04 décembre 2009

Poitiers a RDV ce samedi avec les belles lettres

Ce samedi 05 Décembre, le public amoureux des mots angéliques et des peintures subliminales est invité à Une grande rencontre de poésie autour du livre " Amulettes" de la franco-portugaise, grande Amie de l'Algérie Josyane de Jesus-Bergey et le poète-peintre franco-Algérien Hamid Tibouchi, considéré comme un des plus puristes dans son genre.
L'événement aura lieu le 05 décembre, à 20H30,dans l'enceinte de La Maison de la Poésie de Poitiers :18 rue de la Brouette du vinaigrier ; derrière la Fol


josyane

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09 novembre 2009

Henning Mankell. Romancier et dramaturge suédois :"Assia Djebar aura le prix Nobel"

Henning Mankell, 61 ans, est l’un des plus grands écrivains suédois. Il est passionné par l’écriture romanesque et par la dramaturgie. Il est auteur de plusieurs romans célèbres, comme Le Fils du vent, Tea bag et Le Cerveau de Kennedy. Il est connu dans le monde entier pour ses polars, tels que Meurtriers sans visage, L’Homme qui souriait, La Muraille invisible et Le Retour du professeur de danse. Meurtriers sans visage a obtenu le prix du meilleur roman policier scandinave en 1991. L’enquêteur Kurt Wallander est le personnage central de la plupart de ses romans policiers. Il a écrit de nombreuses pièces théâtrales à l’image de Ténèbres, éditée en 2006. Au Mozambique où il vit depuis plusieurs années, Henning Mankell dirige une troupe théâtrale, Teatro Avenida. Ses œuvres ont été traduites en 42 langues, y compris en arabe. Rencontré à Alger à la faveur d’un débat sur le thème « Le dialogue interculturel et le rôle des écrivains dans la promotion de la diversité », Henning Mankell, peu bavard, a évoqué, avec modestie, son parcours littéraire et n’a pas caché sa grade passion pour l’Afrique.

          La question peut paraître classique : la littérature algérienne est-elle connue en Suède ?

C’est facile à répondre. Non ! Je pense que les suédois ne connaissent rien à la littérature algérienne. C’est un problème de traduction. Pour que les livres soient lus, il faut qu’ils soient traduits en suédois ou en anglais. En Suède, je ne trouve rien. J’ai parlé aujourd’hui lors du débat sur « le dialogue interculturel », sur la nécessité pour l’Union européenne de nous aider à avoir des fonds pour traduire la littérature africaine pour l’Europe et la littérature européenne pour l’Afrique. C’est la seule manière d’engager le dialogue, le vrai. Ce genre de mouvement nécessite beaucoup d’argent. J’ai fait lancé un appel à l’UE à partir d’Alger pour qu’elle le fasse et pour améliorer les relations.

- Quels sont les thèmes dominants dans vos œuvres ?

J’ai écrit une quarantaine de romans, une trentaine de pièces de théâtre. J’ai également écrit des scénarios de films. Ce qui m’intéresse sont les temps et les lieux où je vis. j’ai beaucoup vécu en Afrique, notamment au Mozambique. J’ai beaucoup écrit sur la relation entre l’Europe et l’Afrique. Ce que j’ai envie de faire est de raconter des histoires sur le monde dans lequel nous vivons. Evoquer le manque de justice dans ce monde. Je suis très en colère !

- Les rapports Afrique-Europe sont-ils équilibrés ?

Au début, les relations étaient bonnes. Il y a très longtemps. Cela a été détruit par les siècles de colonialisme. Je souhaite créer une nouvelle ère pour ses relations. On doit faire une chose : construire un vrai pont entre Gibraltar, au sud de l’Espagne et le nord de l’Afrique. Cela va arrêter la mort des jeunes dans la mer, ces jeunes qui veulent rejoindre l’Europe. Je crois que ce pont ne doit pas être payé par l’Espagne uniquement, mais par l’ensemble de l’Europe aussi. C’est la meilleure voie pour bâtir de nouvelles relations entre les deux continents. Et je peux vous l’affirmer, ce pont sera construit ! Peut-être pas de mon temps ou celui de ma génération, mais dans le future cela se fera. j’en suis convaincu...

- Les européens vont dire que ce pont va favoriser les flux migratoires....

