29 octobre 2009
Emeutes au village cotier El Ançor ( Ouest Algérien )
Le village côtier d’El Ançor, situé à près de 3 km du complexe touristique des Andalouses (Oran), offrait hier matin un paysage désolant suite aux émeutes qui ont secoué, durant la journée de mardi, cette paisible bourgade mais très dérangée à longueur d’année par les explosifs et les bruits stridents des engins utilisés pour l’extraction de la pierre avant de la concasser et la réduire en gravats.
Les affrontements entre les forces de l’ordre et la population hostile à la présence de deux entreprises spécialisée dans la production de gravats ont eu pour conséquence un certain nombre de blessés, mais la gendarmerie locale n’a rien voulu divulguer. Elle a indiqué qu’elle dénombre plusieurs blessés dans ses rangs par rapport aux émeutiers. En tout état de cause et de source officielle, on ne signale aucun cas digne d’être cité, pas même de dégât matériel si l’on exclut les dizaines de pneus brûlés en plein milieu des artères de la ville et les jets de pierres des jeunes en furie contre le mépris affiché par les autorités, et ce, malgré les diverses demandes pour prendre en charge ce problème environnemental très grave. Durant l’année 2004, une association locale avait recensé 1854 personnes atteintes de maladies respiratoires causées par la poussière que dégagent quotidiennement les deux carrières en question. A cela, il faut ajouter 2500 autres personnes touchées après cette date par la même pathologie. L’action revendicative de la population, qu’elle voulait pacifique, a débuté par la plantation d’une tente verte à la sortie de leur village afin d’attirer l’attention de des autorités locales et les inviter à dialoguer.
Ce qui fut fait, selon le président de l’Apc, qui nous a affirmé qu’une délégation d’officiels, comprenant le sénateur Brahma Djelloul, le président de l’Apw, le chef de la daïra de Aïn El Turk, les directeurs des mines, ceux de l’environnement et de la Pme/Pmi, s’était déplacée afin d’informer les représentants de la population des décisions prises par les autorités locales suite à ces revendications considérées des plus légitimes. « Dès notre arrivée à proximité de la tente, des pierres commençaient à pleuvoir. Un situation déplorable et pour le moins atypique dans ce genre de négociations », avoua le P/apc très embarrassé pour ce qui s’est déroulé dans sa commune, qui n’a jamais connu ce genre de situation et dont les acteurs ne sont autres que ses propres…électeurs. Pour le premier élu de cette commune, « les décisions prises par le chef de l’exécutif et dont on voulait faire part aux représentants de la population étaient de nature à apaiser la tension qui règne depuis fort longtemps dans cette localité, pour peu qu’ils nous auraient donné l’occasion de leur communiquer les huit points contenus dans cette décision ». Il citera la nécessité de suspendre les activités des entreprises en question jusqu’au bitumage de la route nationale. Après la reprise, les deux gravières seront tenues d’arroser continuellement les espaces nus, non bitumés, d’arrêter le travail à 17h, de ne plus utiliser les dynamites après 14h, de prévoir l’arrêt total du travail au cas où un vent soufflant vers l’ouest est signalé par les services de la météo, d’installer des chapeaux chinois au niveau de toutes les cheminées et d’assurer un arrosage pivotant continu. Jusqu’à hier midi, les 21 personnes n’ont toujours pas été présentées devant le magistrat instructeur, selon une source officielle. En ce moment même, plusieurs engins sillonnent les artères du village pour déblayer les débris et les pneus brûlés. Un des habitants du village a considéré les émeutiers comme des militants écologiques mais un peu… anarchiques.
La bouée de sauvetage de Ahmed Benbitour
Comme annocé il y'a quelques jours dans notre blog, Ahmed Benbitour, ancien chef du gouvernement, vient de rendre publique sa nouvelle initiative politique en lançant
un appel à la mobilisation pacifique pour le changement
et en présentant
un projet pour sauver la nation Algérienne.
