04 décembre 2009
Le ministre du travail : Le SMIG Algérien au dessus de celui des voisins
L'augmentation de 3000 dinars du Salaire national minimum garanti (SNMG) a permis, selon Tayeb Louh, ministre du Travail, à l’Algérie de dépasser la moyenne maghrébine. « 15000 dinars cela équivaut 250 dollars. C’'est donc plus que les 170 dollars pour le SMIG tunisien, les 190 dollars du SMIG marocain ou les 70 dollars du SMIG égyptien », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse animée, vendredi, au lendemain de la tenue de la Tripartite (gouvernement, UGTA et patronat). Cette dernière a décidé de la revalorisation du SNMG, passé de 12.000 à 15.000 dinars.
Cette augmentation touchera, selon M. Louh, l’ensemble des salariés et des retraités. Plus de 3,2 millions travailleurs sont concernés, selon le gouvernement. « Plus de 700 000 personnes vont bénéficier d'augmentation de leurs pensions de retraites. Le niveau minimum des pensions de retraite sera porté de 10.000 dinars par mois à 11.250 dinars par mois dès janvier 2010 », a-t-il précisé.
Le ministre a indiqué que les conventions collectives seront revues en 2010 pour permettre d'aligner les salaires des secteurs autres que la Fonction publique sur le nouveau SNMG. Il a également rappelé que les fonctionnaires ont déjà bénéficié d’une augmentation de salaires en 2008 dans le cadre du nouveau code de la Fonction publique. « Le système des rémunération, qui est en élaboration, permettra une autre réévaluation des salaire à effet rétroactif à partir de 2008 », a expliqué M. Louh.
Par ailleurs, l’article 87 Bis, qui compresse le SNMG en incluant les primes au salaire de base, sera amendé lors du nouveau code de travail. Un amendement est exigé par les syndicats depuis plusieurs années. « Le but est d'aligner la politique salariale algérienne avec ce qui fait actuellement au niveau mondial », a indiqué le ministre du Travail.
02 décembre 2009
La vente de Djezzy est en vue
Le dossier de la vente de Djezzy devrait connaître de nouveaux rebondissements dans les prochains jours. Selon nos informations, les premiers contacts sérieux ont été établis par plusieurs acteurs du dossier, dont le PDG du groupe Orascom Telecom, Naguib Sawiris. Ce dernier a exprimé clairement sa volonté de céder la totalité de sa filiale algérienne.
Et le scénario qui se dessine devrait être le
suivant : une alliance entre le français Vivendi, le groupe privé Cevital et la
Sonatrach. Le groupe français aura 49% de la future structure ; Sonatrach et
Cevital se partageront les 51% restants. Cette configuration va permettre le
respect de la nouvelle loi algérienne en matière d’investissements étrangers qui
oblige le partenaire étranger à céder au moins 51% du capital à des Algériens.
Le management devrait être assuré par Vivendi, un opérateur qui possède une
longue expérience dans la téléphonie mobile.
La présence de Sonatrach dans le projet constitue
une bénédiction de l’Etat algérien pour ce rachat. Mais pas seulement. Elle a
une portée économique et stratégique pour l’Algérie. Elle va en effet permettre
à la société nationale des hydrocarbures de valoriser son réseau de 22 000
kilomètres de fibre-optique. Face à la difficulté de relancer Algérie Télécom et
moderniser le fixe et l’Internet, le futur Djezzy pourrait permettre à l’Algérie
de se doter enfin d’un acteur qui sera présent sur l’ensemble des métiers : le
mobile, l’Internet et le fixe. Algérie Télécom resterait alors une coquille vide
dont le seul rôle sera d’assurer la gestion du réseau existant et le paiement
des salaires de ses 40.000 fonctionnaires.
« Beaucoup d’éléments vont contribuer à accélérer
la vente : les tensions diplomatiques algéro-égyptiennes, les contrôles fiscaux
subis par Djezzy en Algérie et les échéances de la maison mère, Orascom Telecom
», explique un spécialiste du secteur, interrogé par TSA. Pour racheter Wind
(Italie) et Hellas (Grèce), Naguib Sawiris a dû en effet s’endetter à hauteur de
7 milliards d’euros, dont 5 milliards auprès de la banque américaine Citigroup.
