25 septembre 2009

Rapport mondial sur la corruption : Les citoyens sont les premières victimes

Le rapport mondial sur la corruption 2009 élaboré par l’ONG Transparency International a été rendu public hier. La sortie de ce rapport, consacré cette année à la corruption dans le secteur privé, coïncide avec l’ouverture à New York de la 64e session de l’Assemblée générale des Nations unies et également avec la tenue de la réunion du G20.

Cette année, contrairement aux précédentes, l’Algérie n’a pas été citée dans le rapport qui a zoomé cette fois sur certains pays d’Afrique et du Moyen-Orient, notamment le Maroc, le Niger, le Rwanda, le Cameroun, le Ghana, le Kenya, le Liban, le Zimbabwe et l’Ethiopie. 75 experts du monde entier se sont penchés sur le dossier de la corruption dans le secteur privé. Ils ont examiné l’ampleur, la portée et les conséquences dévastatrices de la corruption dans les entreprises. 46 rapports nationaux approfondis ont été ainsi élaborés, accompagnés de recommandations. Selon le rapport mondial sur la corruption, dans les seuls pays en développement et en transition, les sociétés qui sont de connivence avec les politiciens corrompus et les fonctionnaires d’Etat ont accordé jusqu’à 40 milliards de dollars par an en pots-de-vin. Le rapport 2009 présente dans le détail les nombreux risques de corruption auxquels sont confrontées les entreprises, des petits entrepreneurs d’Afrique subsaharienne aux multinationales d’Europe et d’Amérique du Nord.

Au cours des deux dernières années, les entreprises ont dû s’acquitter d’amendes qui leur ont coûté des milliards de dollars. A ce coût financier s’ajoutent d’autres préjudices comme l’atteinte au moral des salariés et la perte de confiance des consommateurs et des partenaires commerciaux potentiels. En outre, le document fait état de nombreux cas de cadres dirigeants, d’actionnaires majoritaires et autres intervenants de l’entreprise qui abusent du pouvoir qui leur a été confié à des fins personnelles, et ce, au détriment des propriétaires, des investisseurs, des salariés et de la société dans son ensemble. La corruption et le secteur privé (RMC) montre, d’après le rapport, comment les pratiques de corruption forment une force destructrice qui affaiblit les bases d’une compétition équitable, étouffe la croissance économique et, en fin de compte, oblige l’entreprise à se saborder elle-même. Ce qui est grave, relève le rapport, est « la responsabilité qu’a le secteur privé vis-à-vis de la société.

Quand des entreprises sans scrupules pratiquent la corruption, les conséquences peuvent être dramatiques en matière de pénurie d’eau, de conditions de travail déplorables, d’abattage illégal des arbres, de production de médicaments dangereux ou encore de constructions qui s’écrouleront du jour au lendemain, engendrant des pertes humaines ». Le secteur privé a un rôle crucial à jouer dans la prévention de ces conséquences « en agissant avec transparence et responsabilité ». Cependant, « le risque que de puissants acteurs du secteur privé s’emparent des politiques et des gouvernements et altèrent en profondeur le processus de décision démocratique existe réellement et constitue une menace significative pour toute gouvernance responsable et inclusive, où qu’elle soit », souligne le rapport, qui signale qu’en fin de compte, c’est le citoyen qui fait les frais de ce phénomène de corruption.

Selon l’Association algérienne de lutte contre la corruption, de nombreux pays se situant en bas du classement de l’indice de perception de la corruption publié chaque année par Transparency International, un indice qui mesure dans 170 pays – dont l’Algérie – les niveaux de perception de la corruption dans le secteur public, sont non seulement victimes de gouvernements sans scrupules, mais aussi de grandes sociétés qui sont plus que désireuses de s’acoquiner avec ces gouvernements. Ces enchevêtrements, qui supposent plus que de simples pots-de-vin, sont possibles parce que les sociétés sont persuadées qu’elles peuvent commettre ces pratiques criminelles en toute impunité.

pour lire le rapport complet cliquer sur ce lien :

http://www.transparence-france.org/ewb_pages/div/Rapport_mondial_sur_la_corruption_2009.php

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23 septembre 2009

Rapport mondial sur la liberté de la presse en Algérie en 2009

Fragile, la presse indépendante algérienne n’en est pas moins incontournable. Elle résiste aux pouvoirs plus que n’importe quel parti politique d’opposition, contribuant à la formation d’une culture démocratique. Toutefois, le nombre impressionnant de titres mis sur le marché ne constitue pas un indicateur de la liberté d’expression ou du pluralisme.