Lakhdar bouregaâ ( Ancien officier de la Wilaya IV ) :Pourquoi veut-on occulter l’histoire de la Révolution ?
Ceux qui le connaissent savent que Si Lakhdar parle carré, direct, au risque de heurter certaines sensibilités. Désabusé, il se révolte contre « l’insidieuse culture de l’oubli qui est en train de s’installer sans coup férir au sein de la société. Pour preuve, tempête-t-il, la célébration du 1er Novembre est à peine évoquée, sinon occultée ». « C’est un scandale, c’est une honte », tonne-t-il avant de réfréner sa colère.
« Remarquez que lors des célébrations auxquelles j’ai assisté par le passé, celles-ci se déroulaient presque dans la clandestinité. On se retrouvait le soir avec les autorités locales. La population était indifférente, les volets des fenêtres étaient fermés et les lumières éteintes. » « Est-ce ainsi qu’on commémore une date historique ? », s’interroge-t-il avant de « sortir » cette citation de Napoléon : « Que voulez-vous, dans les révolutions, il y a deux sortes de gens, ceux qui les font et ceux qui en profitent. » Un regard froid et accusateur, un ton rageur en direction des opportunistes de tous bords, de tous les usurpateurs qui, hélas, peuplent le paysage politique actuel. Il esquisse un soupçon d’agacement à l’évocation de certaines pratiques du pouvoir, puis se met à rêver à haute voix d’une société idéale. Si Lakhdar avait consigné, il y a quelques années, toutes ses colères dans un ouvrage autobiographique en arabe intitulé Témoin de l’assassinat d’une révolution. Témoin, mais acteur important, puisqu’engagé dans la Révolution, où il a eu un riche itinéraire.
C’est à El Ommaria qu’il vit le jour en 1933, le petit village des origines, dans l’arrière-pays médéen où les parents viennent fructifier les champs des autres. Ali, le père, un illettré, était un agriculteur sans terre qui trimait pour gagner sa vie. Passant sur toutes les péripéties qui ont jalonné son parcours militaire qui s’achèvera à Azzaba en 1955, Lakhdar fera ressortir la date marquante de mars 1956 où il retrouva tous ses anciens amis au maquis sous la conduite de Tayeb Djoughlali. En mai 1956, première rencontre avec les chefs historiques à Hammam Melouane, puis dans un hameau, au plus profond des massifs montagneux de Larbaâ. Abane, Krim, Ben M’hidi, Bouchaoui, Amara Rachid… « Ce fut presque un pré-Congrès de la Soummam », se souvient-il.
Engagement sans faille
En septembre 1956, Lakhdar rencontre, à Alger, Bougara, Mellah et Si Salah, de retour du Congrès. Lakhdar est déjà commandant de la katiba Zoubiria. Un opposant acharné puis, les événements s’accélèrent. En mai 1959, il est chef de région puis lieutenant de zone après la mort de Si M’hamed, ensuite commandant militaire de la Wilaya IV. A l’indépendance, il est député de l’Assemblée constituante, puis député élu et membre du Comité central du FLN, issu du premier Congrès. Son tempérament, et surtout sa quête de liberté l’amènent à jouer un rôle important dans la crise surgie entre l’état-major et le Gouvernement provisoire. « On savait qu’il y avait de profondes divergences à Tripoli, mais l’indépendance, croyait-on, allait mettre fin à ce conflit. Or la crise, au contraire, s’exacerba. Notre attitude était claire. Ne pas opter pour une partie contre l’autre. On a compris finalement que ce n’était pas pour des idéaux qu’ils se disputaient, mais pour la prise du pouvoir… » Perçoit-on aujourd’hui, en 2009, un quelconque frémissement à la veille de ce grand événement qu’est le 1er Novembre ? Tous les indices ne le signalent pas forcément.
