28 octobre 2009
Réveillez - vous, la Cour !
Le salon du livre a ouvert ses portes, ou plutôt ses glissières ( l'évenemnt se tient sous un chapiteau). Comme chaque année et conformement à la tradition nationale, la censure répand ses odeurs dans les allées. Pour cette édition, l'honneur d'empreinter le couloir de la mise sous sceau de l'imprématur revient à Mehdi El djazaïri, auteur du roman Boutakhine, source d'insomnie des valets de la cour.
Les libraires qui ont osé mettre sur les étals l'ecrit "incriminé", et qui ont osé dévier de l'esprit de cour qui s'est installé dans toutes les sphères de décision et de pensée, ont été convoqués la veille au commissariat pour subir les réprimandes d'usage. Biensur, l'acte liberticide a fait le tour de toutes les langues. Des salles des rédactions, aux QG des partis politiques, des tables des joueurs de dominos dans les quartiers populaires, aux trotoirs du front de mer où s'impatientent les jeunes guettant la moindre embarcation à destination de la mort en haute mer, la nouvelle a fait irruption. Sauf chez Madame la ministre de la culture.
Lors de la conférence de presse donnée en marge de l'inauguration du SILA par le président de la république, Madame Toumi a juré par tous les saints d'Alger qu'elle ignorait cette mésaventure vécue par les libraires. Rien que ça. On comprendra parfaitement les raisons la ministre mal informée, si elle avoue publiquement que la vie des libraires n'est pas de son ressors et que, dans sa logique, le commerce du livre est logé à la même enseigne que ce lui des fruits et légumes. Mais sincerement personne n'est dupe.
Convoquer dans les locaux de police des libraires pour seul motif d'avoir mis un livre sur les étals et mettre sur le pied de guerre une institution de l'Etat - la police en l'occurence - parce qu'un Algérien a crû bon commettre un ecrit littéraire résonnent comme une alerte grave de mise sous terre définitive de tout esprit critique dans notre pays.
Il ne suffit pas de dire " je ne savais pas". La ministre de la culture, et c'est son rôle aussi, doit instituer une commission d'enquête et de saisir la justice pour déterminer les sources qui ont instruit cette inquisition policière à l'encontre des libraires. L'Etat parallele ne doit pas agir en toute impunité. Il y va de ce qui reste comme crédibilité de l'Etat Algérien. Sauf si les couloirs paralleles ont été l'oeuvre architecturale de Sa Majesté, et que Madame la ministre n'y peut rien.
De leur coté, les opposants à l'instauration de la dictature doivent réagir avec force et, par l'occasion, redonner vie à leurs langues mises au frigo depuis belle lurette.
Il ne faut pas sous-estimer ces petites batailles pour la liberté pour pouvoir demain réussir la grande guerre pour l'instauration de la vraie république. Tergiversez, et la Cour sera définitivement dans nos cours.
Moussa Tertag
27 juin 2009
PANAF 2009, tribune de propagande ou fuite en avant ?
En dehors des guerres dévastatrices, des coups d’états sanglants et des maladies ravageuses qui marquent l’Afrique, le continent noir est aussi un géniteur de grandes civilisations allant de celle de l’Arc, à celle des masques en passant par celle des lances. Les différentes civilisations africaines ont donné naissance à des cultures riches et diverses qu’on peut entrevoir à travers les différentes sculptures, toiles, danses rituelles, chants et poésies.
A l’occasion du festival panafricain qui se tiendra le mois de juillet prochain à Alger, les Algériens et le reste du monde, par médias interposés, découvriront les multiples facettes et les vastes richesses du continent. Les moyens mis en place par le gouvernement (plus de 80 millions d’euros) et la qualité des participants laissent espérer vivre un événement continental riche en couleurs.
Toutefois, l’interview accordée par la ministre de la culture, mercredi passé, au journal Liberté laisse suggérer que le pouvoir politique en place compte faire de cet événement culturel majeur une tribune de propagande pour se refaire une santé après le coup de putsch constitutionnel du 12 Novembre dernier et le hold-up électoral du 7 avril qui a donné à Bouteflika le score brejnévien qu’on connait. La référence continue au président dans une sortie médiatique, sensée relever les atouts d’une telle manifestation, accentue l’appréhension d’une récupération à outrance de ce rendez – vous continental. Comme quoi, chez les bouteflikistes en manque de légitimité et de réalisations positives, tout est récupérable pour la bonne cause.
Si l’organisation d’un tel événement et sa réussite éventuelle mérite applaudissements et encouragements de la part de tous les citoyens à l’affut du moindre espace d’expression multiple et avides de connaitre la culture de leur continent, la manifestation ne doit servir de fard pour détourner les regards des échecs répétés de la politique culturelle dans notre pays.