Le 9 avril dernier, Abdelaziz Bouteflika a été réélu à la tête de l’Algérie pour un troisième mandat consécutif. En mai 2004, au lendemain de sa première réélection, il avait réaffirmé sa « détermination à veiller à la liberté d’expression ». « Nous voulons marquer, encore une fois, avec force, notre détermination à veiller à l’exercice effectif, pour tous, de la liberté d’expression, en droite ligne de la Déclaration universelle des droits de l’homme », avait déclaré le Président dans un message à la presse. Or, malgré ces engagements en matière de liberté d’expression, peu de choses ont changé depuis.

Le délit de presse est toujours passible de peines de prison et d’amende. L’article 144bis du code pénal algérien (en vigueur depuis 2001) prévoit en effet des peines de prison allant de 2 à 12 ans et des amendes pour tout propos jugé diffamatoire. La pénalisation du délit de presse constitue une véritable épée de Damoclès qui pèse sur les journalistes algériens. Les poursuites judiciaires se multiplient à l’encontre des journalistes et de leurs directeurs de rédaction. Les tribunaux algériens ne désemplissent pas.

Par ailleurs, malgré la fin de son monopole sur la presse en 1989, qui a permis à de nombreux journaux de voir le jour, le gouvernement algérien conserve une mainmise sur l’impression et la diffusion de la presse. Certes les quotidiens El Khabar et El Watan sont parvenus à créer une société indépendante qui gère deux imprimeries (« Algérie Diffusion & Impression de presse »), mais seuls ces deux quotidiens sont concernés. Les autres journaux continuent de dépendre entièrement des imprimeries d’État. La création d’un holding d’entreprises d’impression par le ministère de la Communication en juillet 2008 n’a fait que renforcer le contrôle de l’État dans ce domaine. Un tel système réduit par conséquent toute marge de manœuvre des journaux qui voudraient exercer un regard critique sur la société et sur la vie politique algérienne. La situation est identique en ce qui concerne la distribution des journaux : mis à part El Khabar et El Watan qui ont réussi à mettre en place un réseau indépendant, les autres titres restent dépendants du réseau étatique de distribution.

Avec le monopole sur l’importation du papier, les autorités algériennes complètent leur emprise sur la presse. Elles disposent d’une arme économique supplémentaire contre les récalcitrants de la presse privée, via son monopole sur la publicité. En effet, depuis avril 1968, l’Agence nationale de l’Édition et de la publicité (ANEP), créée en décembre 1967, distribue la publicité des administrations et des entreprises en fonction des lignes éditoriales, distribuant les fonds en priorité aux journaux proches du régime. En outre, l’État garde le contrôle de la radio et de la télévision depuis 1963.

En outre, les autorités algériennes interdisent de manière récurrente la diffusion de journaux internationaux en Algérie. Ainsi, trois publications françaises, L’Express, Marianne et le Journal du Dimanche, ont été censurées début avril 2009, à la veille de l’élection présidentielle. Auparavant, le 7 mars 2009, l’hebdomadaire Afrique Magazine avait été interdit pour « atteinte aux valeurs nationales », tout comme le numéro 2991 de l’hebdomadaire L’Express daté du 30 octobre 2008, sanctionné pour « atteinte à l’islam » . En mai 2008, le numéro 2469 de Jeune Afrique a également été banni des kiosques en Algérie.