« Je suis déçu car, apparemment, cette date historique ne semble revêtir aucun sens malgré toute la symbolique qu’elle véhicule. Alors qu’il y a un peu plus d’un demi-siècle et malgré leurs différences, une poignée d’hommes déterminés, nationalistes et sincères avaient choisi la lutte armée malgré les moyens infimes dont ils disposaient face à l’armada de l’occupant. Pourquoi ont-ils enclenché ce mouvement si ce n’est pour libérer ce pays et restaurer la dignité humaine ? Notre vœu aujourd’hui n’est pas exaucé complètement. L’élite de la Révolution est tombée au champ d’honneur. Un grand nombre de survivants se sont éclipsés et la gouvernance actuelle n’est pas de nature à rassurer le peuple. Mais ceux qui nous dirigent doivent méditer cet adage : ‘‘Quand l’eau du port monte, elle emporte tout sur son passage, grands et petits navires. Tout le monde est touché par la déferlante’’. »
Si Lakhdar dresse un tableau peu agréable de la situation actuelle. Il en parle avec colère : « La corruption se généralise et se propage à grande échelle sous les yeux indifférents du pouvoir. L’état d’urgence restreint les libertés, l’activité politique et étouffe la société civile, mais épargne étrangement la corruption. Comment expliquer que les auteurs des crimes économiques soient déférés devant des tribunaux ordinaires alors qu’on est en état d’urgence ? En état de guerre, ces actes délictueux sont considérés comme des crimes. Les scandales économiques sont étalés au grand jour dans la presse, mais sans en savoir plus sur les coupables souvent absents pour laisser place à des lampistes sans intérêt. Des milliards dilapidés impunément et puis le rideau de fumée qui se dissipe rapidement. Ces crimes doivent être jugés par des cours spéciales vu le caractère exceptionnel de la situation que nous vivons », explique l’ancien moudjahid. « Pendant la Révolution, rappelle-t-il, pour une modique cotisation non honorée, on pouvait passer de vie à trépas. »Si Lakhdar s’étonne que les autorités s’acharnent sur les jeunes désespérés dont la seule alternative à leurs yeux est la « harga ».
Pourquoi un tel gâchis
« Les harraga sont taxés ailleurs de terroristes, alors qu’ici, ils sont accusés de tous les maux. Historiquement, les harraga avaient fait, il y a des siècles, le trajet inverse en venant spolier nos terres, en nous brimant et en essayant d’acheter nos consciences. La France n’a jamais fait acte de repentance pour les crimes commis, et aujourd’hui, elle nous présente l’Union pour la Méditerranée comme la panacée. On nous demande tout simplement d’être des ceintures de sécurité des pays de l’autre rive de la Méditerranée, craignant un flux massif de l’émigration clandestine. Derrière cette idée, il y a une arrière-pensée, celle de nous faire oublier l’Union du Maghreb arabe, qui est l’une des revendications de la Révolution algérienne. L’histoire nous a appris que lorsqu’il y a problème au Machrek, le Maghreb pèse de tout son poids pour le régler. La réciproque est vraie et la Révolution algérienne en est un bel exemple. Aujourd’hui, une partie de ce Moyen-Orient compliqué est sous protectorat américain, l’autre partie sert de supplétif à Israël. Ghaza a été une leçon qui nous a fortement édifiés. La Syrie et le Liban sont des bombes à retardement prêtes à exploser à tout moment. Les pays du Maghreb sont démissionnaires. Ils n’ont ni poids ni crédibilité. Je considère la paix prônée par les Arabes comme une capitulation. Les leaders arabes se gargarisent d’illusions en prenant en otages leurs peuples. C’est la triste et amère réalité ! »
Triste réalité