Or, jusque là, le service de la dette était payé en grande partie par le cash
généré par Djezzy. Mais le redressement fiscal va priver Orascom Telecom de
cette manne et l’obliger à rembourser sa dette ou à la restructurer. Seule une
cession de la totalité de Djezzy devrait lui permettre d’atteindre cet objectif
d’autant que les échéances de remboursement approchent.
Le seul obstacle reste celui du prix auquel Djezzy
sera vendu. Selon une source proche du dossier, Naguib Sawiris espère tirer 10
milliards de dollars de cette vente. C’est d’ailleurs sur cette base de
valorisation que Naguib Sawiris avait proposé cet été de céder 51% de Djezzy à
un investisseur algérien. Ce dernier a décliné l’offre, estimant que le montant
demandé était exagéré.
Mais en face, les candidats potentiels ne sont pas
nombreux – un groupe étranger devra avoir l’aval d’Alger pour se lancer dans une
telle acquisition et pour l’instant seul Vivendi semble en mesure de l’obtenir.
Et ceux qui s’intéressent au dossier trouvent le prix exagéré.
« Aujourd’hui, Djezzy vaut entre 3 et 4 milliards d’euros. Pas plus », affirme un banquier d’affaires. « L’opérateur est certes rentable, avec 580 millions de dollars de bénéfices en 2008, poursuit-il. Mais il fait face à une vague de désabonnements qui pourrait se transformer rapidement en boycottage. Et puis, on est sur le marché algérien, avec toutes les incertitudes que l’on connaît : difficultés à transférer les dividendes, instabilité juridique… ».
01 décembre 2009
des irregularités comptables ches les groupes etrangers
Orascom Telecom Algérie (OTA), Diamal, Citroën, le cimentier ACC, le comité de participation d'Arcelor-Mittal, etc... On ne compte plus les entreprises privées étrangères ou nationales qui ont subi ces derniers mois ou subissent actuellement un redressement fiscal. Dans la majorité des cas, les redressements concernent un rejet de comptabilité de ces entreprises de la part des autorités fiscales algériennes.
Ces procédures, en forte hausse par rapport aux années précédentes, illustrent la volonté de l'Etat d'être plus ferme vis-à-vis du contrôle de ses recettes fiscales et des transferts de devises vers l'étranger. Il faut dire qu'entre 2005 et 2007, ces transferts ont représenté près de 16 milliards de dollars contre (seulement) 4,5 milliards entre 2001 et 2004. La majorité de ces sommes concernent le secteur des hydrocarbures, puis viennent ceux de la téléphonie et des établissements financiers. L’Etat, qui fait face à une baisse des revenus pétroliers, a également besoin d’équilibrer son budget grâce aux prélèvements sur les entreprises privées, souvent très rentables.
Mais en dehors des causes qui dictent cette politique de sévérité, cette tendance révèle aussi l'inquiétante étendue des irrégularités comptables au sein des entreprises privées, à capitaux nationaux ou étrangers, qui activent en Algérie, même si les étrangers se montrent critiques en privé, considérant le fisc comme un « instrument de terreur absolu » au service des intérêts politiques et diplomatiques du gouvernement algérien. L'exemple le plus récent et un des plus frappant est celui d''OTA. La filiale du groupe égyptien est sous le coup d'un redressement fiscal de près de 600 millions de dollars. La Direction générale des impôts (DGI) reproche à Orascom Telecom des irrégularités comptables sur les exercices de 2005, 2006 et 2007. Autre exemple, selon nos informations, Citroën Algérie fait actuellement l'objet d'un redressement fiscal après un contrôle qui a mis au jour une comptabilité très approximative.
Alors comment expliquer que des entreprises étrangères, côtées en Bourse et appliquant les dernières règles comptables dans leurs pays d’origine, semblent gérer les comptes de leurs filiales algériennes avec aussi peu de rigueur? Sans doute ont-elles profité trop longtemps d'une législation très favorable et de services fiscaux peu regardants, avant qu'une nouvelle législation et une application plus drastique des textes ne les mettent dans le collimateur des autorités.