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Les accusations sur le nucléaire algérien reprennent

L’Algérie pourrait prétendre au statut de puissance nucléaire. Sans trop connaître de ce “candidat possible” à ce statut, Bruno Tertrais, auteur de “Le marché noir de la bombe” dans lequel il consacre un chapitre à notre pays, conclut que l’Algérie pourrait, en disposant de l’infrastructure adéquate et des compétences, fabriquer sa bombe atomique.
Peu connues, écrit l’expert, les capacités de l’Algérie sont bien réelles. Et tout le chapitre est construit sur les suppositions et les quelques informations déjà publiées dans la presse occidentale. Et même s’il considère le programme nucléaire algérien secret, l’auteur s’avance sur les possibilités de fabriquer la bombe imputant l’option aux ambitions des militaires. Bruno Tertrais qui a beaucoup travaillé sur le dossier du nucléaire pour le compte du ministère de la Défense, dit tenir l’information de l’ancien ministre algérien. “Il (le site d’Aïn Ousséra) se prêterait assez facilement à une utilisation militaire : il pourrait permettre, à partir d’uranium naturel, de produire en un an assez de plutonium de la qualité nécessaire pour une bombe”, a-t-il écrit. Mais point d’arguments.
Par ailleurs, l’ambition nucléaire algérienne est inscrite au tableau de la guerre de leadership dans le monde arabe. Ainsi l’Algérie, qui dispose de l’infrastructure de la dimension de celles de l’Égypte et de l’Arabie Saoudite, serait tentée de se doter de la bombe, une première dans cette région afin d’asseoir sa suprématie. “Pour des raisons de statut, elle pourrait ne pas vouloir laisser l’Arabie Saoudite, et surtout l’Égypte, devenir la première puissance nucléaire arabe”, lit-on dans le livre.
Toute la trame du chapitre s’appuie sur un chapelet de probabilités que l’auteur, pourtant un expert, conseiller et analyste, prend la précaution de conjuguer au conditionnel qui n’apporte aucune confirmation. Avec ses moyens, l’Algérie “pourrait prétendre à un programme nucléaire entièrement autonome”, écrit-il au sujet d’un programme qu’il qualifie pourtant de “secret”.
Même les conclusions des inspecteurs de l’AIEA qui ont pourtant affirmé que l’Algérie ne dispose pas de l’arme nucléaire et ses installations destinées à un usage pacifique ne sont pas prises au sérieux par l’auteur qui du coup remet en cause l’Agence internationale. Car, selon lui, si l’AIEA n’a rien trouvé, c’est qu’il “est possible que certaines barres de combustible aient été retirées sans que l’AIEA soit avertie”. Et les déclarations officielles quant au but pacifique de ces acquisitions sont considérées comme de simples “prétentions”. “Alger prétend, d’ailleurs, ne pas être intéressée par l’enrichissement ou le retraitement”, dit
M. Tertrais qui fait montre d’un don de lire dans les intentions et de déceler les secrets qui échappent aux autres. Et argument suprême, dans son optique, le refus de l’Algérie de signer le protocole additionnel de vérification de l’AIEA. Ce qui, de son point de vue, induit de légitimes soupçons devant mener à cataloguer l’Algérie dans la rubrique “dangereux”. “L’Algérie doit être classée dans les pays à risque du point de vue de la prolifération”, a-t-il conclu, en plus de ses relations privilégiées avec l’Iran, relations qu’il considère comme un soutien à son programme nucléaire.  Et la perspective que l’Algérie se dote de l’arme nucléaire est une option inéluctable, selon lui. Car, si le FIS avait gouverné, il se lancerait dans ce projet. Comme le processus électoral a été interrompu, l’ambition est adossée aux militaires pour s’assurer de garder les rênes du pouvoir. “Comme cela a été le cas au Pakistan par le passé, à garantir la pérennité du contrôle de l’armée sur le régime”, suppose-t-il encore.
Reste à savoir le but recherché à travers ce chapitre truffé essentiellement de supputations, de commentaires et de projections fantaisistes sans fondements. À moins que l’objectif soit principalement celui qu’il suggère : classer l’Algérie comme pays à risque de prolifération nucléaire. Ce que bien des pays, ceux-là mêmes qui nourrissent la campagne contre l’Algérie et coutumiers de la politique du deux poids, deux mesures et de la tolérance sélective de la prolifération nucléaire, pourraient applaudir.