L’Europe a de tout temps été créée par les travailleurs migrants. Nous avons besoin d’étrangers en Europe, de main d’œuvre. Les européens deviennent de plus en plus vieux. Ce que nous faisons aujourd’hui est très mauvais. C’est pour cette raison que je dis qu’il faut construire ce pont coûte que coûte. Laissez les gens venir d’une manière légale, au lieu de le faire autrement.

- Avez-vous une idée sur la littérature africaine ? Est-elle suffisamment connue en Europe ?

Je ne crois pas. Mais aujourd’hui, les auteurs africains sont de plus en plus traduits, tels que l’algérienne Assia Djebar. Aussi, je pense que la connaissance des auteurs africains en Europe s’améliore. On y arrive doucement.

- Justement, le nom d’Assia Djebar a été cité pour le Nobel de littérature, mais elle ne l’a pas eu. On a parlé d’Adonis, il ne l’a pas eu non plus...

Assia Djebar va avoir le Nobel de littérature. Pas cette année, l’année prochaine, dans dix ans, mais elle l’aura. J’en suis sûr.

- Ne pensez-vous pas que le comité du Nobel est injuste ? Une seule œuvre écrite en arabe a été primée en 109 ans d’existence du prix, celle de Naguib Mahfouz ...

Si vous voulez mon avis, j’ai peu de respect pour le comité du Nobel. Il y a beaucoup d’écrivains qui méritent le prix. Les membres de ce comité sont incapables de lire ce qui s’écrit comme littérature dans le monde arabe, par exemple. Leurs décisions ne méritent pas le respect.

- Connaissez-vous le monde arabe ?

Pas beaucoup. J’ai visité le Yémen, les Emirats arabes unis, la Tunisie, l’Egypte, mais je ne connais pas bien le monde arabe. J’ai tant envie d’apprendre de choses sur l’Afrique du Nord et sur les pays arabes. Je souhaite voyager plus dans cette région dans l’avenir. J’ai une idée sur la littérature classique arabe, notamment la poésie des temps anciens. J’étais à Tombouctou au Mali l’année passée. J’ai eu la possibilité de lire d’anciens manuscrits sur l’astronomie, les sciences. C’était très beau de voir ce que les arabes faisaient par le passé. Je connais la poésie arabe ancienne. Contrairement à ce que disent d’autres, la culture européenne a été influencée par la culture arabe...

- Et comment trouvez-vous Alger ?

J’ai l’impression d’être venu auparavant dans cette ville, alors que je l’a connais pas. J’ai vu un film sur Alger il y a dix ans. Et j’ai l’impression aujourd’hui d’être dans un autre film. J’étais jeune et j’ai bien suivi ce que faisaient les algériens pour libérer leurs pays. Je connais l’histoire de l’Algérie et je suis heureux d’y être venu.

- Vous écrivez des pièces de théâtre et des romans. Que préférez-vous, le roman ou les pièces ?

Je travaille comme celui qui arrose la terre pour qu’elle soit toujours verte. J’écris actuellement une pièce de théâtre sur l’ancien Premier ministre socialiste suédois, Olof Palme (assassiné à Stockholm en février 1986). Et j’ai d’autres projets.

El Watan

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05 novembre 2009

La muflerie Poutakhine

C’est encore sur l’humeur exécrable de Madame la ministre de la Culture, contrariée pour la troisième année consécutive par la sortie d’un livre désagréable, que s’est ouvert le Salon du livre d’Alger, et j’en viendrais presque à jubiler d’être enfin innocent de cette goujaterie, moi qui ai eu l’indélicatesse de gâcher la fête de la ministre à deux reprises par deux ouvrages discourtois, j’en viendrais presque à jubiler de mon innocence si l’auteur de la muflerie 2009, la muflerie Poutakhine, n’était un confrère de longue date, doublé d’un gentlemen qu’on ne saurait suspecter d’incorrection envers une dame. Je mesure son émoi. Rien n’est plus violent pour un galant homme que de se surprendre dans la peau d’un butor. On ne s’en remet qu’avec peine. Rien n’est plus blessant, de surcroît, que les propos acerbes d’une femme bafouée. «Cette chose qui s’appelle livre» est allée jusqu’à dire Mme Toumi, avec l’assurance d’une chevronnée en littérature apte à consacrer le chef-d’œuvre comme à vilipender le torchon.