Certains observateurs pointent également du doigt les cabinets d'audit, qui
seraient complaisants avec ces entreprises. Mais pour le directeur d'un de ces
cabinets installé en Algérie, leur responsabilité n'est pas engagée dans la
mesure où, dit-il, « nous ne sommes pas experts comptables. Nous avons une
mission privée. Nous ne pouvons qu'informer nos clients des irrégularités de
leurs comptes et nous avons déjà fait des remarques à certains d'entre eux».
Dans ce cas, la responsabilité des experts comptables algériens est-elle
entièrement engagée ? Pour eux, la réponse se trouve dans l’interprétation des
textes comptables. « Il est vrai qu’il y a un flou total. Parfois, les services
fiscaux se trouvent dans l’obligation de rédiger des circulaires pour préciser
des points dans une loi qu’ils avaient eux-mêmes rédigés quelques mois
auparavant. C’est une bagarre permanente avec eux concernant l’interprétation
des textes comptables », explique le directeur financier d’un groupe privé qui a
subi récemment un redressement fiscal.
Et l’entrée en vigueur, prévue début 2010, du nouveau Plan comptable avec les normes IFRS, ne va pas faciliter les choses. Les services fiscaux ont déjà fait savoir qu’ils feront leur propre interprétation des textes.
26 octobre 2009
35 % des entreprises etrangères travaillant en Algérie reconnaissent avoir cédé à la corruption
«L’économie algérienne dans la mondialisation : contraintes et atouts» est le thème d’un colloque international organisé par la faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou. Les sujets développés au cours des travaux de la journée d’hier donnent un éclairage analytique sur des questions d’une actualité brûlante et qui sont en rapport avec la gouvernance de l’économique algérienne. Clotilde Champeyrache, maître de conférences à l’Université Paris VIII, s’est intéressée aux mécanismes de passation de marchés et des appels d’offres dans le BTPH et les risques criminels qui leur sont potentiellement liés. Le dynamisme et l’expansion que connaît actuellement le secteur du BTPH en Algérie «n’attire pas que des entrepreneurs vertueux», dira l’universitaire qui a analysé l’exemple algérien sous le prisme des expériences italienne et chinoise où «la volonté de l’Etat de doter le pays d’infrastructures indispensables a pu être un facteur d’affirmation d’une criminalité organisée de type maffieux, infiltrant les activités légales dans une optique de privatisation de la richesse publique». L’auteur de la communication, qui a dressé un diagnostic des risques lié à l’usage privatif de l’argent public et aux dérives maffieuses inhérentes à la passation de marchés publics avec des conséquences négatives sur l’économie, dira, en s’appuyant sur les chiffres d’une enquête menée par Daniel Coffman de la Banque mondiale, que les risques de corruption «ne sont pas supposés mais avérés. Suite à un sondage effectué lors d’un forum international, plus de 35% des représentants de compagnies étrangères travaillant avec l’Algérie déclarent avoir été obligées de payer des pots-de-vin pour obtenir des contrats publics». Selon l’universitaire, ces chiffres ne disent pas si cette corruption est un fait collectif qui engage l’ensemble des administrations concernées par les adjudications ou imposée par des fonctionnaires corrompus pour leur propre compte. Le thème central de ces deux journées, à savoir la mondialisation, a été marqué par les interventions des professeurs Dahamni qui s’est longuement penché sur ce volet, et Oussalem Ouamar de l’Université de Tizi-Ouzou. Le premier a évoqué la place de l’Algérie dans l’économie de la mondialisation, expliquant les difficultés de notre pays à se réinsérer dans l’économie mondialisée où il a perdu des parts importantes de marché suite aux choix économiques suivis après l’indépendance et le deuxième a abordé l’impact et les leçons de la mondialisation sur l’économie algérienne. S.A.M ( Le Soir)
25 octobre 2009
Chute des importations algériennes à Marseille : l’ambassadeur de France en Algérie estime qu’il faut s’adapter
L’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, en visite à Marseille, a souligné jeudi l’importance de « ne pas baisser les bras » dans les relations économiques entre les deux pays, face aux difficultés provoquées par une loi algérienne restreignant les importations. « Il faut s’adapter aux nouvelles mesures, envisager l’avenir. Il ne faut surtout pas baisser les bras en ce moment et encore moins faire la leçon aux Algériens, ce serait très mal venu de la part des Français », a déclaré l’ambassadeur lors d’un point de presse, après avoir rencontré différents élus et acteurs économiques de la région marseillaise. « Au-delà de ces difficultés immédiates, il faut regarder le verre à moitié plein et pas le verre à moitié vide, il faut montrer aux autorités algériennes que Marseille et sa région ont des intérêts supérieurs qui l’emportent sur ces difficultés », a-t-il insisté.