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ait Ahmed : Le GPRA premier et drnier gouvernement pluraliste

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Dans un discours prononcé à Paris, en début de semaine, lors d’une conférence internationale sur « Le droit international : Etats puissants et mouvements de résistance », le président du Front des forces socialistes (FFS), Hocine Aït Ahmed, a tenu à rendre hommage au Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) en tant que « premier et dernier gouvernement algérien pluraliste et démocratique ». Dans son intervention qui coïncidait avec la célébration du 51e anniversaire de la naissance du GPRA, le premier responsable du FFS a fait appel à sa mémoire de militant pour la libération du peuple et du pays pour dire que « le GPRA a symbolisé le respect des droits humains et du droit humanitaire en dépit de l’état de guerre ». Comme pour rappeler au monde que face à l’injustice imposée par « la raison du plus fort » traduite par les puissances coloniales, les mouvements de résistance qui étaient en quête de droit étaient les plus à même de connaître et d’appliquer le respect des droits de l’homme. Prétendre jouir d’un droit, c’est aussi faire preuve de le concéder aux autres, chose que les puissances coloniales refusaient de reconnaître puisqu’elles étaient en position de domination.

Revenant sur le congrès de la Soummam de 1956, le leader du FFS explique qu’il y a eu une prise de conscience de l’impératif stratégique « de mobiliser des actes de solidarité internationale avec l’Algérie combattante et de soutien des institutions onusiennes ». Mais aussi d’adopter « deux résolutions fondamentales : l’une consacre la primauté du politique sur le militaire, l’autre impose le principe de la collégialité, garante d’une cohérence démocratique et d’une cohésion politique ». Le congrès de la Soummam, continue Hocine Aït Ahmed, a mis en branle « une dynamique révolutionnaire au sens politique, démocratique, rationnel et réaliste… Elle préparera la renaissance de la Dawla – l’Etat – grâce à la légitimation populaire du GPRA », dit-il.

Les résolutions du congrès de la Soummam ont été foulées aux pieds

Le Gouvernement provisoire, témoigne le leader du FFS, « ne cessait de rappeler à l’ordre l’état-major des frontières pour condamner les violations des droits humains et dénonçait avec fermeté les liquidations sans justice et les emprisonnements arbitraires parmi les compatriotes commis sur les sols marocain et tunisien ». Et malgré la férocité de la répression coloniale, le GPRA s’était opposé à l’exécution des prisonniers français. « C’était pour lui une décision humaniste mais surtout une manière de jouer le jeu de la légalité internationale et d’asseoir le prestige de la révolution en faisant respecter les normes du droit international humanitaire, alors que l’armée coloniale, qui se targuait de comportements civilisés, continuait à défier la communauté internationale en poursuivant la stratégie des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », souligne le premier responsable du FFS et militant pour la démocratie.

Ceci et de regretter qu’au lendemain de l’indépendance, « toutes les stratégies qui avaient contribué à la victoire de la révolution algérienne contre le colonialisme français ont été détournées de leur but initial qui était la liberté pour la souveraineté du peuple, pour devenir les instruments d’un régime de domination impitoyable ». Et d’ajouter que même « la solidarité internationale avec l’Algérie combattante est devenue une complicité internationale avec le régime. Le soutien des institutions onusiennes est passé du peuple en lutte au régime en place ». Aït Ahmed estime que les résolutions du congrès de la Soummam ont été foulées aux pieds, qu’il s’agisse de la primauté du politique sur le militaire ou du principe de collégialité, de cohérence démocratique, de cohésion politique ou de pluralisme effectif et de consensus national.

« Le pouvoir algérien a réussi là où Soustelle a échoué : la division et la récupération des élites. » Aït Ahmed tire deux exemples de l’actualité, à savoir l’affaire Mécili et celle de Tibhirine pour affirmer que « la collusion des intérêts a prévalu sur le droit. Si on leur ajoute les massacres à grande échelle des années 1997/1998 sur lesquels un odieuxa silence s’est abattu, on prend la mesure de la folie criminelle que déclenche l’abandon du droit », indique l’opposant politique. Ceci le mène à la conclusion que la complicité internationale avec les régimes despotiques est à même de détruire tout idéal de quête pour les droits. « C’est la négation, sur la scène internationale, des principes démocratiques les plus élémentaires. C’est le non-respect du droit international par les puissants dans leurs pratiques (publiques ou secrètes) et dans le soutien qu’ils apportent à des régimes qui eux-mêmes violent les droits de leurs propres peuples », dit-il. Et de regretter que même le droit humanitaire est aussi utilisé par des Etats comme un élément de domination parmi d’autres. « Le droit humanitaire a-t-il encore une chance de se faire entendre en dehors des stratégies de domination et d’agression ? » s’interroge Aït Ahmed.

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