Rétif aux embrigadements jaloux de ses libertés, Si Lakhdar avait réagi au lendemain de l’indépendance lorsque la liberté était en danger. Il a été l’un des fondateurs du FFS. « L’idée de la création de ce front est partie de l’Assemblée contre le pouvoir personnel et la répression. Le président de l’Assemblée était jeté en prison avec des élus du peuple. On ne pouvait rester les bras croisés. Le parti prônait des idées de progrès, de démocratie. Le FFS, le plus vieux parti d’opposition, est le seul qui a gardé ses principes, pour lesquels il se bat toujours », estime le vieux combattant. Evoquant la scène politique, Si Lakhdar tourne en dérision certaines situations. Il n’est guère tendre avec les partis politiques qui sont, selon lui, « l’expression d’associations à caractère de service après-vente pour consolider et entretenir le système ». De même, notre interlocuteur cogne dur sur les assemblées élues, caisses de résonance, qui légifèrent et décident, mais demeurent bizarrement muettes devant les dérives constatées ici et là. » Même s’il se considère pessimiste, Si Lakhdar ne voit pas toujours le verre à moitié vide. « Il y a sûrement une élite intellectuelle, des experts, des spécialistes dans différents domaines en mesure d’apporter un plus. Mais où sont-ils ? Indésirables, marginalisés, ils n’ont aucune tribune pour s’exprimer. » « Il y a un nouveau phénomène, explique-t-il. Avant il y avait des coups d’Etat au sommet. Désormais, ils sont décentralisés au niveau des partis écartelés par des crises préfabriquées. Regardez les partis, leurs déchirements suscités par le pouvoir devenu expert dans le détournement de l’opinion publique. »
A la question de savoir pourquoi les anciens se murent dans un mutisme complice, Si Lakhdar a cette réplique : « Nous, les anciens de la Révolution, on est semblables, mais divisés. Ceux qui sont au pouvoir sont différents mais unis pour préserver les positions acquises. C’est malheureux de le dire, mais la Révolution algérienne qui était à l’origine de l’indépendance de bon nombre de pays qui l’ont obtenue sur simple demande manuscrite, a été déviée de son cours et des principes qui l’ont fondée. La grande richesse qu’on a négligée, c’est la formation des hommes, et je crois qu’à ce niveau, le tort est partagé. » Pour Si Lakhdar, « la démocratie s’est imposée par le cours des événements, dans un contexte mondial en effervescence, revendicatif, où beaucoup de barrières sont tombées. L’indépendance, on l’a acquise. Mais est-ce que les objectifs pour lesquels on a lutté ont été atteints. Permettez-moi d’en douter. Lorsque le citoyen perd sa confiance envers ses dirigeants, envers la justice, que lui reste-t-il à faire sinon se rebeller contre le système. Gandhi, un grand humaniste, avait dit un jour que ‘‘la pauvreté est la pire forme de violence’’. Un autre proverbe bien de chez nous dit ‘‘qui sait tout souffrir peut tout oser’’ » L’imprévisible peut se produire à tout moment…
Bouteflika annonce une commission ad hoc contre la corruption
Le Président Abdelaziz Bouteflika a annoncé, mercredi 28 octobre, dans un discours prononcé à la Cour suprême, la création prochainement d’une commission nationale ad hoc contre la corruption. « Grande est notre détermination à lutter contre la corruption sous toutes ses formes et ses manifestations. Nous avons élaboré des mécanismes législatifs et réglementaires qui seront bientôt renforcés par l'installation d'une commission nationale ad hoc », a t-il déclaré.
« La justice et les lois de la République seront appliquées à toute personne rendue coupable de faits de corruption », a ajouté le chef de l’Etat lors d’une allocution à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire 2009-2010.
De son côté, le premier ministre Ahmed Ouyahia, interrogé par les journalistes en marge de la cérémonie, a indiqué que « la lutte contre le fléau de la corruption nécessite, à chaque fois, des moyens supplémentaires qu'il s'agisse de moyens de police, ou d'un arsenal législatif adapté ». M. Ouyahia a rappelé que le président Bouteflika avait dans ce contexte donné instruction pour le recrutement de 470 élèves magistrats durant l’actuel quinquennat « pour augmenter les capacités de la justice. »
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par l’éclatement de plusieurs affaires de corruption, impliquant de hauts cadres de l’Etat. Ces affaires concernent notamment les secteurs des Travaux publics et de la Pêche.