Alger a adopté fin juillet une loi de finances complémentaire qui durcit les modalités d’importation des marchandises et interdit notamment de faire entrer des engins de travaux publics d’occasion. Dès le mois d’août, cette nouvelle politique a eu pour conséquence directe de diminuer de 40% l’activité marchandises (vrac, conteneurs, etc.) des bassins Est du port de Marseille, dont l’Algérie est le premier client.
Les mesures décidées « ont été prises dans un cadre d’urgence par l’Algérie parce qu’il y a eu une dégradation nette de sa balance commerciale en raison de la baisse du prix des hydrocarbures », a expliqué M. Driencourt. « Dans le courant de l’été, compte tenu du fait qu’il y a une baisse d’à peu près 46% des exportations sur les cinq derniers mois et une augmentation parallèle extrêmement forte des importations, le gouvernement algérien s’est trouvé confronté (…) à un risque de déficit budgétaire qu’il a voulu éviter à tout prix », a poursuivi l’ambassadeur.
AFP
21 octobre 2009
Le patronat dénonce "un retour au dérigisme d'Etat"
Le Conseil supérieur du patronat algérien (CSPA) a dénoncé, hier, le retour au «dirigisme économique » imposé ces derniers temps à travers certaines actions des pouvoirs publics.
«Fustiger le privé algérien pour son manque d’engouement ou sa frilosité justifiée et revenir à injecter des sommes colossales dans le tonneau des Danaïdes que constituent les entreprises publiques n’augure rien de probant. L’on s’interroge désormais sur les prémices éventuelles ou calculées d’un retour à un dirigisme économique qu’on croyait à jamais révolu», indique l’organisation patronale dans un communiqué de presse rendu public hier. Le CSPA s’en prend directement à certains membres du gouvernement en évitant toutefois de les citer nommément. «Les dernières déclarations de certains membres du gouvernement à l’endroit du privé algérien plongent, une fois de plus, ce dernier dans l’incertitude et la menace d’un revirement à 180 degrés de la politique économique de notre pays (…) Nos responsables savent pertinemment que si l’investissement dans notre pays tarde à prendre son envol, les raisons ne sont nullement imputables au privé algérien ou étranger mais se situent bien au-delà de leurs compétences à l’endroit même de la sphère décisionnelle censée accompagner par des mesures incitatives et attrayantes tout potentiel investissement». Selon le Conseil supérieur du patronat algérien, «la bureaucratie administrative» et «la corruption» sont les véritables freins à toute initiative d’investissement. «Nos dirigeants ont donc pour devoir de mettre fin à ces fléaux qui gangrènent le pays et qui constituent le principal paramètre d’une lecture négative aussi bien par les Algériens eux-mêmes, que par les étrangers à l’endroit de notre politique économique en général et de l’investissement. »
20 octobre 2009
Algérie :Le taux d'inflation le plus élevé depuis 2004
Le rapport annuel élaboré par la banque d’Algérie sur la situation économique du pays a révélé que les dépenses du trésor public algérien en terme de salaires, ne représentent qu’un taux limité du PIB, comparé à la masse salariale de nos voisins, à savoir le Maroc et la Tunisie.
Le rapport annuel de la banque d’Algérie, qui sera exposé demain par le gouverneur Mohamed Leksassi aux députés du peuple, a indiqué que le taux du PIB dépensés comme salaires pour prés de 2 millions d’Algériens, plus de 1 million et 600 milles d’entre eux sont des employés appartenant à la fonction publique, soit 12.1 % seulement sur dix milles et 993 milliards et 800 millions de dinars.