Puis, ce fut l’inévitable fadaise. «Nos révisionnistes ne peuvent pas accéder au Salon du livre», comparant l’auteur de Poutakhine au philosophe français Roger Garaudy, insinuant par là que, dans notre beau pays, le genre humain s'est amélioré et qu’il n'y a plus de rebelles, plus d’esprits chagrins, plus de contestataires, seulement des courtisans.... C’est là que réside le plus affligeant pour un homme distingué : forcer une dame irritée à la bêtise. Il y avait, une fois de plus, comme une pulsion suicidaire qui poussait Mme Toumi à se couvrir de ridicule et à livrer sa postérité à la redoutable société cancanière d’Alger, quand aux «qu’est-ce qu’elle fut belle !» s’ajouteront les «qu’est-ce qu’elle fut sotte aussi !» pour évoquer une ministre de la Culture qui fit métier de s’indigner de tout.

Car enfin, l’exemple de Garaudy étant bien celui à ne pas prendre, il nous rappelle que son livre fut interdit selon des voies démocratiques, par le juge de la 17e chambre correctionnelle de Paris alors que Poutakhine, comme bien d’autres livres interdits sous l’ère Bouteflika, l’a été selon les méthodes abjectes d’une république bananière : par une escouade de policiers. C’est toute notre misère. Les voies de fait.

Mme Toumi semble éprouver un sordide bonheur à être en dehors du temps. Qui lui dira que dans les us d’un Etat moderne, c’est la justice et non le gouvernement qui décide du caractère outrancier d’un livre. Quel livre, en dehors de ceux des prévôts, ne serait frappé d’indignité s’il ne dépendait que de l’humeur des dirigeants ? Qui juge quoi ? Qui, en dehors d’un magistrat, a prérogative de conclure à «l’atteinte à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et à la sécurité nationale ; l’atteinte à la morale et aux bonnes mœurs ; la falsification du Saint-Coran et l’offense à Dieu et aux prophètes» ?

Ministre sous Naegellen, Mme Toumi aurait interdit Nedjma ; sous de Gaulle, elle aurait interdit Sartre !

En vérité, Mme Toumi s’adonne, avec peu de talent, au complexe exercice de théoriser l’arbitraire. Elle enrobe de mots et de mimiques, un ordre venu du président Bouteflika en personne. La tâche est ardue. Historiquement ingrate. Ce fut la tâche de tous les chambellans qui, de leur vivant, ont fait le lit des dictatures et qui, binocle sur le front, en singes savants, escomptaient duper le monde au moyen de futiles minauderies pour toujours finir par nous jeter en enfer.

Que dire à l’auteur de Poutakhine sinon qu’il doit y avoir un Dieu pour les écrivains persécutés, sans quoi les bibliothèques ne seraient pas pleines de livres interdits et le monde se serait rappelé du nom des chambellans plutôt que de celui des plumes pestiférées.

Mohamed Benchicou

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28 octobre 2009

Khalida Toumi, en colère

C’est hier qu’a eu lieu l’inauguration du Salon international du livre d’Alger dans sa quatorzième édition par le président de la République, accompagné des membres du gouvernement, notamment Khalida Toumi. Il a fait un tour des stands, s’arrêtant brièvement au niveau de certains dont l’Anep, Alpha, Opu, Gallimard, Daliman, Casbah et le stand saoudien où des explications lui ont été fournies par les organisateurs.
Le salon a, rappelons-le, élu domicile cette année au complexe du 5-Juillet, sous un chapiteau, au profit d’une nouvelle organisation. Après le départ du président de la République, une rapide conférence de presse a été improvisée avec Khalida Toumi suite aux nombreuses questions des journalistes présents, relatives à la délocalisation du salon, à son organisation, à son opacité, à la censure, au livre de Poutakhine et à la convocation des libraires d’Alger par la police lundi dernier suite à la vente de cet ouvrage. Khalida Toumi s’était «emportée» en disant sa tristesse et sa colère devant les articles écrits par la presse sur ce salon. Elle s’est dite «triste» voire très triste que jusqu'à présent, aucun journaliste, aucun article n’ait réellement porté sur les problèmes de fond concernant ce salon. Elle aurait aimé lire, dira-t-elle, des informations sur les achats de droits, les ventes de droits, le nombre de livres vendus et de livres exposés. Des questions occultées, d’après elle, au profit de papiers plutôt polémiques, concernant le coût du salon par exemple. Pourtant, dira-t- elle, le salon est à sa quatorzième édition et à aucun moment cette question n’avait été posée. Pour rappel, ce salon n’a été institutionnalisé que cette année où il est passé sous la tutelle du ministère de la Culture. Concernant l’organisation, la ministre de la Culture a assuré que celle-ci s’est faite dans une totale transparence. L’autre point qui a focalisé l’attention est la censure du roman Poutakhine. La ministre de la Culture a assuré qu’il n’y a aucune censure au salon et que tous les éditeurs pourront le confirmer. Il y a des procédures et des règles que chacun doit respecter, comme cela se passe dans tous les pays. Concernant les libraires retenus quelques heures dans un commissariat suite à la vente du roman de Mehdi El Djazaïri, elle a affirmé ne pas être au courant. Khalida Toumi a, par ailleurs, longuement parlé de l’apport de son ministère pour donner au livre sa véritable place dans ce pays et redynamiser l’industrie du livre, voire la créer puisqu’elle est inexistante.