Lorsque la ministre de la culture, Khalida Toumi, investit la manifestation continentale, quand bien même culturelle, de la mission de soustraire les algériens du dogme de la barbarie, elle se trompe de diagnostic et de moyens susceptibles de placer les Algériens dans l’universel. Inviter toute l’Afrique à Alger n’arrêtera pas l’érosion si le gouvernement continue sa politique dévastatrice d’arabisation de l’école, son penchant à fermer davantage les espaces de liberté et sa tendance à monopoliser l’action culturelle.
Sans une politique courageuse de réforme révolutionnaire du système éducatif qui va de pair avec une politique d’ouverture médiatique et éditoriale, l’Algérie ne produira, en bout de course, que des hommes qui n’ont d’yeux que pour les livres islamistes subversifs et des femmes qui ne courent que derrière des recettes de cuisine ( les différents salons du livre l’ont mainte fois démontré) . Les bonnes feuilles et les toiles peuvent moisir dans les dépôts des libraires et les galeries d’art.
Eviter aux algériens le glissement dangereux vers la barbarie passe par la fréquentation quotidienne d’une école moderne et un accès inconditionnel à des tribunes libres, affranchies du devoir d’allégeance aux maitres du moment.
La construction de l’esprit universel n’est pas une affaire d’un show médiatique mais le résultat d’un travail de fond, serein et sérieux.
Il ne sert à rien d’inviter des bambins à contempler des œuvres d’art si, dès le mois de septembre, on les force à laisser les yeux scotchés sur un tableau où les maîtres ne gribouillent que des cours à mille lieues de la modernité.
Ceci dit, j’invite les algériens à profiter quand même de ce PANAF 2009 pour se ressourcer et faire connaissance avec tout le géni africain. Car au rythme où va la décadence dans notre pays, même les oiseaux perdront, un jour, le droit de chanter.
30 mai 2009
La Fédération des journalistes algériens est née
La Fédération nationale des journalistes algériens (FNJA) affiliée à la Centrale syndicale est née, suite à son congrès constitutif qui s’est tenu jeudi dernier à la maison du Peuple (siège de l’UGTA), en présence de quelque 200 délégués et des directeurs de presse publics et privés. Les travaux, qui ont duré jusqu’à 22 heures, se sont soldés par la mise en place des structures organiques, notamment son secrétaire général, Abdenour Boukhamkham, d’un bureau de 11 membres, dont trois femmes, ainsi que d’un secrétariat national composé de 71 membres, représentant différents organes de presse.
A peine installé, le bureau de la fédération s’est fixé pour objectif de réaliser un plan d’action de cinq points, dont l’élaboration d’une convention collective, la révision du code de l’information et la mise en place d’une mutuelle des journalistes. A l’ouverture des travaux, le secrétaire général de l’UGTA, Sidi Saïd, tout en se félicitant de la création de cette fédération, a souligné son engagement à «aider et à accompagner
les journalistes en écoutant leur préoccupations et en défendant au mieux leurs droits socioprofessionnels en vue d’y trouver des solutions à travers le dialogue, la concertation et des actions communes». M. Sidi Saïd a rappelé en outre «le rôle prépondérant joué par l’UGTA en matière de prise en charge des problèmes socioprofessionnels des travailleurs algériens, dont les journalistes». Auparavant, M. Sidi Saïd a rendu hommage à «ces femmes et ces hommes qui ont sacrifié leur vie pour libérer le pays, d’autres plus récemment pour que l’Algérie soit debout», ajoutant que «le souvenir de Tahar Djaout est inséparable de celui de Abdelhak Benhamouda et des dizaines d’autres victimes». En qualifiant les journalistes d’élite, il a insisté sur le respect de l’éthique professionnelle, en vue de faire de «notre presse un exemple pour participer à l’épanouissement de la vie démocratique». Pour sa part, M. Mihoubi a souligné l’importance de cette nouvelle organisation des journalistes, avant d’appeler ces derniers à «respecter ce qui a été énoncé dans le programme du président de la République», notamment dans les messages adressés aux journalistes, lors de la prestation de serment et à
l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, qui doivent servir de «plate-forme». Il a, par ailleurs, appelé les participants à veiller à certains paramètres, dont l’action dans le cadre d’une «vision commune», le respect de la notion de service public et la consécration du «professionnalisme». M. Mihoubi a rappelé à ce propos l’intérêt accordé par le plan d’action du gouvernement à garantir la liberté de la presse,
soulignant que la révision des textes régissant ce secteur «se fera avec les gens du métier». A signaler, l’absence à ce congrès de nombreux représentants d’organes de presse francophone. Des problèmes d’organisation, notamment d’accréditation, ont empêché d’autres d’y prendre part, au motif qu’ils auraient envoyé tardivement leurs listes de délégués. De même que des échos ont fait état de la déception d’une délégation d’un organe public qui aurait contesté le quota lui revenant au sein des structures de la fédération. Un secrétaire national, note-t-on, a indiqué que les rangs de la fédération resteront ouverts aux journalistes et à leurs délégués absents et qui, plus tard, exprimeraient le vœu de la rejoindre.