Ce taux est inférieur à ceux de nos voisins marocains et Tunisiens, car le taux de la masse salariale du PIB en Tunisie est estimé à pas moins de 30%, et 20% pour le Maroc ; ce qui a étonné quelques observateurs, qui ont demandé la nécessité de distribuer équitablement la ressource sur les Algériens. Alors que d’autres ont mis en garde contre le refus de l’augmentation de la masse salariale du PIB sous prétexte que le développement enregistré durant ces dernières années n’est pas rassurant du fait qu’il est lié, principalement, à la hausse des prix du pétrole et du gaz dans le marché mondial.
Le développement enregistré dans l’activité économique nous amène à dire que le PIB global a enregistré une hausse de 18.1 % durant l’année 2008, soit 687.6 milliards de dinars de plus ; alors qu’au même moment, la masse salariale n’a pas augmenté en conséquence.
Cette augmentation doit son salue au secteur du bâtiment et des travaux publics, qui a enregistré un taux de développement de 9.8 %, suivi par le secteur des services (directions publiques) avec un taux de 8.4 %, puis le secteur industriel avec un taux de 4.4%, alors que le secteur de l’agriculture a enregistré son taux le plus faible en 2008, depuis huit années, durant laquelle la plus value a dégringolé avec un taux de 5.3 %.
Le secteur des hydrocarbures est le secteur le plus touché en terme de recettes, car sa plus value est passée de prés de 5000.1 milliards de dinars en 2008, soit 2.3 ù, et ce malgré la hausse des prix du pétrole dans le marché mondial avec 33.4%, et qui a contribué à la valorisation du bilan des recettes pétrolières durant l’année dernière, à 77.2 milliards de dinars, malgré la réduction des quantités exportées, décidée par l’OPEP.
Le rapport a indiqué que les prix de gros des fruits et légumes ont augmenté de 16.9 %, alors que les prix des produits agricoles ont augmenté avec 4.1%. Cela a conduit à une hausse du taux d’inflation à 4.4 %, un taux considéré le plus élevé depuis l’année 2004.
Le conseil du gouvernement endosse la loi de finance 2010
Le tumulte sur la LFC 2009 n’est même pas estompé, que le gouvernement a adopté la loi de finances 2010. Une loi qui mixe entre le besoin de renforcer l’aspect social et de garder un œil sur la crise.
Rares sont les pays qui arrivent à trouver 45 milliards de dollars en équipements et 10 milliards de dollars pour la politique sociale. C’est ce qu’a fait le Conseil des ministres réuni, hier, par le président Bouteflika qui, avec ce budget, entend apparemment, donner corps à ses promesses électorales pour le troisième mandat. “L’ensemble des dispositions budgétaires et législatives proposées reflètent des objectifs approuvés par le peuple en avril 2009 et intégrés depuis lors dans le plan d'action du gouvernement”, dira-t-il, en ajoutant qu’en dépit de la crise financière mondiale et de la baisse des recettes, “l’État entend maintenir ses grands efforts en matière de politique sociale, de lutte contre le chômage mais aussi de réunion des conditions d'une croissance plus forte et d'une plus grande création locale de richesses”.
Ce tour de force budgétaire que les financiers peuvent comparer à de la haute voltige risquée a un coût. Et pas des moindres. Avec une croissance prévisionnelle de 4% sur la base de 37 dollars pour le baril, Bouteflika n’a pas lésiné sur ce qu’on peut appeler un “pack social” en direction des plus démunis. 925 milliards DA de dépenses salariales, y compris le recrutement de près de 60 000 nouveaux agents et 230 milliards DA pour les incidences de la révision du salaire national minimum garanti (SNMG) et de la mise en œuvre du nouveau régime indemnitaire des fonctionnaires. L’UGTA peut s’autocongratuler, même si les membres de la Fonction publique ont le droit de faire la moue. La paix sociale a élégamment d’autres prix. 453 milliards de DA de subventions aux établissements hospitaliers, en hausse de plus de 8%, 37 milliards de DA de contribution annuelle au Fonds de réserve des retraites, 190 milliards de DA de concours publics aux versements de pensions de retraites et petites pensions, ainsi que d'indemnités complémentaires de retraites et de pensions, à diverses catégories de citoyens.