Nouveau spot de nedjma dédié à l'équipe nationale
Le spot, conçu par Nedjma, qui accompagnera l'équipe nationale au stade du Caire
28 octobre 2009
Réveillez - vous, la Cour !
Le salon du livre a ouvert ses portes, ou plutôt ses glissières ( l'évenemnt se tient sous un chapiteau). Comme chaque année et conformement à la tradition nationale, la censure répand ses odeurs dans les allées. Pour cette édition, l'honneur d'empreinter le couloir de la mise sous sceau de l'imprématur revient à Mehdi El djazaïri, auteur du roman Boutakhine, source d'insomnie des valets de la cour.
Les libraires qui ont osé mettre sur les étals l'ecrit "incriminé", et qui ont osé dévier de l'esprit de cour qui s'est installé dans toutes les sphères de décision et de pensée, ont été convoqués la veille au commissariat pour subir les réprimandes d'usage. Biensur, l'acte liberticide a fait le tour de toutes les langues. Des salles des rédactions, aux QG des partis politiques, des tables des joueurs de dominos dans les quartiers populaires, aux trotoirs du front de mer où s'impatientent les jeunes guettant la moindre embarcation à destination de la mort en haute mer, la nouvelle a fait irruption. Sauf chez Madame la ministre de la culture.
Lors de la conférence de presse donnée en marge de l'inauguration du SILA par le président de la république, Madame Toumi a juré par tous les saints d'Alger qu'elle ignorait cette mésaventure vécue par les libraires. Rien que ça. On comprendra parfaitement les raisons la ministre mal informée, si elle avoue publiquement que la vie des libraires n'est pas de son ressors et que, dans sa logique, le commerce du livre est logé à la même enseigne que ce lui des fruits et légumes. Mais sincerement personne n'est dupe.
Convoquer dans les locaux de police des libraires pour seul motif d'avoir mis un livre sur les étals et mettre sur le pied de guerre une institution de l'Etat - la police en l'occurence - parce qu'un Algérien a crû bon commettre un ecrit littéraire résonnent comme une alerte grave de mise sous terre définitive de tout esprit critique dans notre pays.
Il ne suffit pas de dire " je ne savais pas". La ministre de la culture, et c'est son rôle aussi, doit instituer une commission d'enquête et de saisir la justice pour déterminer les sources qui ont instruit cette inquisition policière à l'encontre des libraires. L'Etat parallele ne doit pas agir en toute impunité. Il y va de ce qui reste comme crédibilité de l'Etat Algérien. Sauf si les couloirs paralleles ont été l'oeuvre architecturale de Sa Majesté, et que Madame la ministre n'y peut rien.
De leur coté, les opposants à l'instauration de la dictature doivent réagir avec force et, par l'occasion, redonner vie à leurs langues mises au frigo depuis belle lurette.
Il ne faut pas sous-estimer ces petites batailles pour la liberté pour pouvoir demain réussir la grande guerre pour l'instauration de la vraie république. Tergiversez, et la Cour sera définitivement dans nos cours.
Moussa Tertag
on les jette dans la rue
Révolte de Diar Echems en images
Khalida Toumi, en colère
C’est hier qu’a eu lieu l’inauguration du Salon international du livre d’Alger dans sa quatorzième édition par le président de la République, accompagné des membres du gouvernement, notamment Khalida Toumi. Il a fait un tour des stands, s’arrêtant brièvement au niveau de certains dont l’Anep, Alpha, Opu, Gallimard, Daliman, Casbah et le stand saoudien où des explications lui ont été fournies par les organisateurs.