Le Soir

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26 octobre 2009

Lsalon du livre s'ouvre demain

Fin de polémique sur la délocalisation du 14e salon international du livre d’Alger (SILA). La manifestation se déroulera sous un chapiteau blanc, sur l’esplanade du complexe sportif 5 Juillet, à partir de demain et jusqu’au 6 novembre prochain. Hier, lors d’une conférence de presse animée au même endroit, Smaïl Ameziane, commissaire du Salon, a annoncé la présence de tous les éditeurs algériens. Le transfert de la manifestation du Palais des expositions de la Safex vers l’esplanade du 5 Juillet avait suscité la colère des deux syndicats des éditeurs (SPL et SNEL) lesquels avaient menacé de boycotter le Salon. « Nous n’avons aucune difficulté avec les éditeurs tant algériens qu’étrangers », a précisé Smaïl Ameziane, assis à côté de Youcef Sayah, Samia Chikh, Bouzid Harzallah et Hassan Bendif, membres du comité d’organisation. Une manière de suggérer que tout est rentré dans l’ordre. Le nombre des éditeurs algériens est de 145. « Je n’ai aucun problème avec les éditeurs. Ce sont tous des collègues. Et je respecte l’éthique professionnelle », a soutenu M. Ameziane. Avec des éditeurs venus de 25 pays, le nombre global des participants sera de 343, alors que celui des ouvrages avoisine les 120 000 titres. L’installation du chapiteau et des stands est assurée par les entreprises algériennes Astalavista et Exposign. « Astalavista est issue de l’Ansej. Il n’y a ni euros ni dollars, pas d’étranger. Les prix des chapiteaux et des installations sont connus par l’Etat et les particuliers », a-t-il indiqué. L’espace est loué à 1500 DA le mètre carré. Le prix est identique pour les chapiteaux et pour l’équipement des stands. Le chapiteau qui abrite le Sila s’étale sur une superficie de 20 000 m². Interrogé sur la censure, M. Ameziane a soutenu que tous les salons, notamment dans les pays arabes, sont codifiés par « des lois relatives à l’outrage aux institutions, à la morale, à l’extrémisme. Il y a beaucoup d’ouvrages que vous n’aimeriez pas voir circuler. Les livres qui portent atteinte à la moralité ou prônent le radicalisme religieux ne sont pas admis. L’ENTV n’est pas Canal Plus. Il y a des films qu’on ne voit pas en famille. L’Algérie est le seul pays où l’on évoque la censure », a-t-il affirmé. Selon lui, les livres des auteurs spécialisés dans la propagande du mal ne peuvent être exposés. « Ils ne sont vendus ni ici, ni en Tunisie, ni au Maroc. Il y a des commissions interministérielles qui me dépassent. Elles sont là pour voir s’il n’existe pas de livres qui font du mal au pays. Ce n’est pas plus compliqué que cela », a indiqué le commissaire du Sila, soulignant qu’il était défenseur de la liberté d’expression en tant qu’éditeur. « Personne n’a été censuré chez Casbah Editions », a-t-il ajouté. A une question relative sur le dernier roman-pamphlet de Mehdi El Djezaïri, Poutakhine, publié à compte d’auteur, M. Ameziane a répondu que la censure ne touchera aucun ouvrage algérien. Le domicile de Mehdi El Djezaïri a subi une perquisition policière vendredi 23 octobre 2009. L’ouvrage n’est pourtant pas interdit par la justice. Smaïl Ameziane a qualifié de « politique » la décision de transférer l’organisation du SILA de l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP) à un commissariat sous l’égide du ministère de la Culture. L’ANEP a, selon lui, discrètement pris part à l’organisation du Salon. La présence visible d’agents de sécurité privés est, d’après M. Ameziane, liée au fait que le chapiteau est dressé en extérieur. La présence est, selon, sécuritaire et non policière. « Nous devons assurer la sécurité des biens et des visiteurs. Je souhaiterais qu’il n’y ait pas d’incident. Le chapiteau est sous télésurveillance. Ce qui m’importe est le respect du public. Je ne veux pas qu’on vole un sac ou un portable à un visiteur. Je veux que les familles soient à l’aise », a-t-il dit. Le slogan du Sila, « Le roi livre », inspiré visiblement de la tragédie de William Shakespeare Le Roi Lear, a été choisi, selon, par un panel composé d’une vingtaine de personnes. « Le choix a été fait après débat. Le roi livre est un slogan léger. Il nous a plu et nous l’avons adopté », a-t-il indiqué. Détaillant le programme, Bouzid Harzallah a annoncé une table ronde sur les femmes romancières arabes qui aura lieu le 2 novembre en présence de l’Irakienne Inaâm Kachachi, de la Marocaine Khenata Bennouna et de l’Algérienne Amel Bachiri (qui vit à Dubaï). Selon lui, des auteurs et journalistes de Ghaza, d’El Qods et de Ramallah animeront des conférences sur la situation de la culture dans les territoires palestiniens. La Palestine et l’Afrique sont les invités d’honneur du Salon. Un récital sera consacré au poète Azzedine El Menasra. « Je le considère comme le digne héritier de Mahmoud Darwich. Il a déjà enseigné en Algérie pendant huit ans », a souligné Bouzid Harzallah. Hommage sera rendu à la romancière algérienne Ahlem Mostaghanemi, au défunt poète Omar El Bernaoui, auteur du chant patriotique (nachid) Min adjlika ichna ya watani et à Francis Jeanson, fondateur du célèbre réseau de soutien aux combattants de la guerre de Libération. Selon Samia Chikh, une table ronde abordera les problèmes et les perspectives de l’édition en Afrique. Des auteurs, présents à Alger durant le deuxième Festival culturel panafaricain (Panaf) de juillet dernier, reviendront sur les résidences d’écriture. « On va parler de cette expérience et découvrir les fruits des résidences. Des auteurs africains liront les textes d’écrivains algériens », a-t-elle noté. L’Ivorienne Tannela Boni et le Camerounais Eugène Ebodé seront, entre autres, les invités du SILA. L’évocation de Kateb Yacine fera l’objet d’une conférence qui sera animée par Abdelaziz Boubakir, Rachid Boudjedra et Omar Chaâlal. Youssef Sayah a mis l’accent sur deux autres importantes tables rondes : « L’axe Paris-Alger-Le Caire dans l’imaginaire politique français » présentée par Paul Balta et Ahmed Youcef ainsi que « El Qods et la Palestine : situation et perspectives », modérée par Hocine Belalloufi et animée par le Palestinien Hassan Balawi, le Belge Sébastien Boussois, l’Italienne Paola Caridi et le Français Alain Gresh. La littérature sud-américaine ne sera pas en reste. L’Algérien Sadi Lakhdari, chargé des hautes études ibériques à la Sorbonne de Paris, animera avec l’écrivain chilien Sergio Macias, l’art d’écrire en Amérique latine. Juan Castilla Brazalès, directeur de l’Institut arabe de Grenade, fera, jeudi 29 octobre, une présentation de son dernier ouvrage Il était une fois en Andalousie. Autre rendez-vous intéressant : la conférence de Jean Bricmont, « Responsablité de protéger et Cour pénale internationale : vers une justice pour les pays du Sud ? », qui sera présentée par Meriem Abdou. La critique littéraire au Maghreb fera l’objet d’un débat animé, entre autres, par la Tunisienne Imen Laâbidi, le Marocain Abdeljalil El Azadi et l’Algérien Ahmed Mennour. Aucun prix littéraire ne sera accordé cette année. D’habitude, l’Association des libraires algériens (Aslia) organisait une sélection des meilleurs ouvrages. Pour Smaïl Ameziane, le retrait de Aslia est dû au fait qu’il ne pouvait pas y avoir deux gestionnaires pour le Salon du livre. « J’invite la presse à organiser le concours des meilleures œuvres littéraires. Montez un jury international et faites-le. Les éditeurs ne peuvent pas le faire car on ne peut être juge et partie », a-t-il dit. Le SILA sera-t-il maintenu à l’avenir à l’esplanade du 5 Juillet ? « C’est au public de décider ! », a répondu Smaïl Amziane. Invités au Salon, Amin Malouf, Jorge Semprun, Regis Debray et Antoine Sfeir n’ont pu faire le déplacement à Alger. « Ils ne pouvaient pas le faire en raison d’un agenda chargé. Mais ils promettent de venir l’année prochaine », a précisé Youssef Sayah.