Pour ce qui est des produits de première nécessité, l’État a décidé de remettre une couche éloignant ainsi le spectre d’une dérégulation du marché comme le veut une politique de réforme libérale. 260 milliards DA seront versés pour les subventions de soutien des prix des céréales, du lait, de l'eau, ainsi qu'à des prestations au profit de la population par des établissements publics à caractère économique, 29 milliards de DA au bénéfice des enfants scolarisés de familles démunies, ainsi que les augmentations des bourses des étudiants, et stagiaires à partir de la rentrée 2009. Histoire d’apaiser les tensions sur les campus universitaires.
Même sur l’aspect politique, Bouteflika s’était engagé à ne pas abandonner les victimes du terrorisme avec une dotation de10 milliards de DA. Tout ceci en gardant un train de vie seigneurial. Cette fois-ci, le grand argentier du pays, Abdelkrim Djoudi, a proposé de couvrir le déficit budgétaire attendu par les disponibilités du Fonds de régulation des recettes qui culmine à 4 000 milliards de DA. Le projet de budget se présente ainsi avec des montants de 3 081 milliards de DA en recettes et 5 860 milliards de DA en dépenses.
Les patrons, même ceux qui sont montés au créneau contre la LFC 2009, se voient attribuer un cadeau fiscal sous la forme de 10 milliards de DA destinés aux caisses de Sécurité sociale, en contrepartie des abattements sur la part patronale des cotisations sociales, dans le cadre des mesures d'encouragement à la création d'emplois par les entreprises. Recruter coûtera moins cher à la Cnas pour des patrons invités à accompagner l’action de l’Exécutif dans la guerre contre le chômage.
Pour ce faire, d’autres mesures incitatives à l’investissement ont été adoptées dans le cadre des facilitations au paiement de l’IRG (Impôt sur le revenu global). La prorogation de cinq années de l'exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les engrais et produits phytosanitaires agricoles pour ceux qui ont des projets agricoles. L’extension de la période d'exonération en matière d'Impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS), au profit de jeunes entrepreneurs, lorsqu’ils s’engagent à créer au moins cinq emplois permanents.
Ou encore, l'extension du champ d'intervention du Fonds pour la promotion de la compétitivité industrielle, aux investissements matériels et immatériels de mise à niveau et à la réhabilitation des zones industrielles et d'activité.
17 octobre 2009
Temmar : assises de l'Agroalimentaire en novembre
Temmar veut voler au secours de l’industrie agroalimentaire. Son département compte organiser dès le mois de novembre les assises de l’agroalimentaire.
Objectif : relancer une activité qui peine à trouver son essor pour tenter de mettre en place une industrie de la transformation, seul rempart contre la dépendance alimentaire de l’Algérie. Temmar, qui estime que l’Algérie vit un véritable problème de sécurité alimentaire avec une facture multipliée par trois en 2008, considère qu’il faut créer les conditions de transformation et de stockage car, dit-il, la consommation de produits transformés a augmenté partout dans le monde.
Source : Le Soir
16 octobre 2009
Le rapport inquiétant de la Banque d’Algérie
Les recettes budgétaires de l’Algérie ont connu une baisse de 21% durant le premier semestre 2009, en comparaison avec la première période de l’année écoulée, relève le gouverneur de la Banque d’Algérie, lors d’une séance à l’APN, consacrée à la lecture d’un rapport annuel sur l’évolution économique et monétaire de l’Algérie.