Source : la tribune
Tout en félicitant nos amis de la presse de la naissance de cet autre instrument de combat pour le recouvrement des droits des journalistes, nous espérons que cette nouvelle structure n'est pas initiée pour , uniquement contrecarrer le SNJ. Une telle projection ne ferait que nuire aux interêts des journalistes. Alors amis de la presse , restez sur vos gardes.
18 mai 2009
Benbitour : "L'Algérie face à elle même, avant 2020"
Invité du Club scientifique de l'Université de Boumerdes, L'ancien premier ministre Ahmed Benbitour a préconisé le développement des ressources humaines, le développement technologique et l’innovation pour remplacer les ressources naturelles et ce, avant que des problèmes majeurs n'etranglent l'Algérie à l'horizon de 2020. Ahmed Benbitour s'est élevé contre l'absence de stratégie adéquate et homogène au sein du gouvernement actuel pour faire décoller l'économie. " S'agissant de stratégie de développement, on entend deux sons de cloches au sein du même gouvernement", a - t - il tonné dans une salle archi - comble.
L'ancien premier ministre a préconisé plus de liberté et de démocratie et la mise en place d'espaces de reflexion pour explorer et mettre sur rail une stratégie cohérente de sortie de crise avant avant que les fantômes de l'après petrole qui hantent tous les algériens ne débarquent. crier sur tous les toits de l'Etat que les ressources naturelles continueront d'arroser le pays jusqu'à l'horizon 2040 est un leurre et l'echec consommé de la politique économique poursuivi au moment où le pic de production de l'énergie fossile recommande une action publique d'urgence, selon l'invité à cette rencontre dédiée à l'algérie d'après petrole.
25 avril 2009
Le MDSL renouvelle son appel à la rencontre de tous les démocrates
Ayant reçu hier un email, sous forme de commentaire, de la direction du Mouvement Démocratique Social et Laïc nous faisant part d'un communiqué rendu public en date du 18 Avril passé, et après lecture, nous avons jugé utile de le reproduire même tardivement car il est d'actualité et il me sent conforme à la ligne éditoriale des Cahiers Algériens . Nous espérons que, dorénavant, la direction du MDSL nous communique en temps réel leur comptes rendus d'activités pour que nous puissions les diffuser à temps. Les voix démocratiques ont besoins en ces temps de restriction des libertés de tous les voies de communications.
La dernière « élection » présidentielle du 9 avril a démontré encore une fois que le pouvoir ne s’embarrasse d’aucun scrupule pour faire passer en force une candidature au mépris du peuple et des lois qui régissent le pays comme le dernier tripatouillage de la constitution.
Comme aux dernières « élections » législatives et communales de 2007, les citoyens se sont abstenus en masse et le maquillage scandaleux des chiffres s’appuyant sur la vieille ficelle « plus c’est gros, plus ça passe » ne peut cacher ni la réalité des résultats ni la désaffection profonde de la société par rapport au pouvoir algérien.
Au nom de quoi le pouvoir s’arroge t-il le droit de violer la constitution, d’imposer toujours son candidat et d’engloutir des sommes faramineuses dans toutes sortes de dépenses à son profit exclusif ?
A côté de la manipulation des chiffres du ministre de l’intérieur, sont apparues de nouvelles méthodes de fraudes massives comme l’utilisation du transport par bus de personnes étrangères aux communes, grassement payées, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger, dans plusieurs bureaux de vote et le financement de la campagne électorale du candidat du pouvoir par le trabendo, certaines entreprises privées et étrangères. Toutes ces manigances sont faites dans le seul but de fabriquer des images avec les moyens de l’unique ENTV aux frais du contribuable.
Pendant ce temps, le terrorisme proclamé « résiduel » depuis 1996 continue à assassiner soldats et officiers, agents de l’ordre, patriotes et de simples citoyens. Même les massacres collectifs des années 90 comme celui de Tebessa, ont refait leur apparition. Les Madani Mezrag et Droudkel se permettent de souiller la mémoire de Abdelhak Benhamouda, président du CNSA sans que l’UGTA de Sidi Saïd ne réagisse.