Le salon a, rappelons-le, élu domicile cette année au complexe du 5-Juillet, sous un chapiteau, au profit d’une nouvelle organisation. Après le départ du président de la République, une rapide conférence de presse a été improvisée avec Khalida Toumi suite aux nombreuses questions des journalistes présents, relatives à la délocalisation du salon, à son organisation, à son opacité, à la censure, au livre de Poutakhine et à la convocation des libraires d’Alger par la police lundi dernier suite à la vente de cet ouvrage. Khalida Toumi s’était «emportée» en disant sa tristesse et sa colère devant les articles écrits par la presse sur ce salon. Elle s’est dite «triste» voire très triste que jusqu'à présent, aucun journaliste, aucun article n’ait réellement porté sur les problèmes de fond concernant ce salon. Elle aurait aimé lire, dira-t-elle, des informations sur les achats de droits, les ventes de droits, le nombre de livres vendus et de livres exposés. Des questions occultées, d’après elle, au profit de papiers plutôt polémiques, concernant le coût du salon par exemple. Pourtant, dira-t- elle, le salon est à sa quatorzième édition et à aucun moment cette question n’avait été posée. Pour rappel, ce salon n’a été institutionnalisé que cette année où il est passé sous la tutelle du ministère de la Culture. Concernant l’organisation, la ministre de la Culture a assuré que celle-ci s’est faite dans une totale transparence. L’autre point qui a focalisé l’attention est la censure du roman Poutakhine. La ministre de la Culture a assuré qu’il n’y a aucune censure au salon et que tous les éditeurs pourront le confirmer. Il y a des procédures et des règles que chacun doit respecter, comme cela se passe dans tous les pays. Concernant les libraires retenus quelques heures dans un commissariat suite à la vente du roman de Mehdi El Djazaïri, elle a affirmé ne pas être au courant. Khalida Toumi a, par ailleurs, longuement parlé de l’apport de son ministère pour donner au livre sa véritable place dans ce pays et redynamiser l’industrie du livre, voire la créer puisqu’elle est inexistante.
L' ire de Polytech va créscendo
Les élèves de l’Ecole nationale supérieure polytechnique (ENSP) ne décolèrent pas. Hier à 7h30, des centaines d’étudiants ont pris d’assaut les deux portes principales, bloquant ainsi l’accès à l’école. La directrice, qui est arrivée vers 10h, a été empêchée d’accéder à son bureau, avant qu’elle ne soit prise en otage dans son véhicule, au milieu d’une foule énorme qui a carrément bloqué la route menant de Belfort à la Radieuse.
Des centaines d’étudiants en colère scandaient d’une seule voix, «Démission ! Démission !». Visiblement effrayée à l’intérieur de son véhicule, la directrice de l’école n’a pu se détacher de la foule qu’une heure plus tard, une fois que les étudiants lui ont manifesté de vive voix leurs revendications. Les policiers qui n’étaient pas en grand nombre n’ont pas jugé nécessaire d’intervenir. Selon quelques étudiants interrogés sur les lieux, c’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ils étaient déjà au bout de leur malheur, vu les conditions «d’un autre âge», dans lesquelles ils sont scolarisés. Il a fallu donc l’institution d’une nouvelle configuration au sein de l’ENSP pour que les choses dégénèrent. En effet, selon les précisions de ces étudiants, rien n’a été prévu en matière de structures d’accueil pour recevoir ces classes préparatoires qui comptent quelque 250 étudiants. Vu que les structures qui devaient les abriter au lycée Emir Abdelkader ne sont pas encore prêtes et que l’université de Bab El Zouar a refusé de les accueillir, ils ont été installés à l’ENSP, alors que l’école n’a pas les moyens nécessaires pour les abriter. «Depuis leur arrivée, nous sommes devenus des nomades qui font à longueur de journée le tour des différents départements à la recherche d’une classe pour assister à nos cours», proteste un groupe d’étudiants, qui précise que les étudiants en préparatoires jouissent de toutes les commodités et de tous les privilèges au détriment des «véritables» étudiants de l’ENSP. «Lundi dernier, nous étions en plein cours, lorsque la directrice est venue nous faire sortir de la salle, pour faire rentrer une