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25 octobre 2009

Le film Harraga de Merzak Allouache primé à Valencia

Le prix, doté de 40 000 euros, lui sera remis samedi soir à la faveur d’une cérémonie de gala, à l’occasion de la clôture officielle de ce festival cinématographique qui a mis en compétition 12 films de 13 pays méditerranéens.

Harragas, qui a été déjà très bien accueilli par le public lors de sa projection, raconte l’odyssée de la traversée clandestine de la Méditerranée d’un groupe de jeunes à bord d’une patera avec l’espoir d’atteindre les côtes espagnoles, à partir d’une vision collective et austère proche du documentaire. Et ce, parmi les douze longs métrages en compétition officielle, Small crime de Cristos Georiou (Chypre), Question de cœur de Rchibugi (Italie), Ajami de Scandar Copti et Yaron Shani (Palestine, Israël), Ibrahim Labyad de Marwan Hamed (Egypte), Eden à l’Ouest de Costa Gavras (France, Italie, Grèce), Fais-moi plaisir d’Emmanuel Mouret (France), J’ai quelque chose à te dire de Cécile Telerman (France), Slovenian Girl de Damjan Kozole (Slovaquie), Brothers de Iggal Nidman (Israël), As God commands de Gabrielle Salvatores (Italie), Nées pour souffrir de Miguel Albadalejo (Espagne). « J’ai voulu parler d’un phénomène général, un drame qui touche beaucoup les jeunes des pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Je ne parle pas des motivations de la traversée mais de la traversée elle-même », a souligné M. Allouache lors d’une conférence de presse, en présence des protagonistes de son film. « Notre histoire raconte l’odyssée d’un groupe de jeunes algériens qui traversent clandestinement la Méditerranée avec pour objectif d’atteindre le sud de l’Espagne, porte d’entrée de l’eldorado européen tant convoité. Hassan le ‘passeur’ se charge de former un groupe de clandestins potentiels, qui permettront la réussite de la traversée. Quatre de ses amis et six ‘brûleurs’ venus du Sud de l’Algérie participeront à l’aventure.

Ces derniers sont acceptés car ils financeront une grande partie de la traversée. C’est une véritable opération de commando – avec une organisation matérielle sans faille – qui est préparée minutieusement et dans le plus grand secret par Hassan, Nasser et Rachid. On achète la barque, le moteur, le GPS… On guette la météo mais les impondérables vont très vite s’accumuler avec pour commencer, l’irruption d’une jeune fille : Imène, la fiancée de Nasser. Un deuxième problème, beaucoup plus grave, se profile à l’horizon. Le groupe qui prépare fébrilement le départ ne s’inquiète pas de la présence d’un homme mystérieux qui les surveille. Le jour du départ, l’homme mystérieux, sous la menace de son arme, embarque de force. La traversée pour atteindre les côtes de l’Espagne qui se trouvent ‘juste en face’ de l’Algérie, commence ». Le Palmier d’argent, doté de 20 000 euros, a été attribué, quant à lui, au film Ajami, ce film a remporté également le prix du meilleur réalisateur. Le prix spécial du jury et celui de la critique est revenu à Eden à l’Ouest du célèbre réalisateur grec Costa Gavras, auteur notamment du film algérien Z (1969) ou encore Mon colonel (2006). Dans Eden à l’Ouest, C. Gavras, à l’instar de M. Allouache, apporte sa particulière vision du phénomène de l’immigration. Le prix de la meilleure interprétation féminine a été décerné à l’actrice Nina Ivanisin pour son rôle dans Slovenka de Damian Kozole, alors que l’acteur Kim Rossi Stuart a remporté celui du meilleur acteur pour son interprétation dans le film italien Questione di cuoro, de Francesca Archibugi, qui a remporté le prix du meilleur scénario. Le prix de la meilleure photographie et celui de la meilleure bande sonore ont été attribués respectivement à Renato Berta pour Dohawa de Raja Amari (Tunisie) et à David Hadjadj pour Harragas.

