lequel on vit. Sur ce point vous avez l’illustration concrète de tout l’intérêt qu’il y a d’avoir des liens au niveau parlementaire, puisque-là, nous sommes devant une perspective législative et vous pouvez compter sur les parlementaires français pour se montrer réalistes, constructifs et justes. »
Source : El Watan
25 avril 2009
Le MDSL renouvelle son appel à la rencontre de tous les démocrates
Ayant reçu hier un email, sous forme de commentaire, de la direction du Mouvement Démocratique Social et Laïc nous faisant part d'un communiqué rendu public en date du 18 Avril passé, et après lecture, nous avons jugé utile de le reproduire même tardivement car il est d'actualité et il me sent conforme à la ligne éditoriale des Cahiers Algériens . Nous espérons que, dorénavant, la direction du MDSL nous communique en temps réel leur comptes rendus d'activités pour que nous puissions les diffuser à temps. Les voix démocratiques ont besoins en ces temps de restriction des libertés de tous les voies de communications.
La dernière « élection » présidentielle du 9 avril a démontré encore une fois que le pouvoir ne s’embarrasse d’aucun scrupule pour faire passer en force une candidature au mépris du peuple et des lois qui régissent le pays comme le dernier tripatouillage de la constitution.
Comme aux dernières « élections » législatives et communales de 2007, les citoyens se sont abstenus en masse et le maquillage scandaleux des chiffres s’appuyant sur la vieille ficelle « plus c’est gros, plus ça passe » ne peut cacher ni la réalité des résultats ni la désaffection profonde de la société par rapport au pouvoir algérien.
Au nom de quoi le pouvoir s’arroge t-il le droit de violer la constitution, d’imposer toujours son candidat et d’engloutir des sommes faramineuses dans toutes sortes de dépenses à son profit exclusif ?
A côté de la manipulation des chiffres du ministre de l’intérieur, sont apparues de nouvelles méthodes de fraudes massives comme l’utilisation du transport par bus de personnes étrangères aux communes, grassement payées, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger, dans plusieurs bureaux de vote et le financement de la campagne électorale du candidat du pouvoir par le trabendo, certaines entreprises privées et étrangères. Toutes ces manigances sont faites dans le seul but de fabriquer des images avec les moyens de l’unique ENTV aux frais du contribuable.
Pendant ce temps, le terrorisme proclamé « résiduel » depuis 1996 continue à assassiner soldats et officiers, agents de l’ordre, patriotes et de simples citoyens. Même les massacres collectifs des années 90 comme celui de Tebessa, ont refait leur apparition. Les Madani Mezrag et Droudkel se permettent de souiller la mémoire de Abdelhak Benhamouda, président du CNSA sans que l’UGTA de Sidi Saïd ne réagisse.
Pourtant, le pays est quadrillé par les forces de sécurité d’est en ouest, du nord au sud, et plus particulièrement la capitale et si ce terrorisme « résiduel » continue à frapper et perdure c’est qu’il tire ses capacités meurtrières de la politique de « réconciliation nationale » et des promesses d’amnistie générale aux assassins de milliers d’Algériennes et d’Algériens.
Au niveau social et économique, la situation du pays continue à se dégrader malgré les réserves de change gigantesques (150 milliards de dollars) : aucune vision stratégique du pays, aucun plan d’investissement, explosion de l’informel dans tous les domaines, cherté de la vie avec un pouvoir d’achat faible pour les couches les plus défavorisées et les classes moyennes, logement inaccessible, transport insuffisant, chômage de plus en plus préoccupant, loisirs inexistants, aggravation du phénomène des harragas, émeutes répétitives, encouragement à la résurgence du tribalisme et sectes religieuses (zaouiates) recrudescence de la violence dans les stades, etc...).
Les libertés d’expression, de réunion, de rassemblement, d’édition, de grève, pourtant garanties par la loi de ce même système, sont violées quotidiennement. Cette situation peut conduire à l’implosion de l’Algérie.
A plusieurs reprises le MDSL, le MDS historique, ETTAHADI et le PAGS ont appelé les forces démocratiques à transcender leurs divergences, et à tout faire pour que le rassemblement puisse se réaliser dans toute sa diversité.
Toute la mouvance démocratique a appelé au lendemain de la mascarade électorale du 9 avril à ce rassemblement. L’intérêt général commande de se retrouver autour d’une table ou autour d’une action de masse comme celle du 1er mai prochain pour soutenir l’appel des syndicats autonomes.
Il n’est jamais trop tard de consacrer ses efforts pour atteindre cet objectif. C’est pour cette raison que le MDSL renouvelle sa proposition de rencontre avec toutes les forces démocratiques où qu’elles se situent, organisées ou pas pour réfléchir ensemble à une alternative autre que celle du système et de son allié l’islamisme politique.
A l’occasion de l’anniversaire du printemps berbère, le MDSL rend hommage à la mémoire des victimes des évènements de 2001 et rappelle que Tamazight, langue officielle contribuera à l’émergence d’une Algérie respectueuse de sa diversité et de ses richesses culturelles.

