poignée d’étudiants d’une classe préparatoire. C’est injuste ! S’il n’y a pas assez de classes pédagogiques pour les accueillir, ce n’est tout de même pas notre faute. Si la directrice doit honorer son engagement avec la tutelle, il ne faudrait pas que cela se fasse à nos dépens. Qu’elle prenne ses responsabilités !», clament des étudiants en 4e et 5e année Génie civil de l’environnement. Et ce n’est pas tout ! Avec l’arrivée de ces nouvelles classes préparatoires, l’emploi du temps des étudiants de l’ENSP a été complètement chamboulé. Alors que les cours prenaient fin au plus tard à 16h, aujourd’hui, les étudiants sont contraints de rester jusqu’à 18h. De plus, le transport universitaire -le Cous-, n’est pas disponible à cette heure-ci. «L’hiver arrive, et à 18h il fait généralement nuit. Comment va-t-on faire pour rejoindre nos cités universitaires et nos domiciles ? Surtout que le transport public ou privé n’est pas toujours disponible à cette heure-ci», réclame un groupe d’étudiantes. Toutefois, il est nécessaire de rappeler que deux lettres ont été adressées à la directrice, quelques jours avant la protestation, dans lesquelles les étudiants ont exprimé leurs revendications, avant de menacer de recourir à une grève générale si leurs doléances ne sont pas prises en charge immédiatement. Mais devant «la politique de la sourde oreille qu’applique la directrice, affirment les étudiants, nous avons été obligés d’opter pour la protestation».
Les enseignants exigent le départ de la directrice
Si les étudiants exigent seulement une prise en charge de leurs doléances, les enseignants de l’ENSP, qui assistaient au même titre que le personnel de l’administration en spectateurs à la protestation, exigent carrément le départ de la directrice. Suite à une assemblée générale, de la section CNES-ENSP, tenue le 25 octobre au sein de l’école, et après discussions et de nombreux débats sur la situation qui prévaut à l’école, les enseignants présents ont, à l’unanimité, décidé d’organiser deux journées de protestation les 3 et 4 novembre prochains. Selon le professeur Mameri, interrogé sur place, les enseignants ont demandé 200 étudiants dans un cycle préparatoire intégré. Mais, à leur grande surprise, la directrice a installé une école préparatoire qui compte quelque 250 étudiants avec leurs propres enseignants, et du coup, indique-t-il, «nous nous sommes retrouvés avec une seconde école dans une école et une autre structure qui gère nos locaux pédagogiques, avec le mépris des enseignants. Résultat : les départements de spécialités et les écoles doctorales souffrent de l’absence de classes pédagogiques». Mais ce qui semble le plus irriter ces derniers, c’est la suppression de l’option tronc-commun (département de science fondamentale), qui a mis un nombre important d’enseignants en 1re année au chômage technique. Une partie a été orientée vers les 2e année, en attendant l’année prochaine, où il faudra s’attendre à un licenciement à grande échelle.
Le personnel de l’administration en grève les 4 et 5 novembre prochain
Même son de cloche chez le personnel de l’administration de l’ENSP. Tous les travailleurs réclament le départ de la directrice. Pour ces derniers, le problème réside d’abord dans la gestion administrative. Ils citent entre autres l’absence depuis deux ans du plan de gestion relatif à la promotion et au recrutement du personnel, la non-application de l’organigramme de l’établissement, les retards dans le virement des salaires, l’absence des arrêtés ministériels de la commission des œuvres sociales et du conseil d’administration, qui ne fonctionnent pas à ce jour, alors qu’il s’agit de structures indispensables pour l’amélioration des conditions de travail du personnel, et, enfin, le manque flagrant d’hygiène dans l’établissement. Selon ces derniers, ils se sont réunis le 6 juin dernier avec la directrice de l’école, qui leur a fait des promesses par écrit. Mais, affirment-t-ils, jusqu’à présent, aucun engagement n’a été honoré. C’est pour ces raisons, poursuivent-ils, que «nous avons pris la ferme décision d’organiser une grève les 4 et 5 novembre prochains. Si jamais on n’obtient pas des engagements écrits, on ira vers une grève illimitée».




