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24 octobre 2009

La bande annonce du film Kabyle " Ennemis de la vie"

Le film sera bientot sur les ecrans

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20 octobre 2009

Programme culturel

Ventes-dédicaces :
- Abdelmadjid Merdaci signera son ouvrage Constantine au cœur de l’histoire, paru aux éditions Champ libre, le jeudi 22 octobre à partir de 14h, à la librairie du Tiers- Monde sise à la place Emir-Abdelkader. Aberrahmane Lounès signera son recueil de poésie Poèmes pieds et poings liés, paru aux éditions Othmania, le jeudi 22 octobre, à partir de 14h, à la libraire Socrate (du côté du cinéma ABC)
Concerts et galas
- Alif Naâba se produira à la salle El-Mouggar le jeudi le 22 octobre à 19h, à l’initiative de l’ONCI en collaboration avec le CCF.
- Du hip-hop au TNA, à l’initiative de l’Agence de rayonnement culturel, lundi le 26 octobre à 19h.
- Hommage à Mustapha Kateb au TNA, samedi le 31 octobre à 19h avec le Ballet national et Ismas. Une exposition de photos est également prévue.
Expositions

2e édition du Salon d’automne (peintures, sculptures, photos) à la galerie Baya, à partir du 29 octobre de 10h à 18h
- Gérard Rondeau expose une série de photos au CCF d’Alger jusqu’au 29 octobre.
Conférences/colloques

- «L’Occident et les autres : histoire d’une suprématie», c’est l’intitulé de la conférence que donnera l’historienne et directrice de recherches à l’IRIS, Sophie Bessis, au CCF d’Alger, le jeudi le 22 octobre à 14h30
- La 1re édition des «Rencontres Kateb Yacine 2009» est prévue à Riadh El-Feth du 27 au 29 octobre en partenariat avec El-Gosto théâtre et le palais de la Culture

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Parution. La descente aux enfers de Mohamed Boussadi

Boussadi

Un titre sombre, pour un roman au réalisme désarmant. On pourrait parler d’une fresque historique de l’Algérie des années noires, car malgré la dimension fictive de cet écrit, le destin du personnage principal a pu ou aurait pu être celui de n’importe lequel d’entre nous.

C’est l’histoire d’un jeune homme de quinze ans, Nazih, issu d’un milieu populaire qui, dans le contexte des années 90, va brutalement passer du monde de l’enfance à celui des adultes, monde désenchanté et douloureux. Le destin du jeune homme semble basculer en même temps que celui du pays. Destins liés, destins croisés. C’est une véritable descente aux Enfers que Mohamed Boussadi nous dépeint là. Elevé par des parents très croyants, notre héros rêve d’un monde plus juste. Ce garçon ordinaire va prendre conscience de sa condition sociale et, rendu aigri par celle-ci qu’il perçoit comme une injustice, va se réfugier dans les mosquées du quartier. Il y fait des connaissances, parmi lesquelles des exégètes qui savent parler aux frustrés et oubliés du système. C’est l’époque de la « Nadha islamia ». Cependant, Nazih refuse d’adhérer, malgré l’insistance d’un ami, à un parti politique d’obédience islamique. Le jeune homme pense vraiment réussir par donner un sens à sa vie lorsqu’il rencontre la belle Keltoum. Elle lui redonne le goût de vivre. Mais la victoire du parti islamiste aux élections va lui faire perdre tous ses idéaux et le conduire à s’enfermer dans le piège de l’extrémisme et sa spirale de violence. Le récit devient plus sombre, plus douloureux. Le pays bascule dans la violence, la mère de Nazih succombe à sa maladie. Mère-patrie, mère biologique semblent abandonner le jeune homme.