Les revenus sont passés de 2483,3 milliards de dinars au premier semestre 2008 à 1962,6 milliards de dinars au premier semestre 2009. Cette situation est générée, selon M. Laksaci, par la baisse des recettes de la fiscalité pétrolière (-35,4%), alors que la fiscalité ordinaire, elle, a connu une hausse de 28,1% durant les six premiers mois de l’année en cours. La balance des paiements, déchiffrée par M. Laksaci, témoigne d’une forte baisse des exportations algériennes en hydrocarbures durant le premier semestre 2009. Les gains générés par l’exportation des hydrocarbures s’établissent à 19,96 milliards de dollars au premier semestre 2009, alors qu’il était à hauteur de 41,70 au premier semestre 2008, avant de connaître une décroissance au second semestre pour se situer à 35,49 milliards de dollars. Le recul en volume des exportations de pétrole est estimé à 52,66% durant les six premiers mois de l’année en cours. En conséquence, détaille le gouverneur de la Banque d’Algérie, les recettes pétrolières au premier semestre 2009 n’ont atteint que 63,1% du total des recettes budgétaires contre 77,2 au premier semestre 2008. En valeur, les recettes des hydrocarbures sont passées de 1918,3 milliards de dinars au premier semestre 2008 à 1238,7 milliards de dinars au premier semestre 2009, soit une forte baisse de l’ordre de -21%. Les recettes fiscales hors hydrocarbures, elles, sont passées successivement de 565 milliards de dinars à 723,9 milliards de dinars soit une forte hausse (28,1%). Pour ainsi dire, Mohamed Laksaci, chiffres à l’appui, vient reconnaître que la crise économique internationale a lourdement affecté les recettes du pays. Lui qui avait affirmé lors d’un précédent passage à l’APN que « grâce à la vision éclairée de ses responsables, l’Algérie était à l’abri des répercussions de la crise internationale ». Et c’est au gouverneur de la Banque d’Algérie de reconnaître aussi qu’« avec le montant de 1238,7 milliards de dinars réalisés au premier semestre 2009, la fiscalité pétrolière se place durant ce semestre en deçà de l’objectif fixé par le budget sur la base du prix référentiel de 37 dollars/baril (1927 milliards de dinars) pour l’année en cours ».
Hausse des dépenses et recul des recettes
Abordant le chapitre lié aux dépenses, M. Laksaci a fait savoir, sans trop de détails, que les dépenses budgétaires globales du pays ont connu une hausse estimée à 9,5% durant le premier semestre (9,5%). Les dépenses de l’Etat ont atteint les 2160,9 milliards de dinars durant le premier semestre 2009 contre 1974,3 milliards de dinars durant la même période de l’année dernière. Les dépenses en cours sont en progression de 13,7%, alors que les dépenses qui couvrent l’équipement public connaissent une hausse de 4,7%. Le recul des recettes du pays et l’augmentation de ses dépenses risquent de déséquilibrer davantage le budget de l’Etat, surtout lorsqu’on sait que l’effort budgétaire orienté vers le soutien à l’investissement et au secteur productif n’a connu qu’une infime hausse de 4,7%. Le rapport de M. Laksaci nous apprend aussi que le solde global du Trésor au premier semestre 2009 était négatif avec un montant de 228,7 milliards de dinars. Selon le gouverneur de la Banque d’Algérie, s’exprimant devant un hémicycle presque vide, cette baisse de la capacité de financement du Trésor a été accompagnée par une stabilité des revenus du fonds de régulation des recettes (4280,1 milliards de dinars fin 2008 et fin juin 2009). Par ailleurs, la liquidité bancaire a enregistré une importante réduction (-10,4%) dans une conjoncture marquée par la stabilité des avoirs extérieurs nets. Ceux-ci, faut-il le souligner, n’arrivent plus à alimenter l’opération de reconstitution monétaire en 2009, alors qu’ils représentaient depuis 2000 la source principale de la croissance monétaire. En valeur, les avoirs extérieurs nets ont atteint fin juin 2009 un taux de 10 604,30 milliards de dinars contre 10 277,55 milliards de dinars à la fin mars 2009. La liquidité monétaire est en régression permanente passant de 2845 milliards de dinars à la fin 2008 à 2549 milliards de dinars à la fin du mois de juin dernier, soit une baisse de 10%. Cependant, les réserves de change de l’Algérie ont atteint, à fin juin dernier, les 144,32 milliards de dollars contre 143,1 milliards de dollars à fin décembre 2008. Les autorités monétaires de l’Algérie semblent se ressaisir enfin pour découvrir une Algérie ébranlée par la crise économique internationale.
Source : El Watan

