Pourtant, le pays est quadrillé par les forces de sécurité d’est en ouest, du nord au sud, et plus particulièrement la capitale et si ce terrorisme « résiduel » continue à frapper et perdure c’est qu’il tire ses capacités meurtrières de la politique de « réconciliation nationale » et des promesses d’amnistie générale aux assassins de milliers d’Algériennes et d’Algériens.
Au niveau social et économique, la situation du pays continue à se dégrader malgré les réserves de change gigantesques (150 milliards de dollars) : aucune vision stratégique du pays, aucun plan d’investissement, explosion de l’informel dans tous les domaines, cherté de la vie avec un pouvoir d’achat faible pour les couches les plus défavorisées et les classes moyennes, logement inaccessible, transport insuffisant, chômage de plus en plus préoccupant, loisirs inexistants, aggravation du phénomène des harragas, émeutes répétitives, encouragement à la résurgence du tribalisme et sectes religieuses (zaouiates) recrudescence de la violence dans les stades, etc...).
Les libertés d’expression, de réunion, de rassemblement, d’édition, de grève, pourtant garanties par la loi de ce même système, sont violées quotidiennement. Cette situation peut conduire à l’implosion de l’Algérie.
A plusieurs reprises le MDSL, le MDS historique, ETTAHADI et le PAGS ont appelé les forces démocratiques à transcender leurs divergences, et à tout faire pour que le rassemblement puisse se réaliser dans toute sa diversité.
Toute la mouvance démocratique a appelé au lendemain de la mascarade électorale du 9 avril à ce rassemblement. L’intérêt général commande de se retrouver autour d’une table ou autour d’une action de masse comme celle du 1er mai prochain pour soutenir l’appel des syndicats autonomes.
Il n’est jamais trop tard de consacrer ses efforts pour atteindre cet objectif. C’est pour cette raison que le MDSL renouvelle sa proposition de rencontre avec toutes les forces démocratiques où qu’elles se situent, organisées ou pas pour réfléchir ensemble à une alternative autre que celle du système et de son allié l’islamisme politique.
A l’occasion de l’anniversaire du printemps berbère, le MDSL rend hommage à la mémoire des victimes des évènements de 2001 et rappelle que Tamazight, langue officielle contribuera à l’émergence d’une Algérie respectueuse de sa diversité et de ses richesses culturelles.
22 avril 2009
Liberté de presse, à quoi joue Bouteflika ?
A l’occasion de la cérémonie de prestation de serment, Abdelaziz Bouteflika, qui traitait les journalistes Algériens de commères de Bains Maures, a tonné à qui voudrait le croire que désormais , la presse sera mise à contribution dans la lutte contre la corruption en lui cédant plus d’espaces de liberté et de manœuvre.
En tenant un tel propos, politiquement correct, Abdelaziz Bouteflika a conféré à son speech les allures d’une confession d’un repenti marmottant ses péchés dans le parloir d’une Cathédrale.
L’adresse du président, tonné à la fin d’une décennie marquée par des emprisonnements de journalistes, de suspension de Titres, de pacifications de lignes éditoriales, de refus inexpliqués d’agréments de publication et de pénalisation de l’acte de presse, sonne plus comme un aveu public de lèse liberté et du débordement intolérable du phénomène de corruption que d’une volonté d’ouverture.
Si la corruption, qui gangrène les institutions jusqu’aux bureaux mitoyens du président, dérange et agace par son amplitude , la suggestion de faire appel à la presse pour l’aider à la combattre sent plutôt le parfum d’une menace à l’encontre de ceux qui ne veulent pas lever pied. Aller jusqu’à la concrétisation d’un tel engagement sur le terrain des libertés serait, pour son équipe et garde rapprochée, synonyme d’exposition fatale au risque d’être mis à découvert. Lui qui surfe sur du velours déroulé par les médias publics et entretenu par une certaine presse mise au pas par les quantités de pub déversés à flots par les institutions et les entreprises des copains et des coquins.
Non, Bouteflika qui a mis au terroir tous les engagements pris en public et avec plus de solennité dans le propos, comme ce fut le cas lors de la création de la commission de la réforme de la justice ou celle d’enquête sur les événements de Kabylie, ne pourra jamais signer l’arrêt de Mort d’un système qu’il a modelé, couvé et entretenu. Ceux qui ont mis du zèle à falsifier le passé ne peuvent prétendre montrer la voie du futur car la liberté de presse est une voie lactée vers un avenir meilleur qui ne peut s'accomoder d'un tel mélange de genres.



