En perte de repères, sous le choc, l’adolescent s’enfonce dans une dépression proche de la démence. Il vient gonfler les rangs des laissés pour compte qui plongent dans la violence pour justifier leur existence et l’attester. Comme une revanche sur ce qu’ils n’ont pas pu avoir. Frustration, jalousie, douleur, pauvreté, chômage, exclusion de la famille, amènent tout un chacun à vouloir trouver un responsable, un bouc émissaire. Ces marginaux se font alors les porteurs d’un discours extrémiste où la violence s’érige en principe. On sent véritablement la descente aux Enfers de Nazih. Et cela touche. En effet, son destin aurait pu être celui de n’importe qui. Boussadi nous contraint ici à nous identifier à son héros qui n’en est d’ailleurs pas un. Il nous permet de constater la fine frontière qui sépare la « norme » de la « folie ». Le personnage est un garçon ordinaire qui veut simplement vivre, comme nous tous. La vie, cruelle avec lui, va le conduire à se réfugier dans la violence. Il assiste pendant des mois, impuissant, à des scènes d’une cruauté absolue. C’est la fuite en avant, dans une interminable cavalcade entrecoupée d’actes de violence. Littéralement ligoté par la crainte de représailles sur sa famille, il se trouve dans l’impossiblité de soustraire les malheureuses victimes à leur tortionnaire. Jusqu’au jour où… Avec ce roman, Boussadi nous montre la vulnérabilité d’un peuple privé de repères. La dimension identitaire est en effet très prégnante ici. Destin d’un homme et d’un pays se trouvent étroitement liés. A la lecture de ce livre, on ne peut que se sentir concerné par le destin de Nazih. Nous aurions pu être lui. Nous aussi nous aurions pu plonger. Parfois le sens que prend notre vie ne dépend que de peu de choses… Une écriture à la fois simple et travaillée, un roman au réalisme saisissant.

El Watan

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Les arts islamiques à l’honneur à l’IMA : Une exposition hors du commun

art_islamique

Manuscrits, tentures, tapis, céramiques et verres, métaux et orfèvrerie, bijoux et laques, boiseries et pierres dures, des centaines d’objets, aussi rares que prestigieux, sont montrés pour la première fois au public français et européen afin d’avoir une idée précise de l’héritage matériel et immatériel de la culture musulmane.

Mais si cette exposition hors du commun a pu avoir lieu, c’est bien grâce à Nasser David Khalili, un Iranien né à Ispahan dans une famille juive spécialisée dans les marchés d’arts. Intéressé par l’art en général, ses centres d’intérêts vont de l’art japonais de l’époque Meiji, jusqu’à la ferronnerie espagnole qui deviendra d’ailleurs son domaine de prédilection. Mais, c’est surtout l’art islamique qui le passionnera tout au long de sa vie. A ce titre, il réunira pas moins de 20 000 pièces rares au gré de ses voyages et de ses recherches. Mais plus que leur nombre, c’est surtout la qualité des ces objets de valeur qui fait de la collection de Nasser D. Khalili la plus remarquable au monde. Après l’Australie et les Emirats arabes unis, sa présentation à l’Institut du monde arabe constitue une première en Europe. Un petit tour dans la salle d’exposition de l’IMA finira par convaincre les plus réticents. Les tableaux, aussi variés que colorés, montrent des symboles mystiques, des décorations animalières, des écritures religieuses de haute qualité calligraphique, des vases et autres chefs-d’œuvre qui témoignent de la prolifique production artistique dans les pays musulmans du VIIe au XXe siècles. On peut par exemple admirer le livre de prière confectionné en Inde au début du XVe siècle ou contempler le « feuillet d’un Fahnamah » (vers 1610). La fresque montre des bêtes rassemblées devant le roi Saloman et Bilqis, un « brûle parfum » en bronze fabriqué en Iran et datant du XIIe siècle ou encore des « derviches errants ». D’autres tableaux montrant des gourdes de pèlerins, des vases en or, des serrures de portes aux formes bizarres et des cuillères en acier sont mis en exergue par l’exposition. En rendant sa collection accessible au public le plus large, David Khalili dépasse son plaisir personnel pour en faire un moyen de lutte contre l’intolérance, la discrimination et les préjugés que cultivent les gens à l’égard de l’Islam. Il ambitionne également de promouvoir l’apaisement et la compréhension mutuelle entre les juifs et les musulmans. Homme fortuné, David Khalili a également fait connaître les arts islamiques en dehors des terres musulmanes. Il a pu fonder par exemple le prestigieux Institut d’études orientales et africaines de Londres et un centre de recherche de culture orientale à l’université Oxford. Pour Nasser Khalili, l’Islam est l’une des plus vastes cultures qui soient au monde, une culture à laquelle l’humanité toute entière est profondément redevable.

source : El Watan

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