29 août 2009
le mdsl change de sigle
Le premier novembre 2008 des militants du MDS historique plantent à Alger les premiers jalons d’un nouveau parti politique appelé provisoirement : Mouvement Démocratique, Social et Laïque (MDSL).
Ce parti est né du double impératif suivant :
1. Marquer sa fidélité à l’héritage politico-idéologique du MDS historique du regretté Hachemi Chérif, notamment la ligne de double rupture par rapport à l’islamisme politique et au système rentier bureaucratique.
2. Placer l’exigence laïque au centre du combat pour le projet de société moderne. Son objectif stratégique est l’édification d’une Algérie laïque, démocratique, ancrée dans son histoire millénaire, ouverte aux valeurs universelles et fondée sur la justice sociale.
C’est pourquoi, le cap de la modernité est un défi et un enjeu essentiels.
Pour assumer pleinement ses choix politiques et apparaître publiquement en toute clarté sans risque de brouillage, le comité national de préparation des assises du MDSL dans sa réunion du vendredi 28 Août 2009 décide de changer de sigle et devient le Parti pour la Laïcité et la Démocratie (PLD) avec pour devise :
« Pour une Algérie Républicaine Moderne et Sociale ».
Le PARTI pour la LAICITE et la DEMOCRATIE (P-L-D) est dans une dynamique de construction appelée à se structurer par étapes et la réflexion y est loin d’être achevée. C’est pourquoi l’organisation donne le temps au débat d’avancer et de mûrir dans ses propres rangs et chez les amis pour l’organisation des assises du parti ainsi que de son premier congrès.
L’heure n’est pas à l’immobilisme mais à l’action soutenue par une réflexion constante.
Le combat pour la laïcité n’est pas spécifique à l’Algérie. Il concerne tous les pays et ce, indépendamment de leur histoire, leur situation géographique, ou leur niveau de développement économique.
L’expérience algérienne le démontre amplement : sans laïcité, aucune perspective démocratique n'est possible. Autrement dit, le combat pour une Algérie moderne et démocratique est inséparable de celui à mener pour une Algérie laïque.
Alger le 29 août 2009,
P/ le Bureau National provisoire du
Parti pour la Laïcité et la Démocratie (PLD)
11 août 2009
Notre société agonise-t-elle ?
Au seuil du troisième millénaire, notre peuple vit encore des situations, voire des débâcles dont la genèse remonte aux périodes primaires de l’humanité.
Une même manière de penser, une rituelle façon de se comporter résument aisément notre quotidien. Cette vénération maladive de la chose oiseuse nous abrège l’accès à l’univers de la préhistoire avec tous ses attributs régressifs. L’avenir de cette patrie demeure grevé par cette singulière nonchalance qui définit foncièrement notre volonté d’assister jovialement à l’ensevelissement de notre statut de nation. L’amour que nous éprouvons journellement pour la chute de nos symboles rejoint parallèlement notre haine de se voir au firmament des vertus. Une forme de pathologie enrobe nos esprits pour devenir, sans réaction aucune, notre archétype de conduite. Dénoncer fait partie de ces verbes victimes de la censure dans cette patrie où le droit à la citoyenneté reste une revendication des plus chimériques. Tout le monde ne cesse de s’interroger sur cette dangereuse avancée du mal qui s’enracine au sein de la société algérienne.
Certains imputent cette dérive au fait de carence en culture, d’autres témoignent que cette situation, dont l’origine est cette vacuité qui dépeint notre quotidien, est le produit d’un attachement ancestral aux idées tribales qui font de l’individu un sujet dénué de toute capacité de s’évoluer. Une sempiternelle transmission de ce dévastateur héritage de génération en génération défie les siècles, brade la sagesse. Le phénomène de la jalousie que nos frères cultivent et entretiennent avec une minutie inouïe a longtemps garni notre esprit tout en reconnaissant en nous cette corrosive tare qui consiste à dénigrer nos meilleurs, à médire de nos élites pour le vil plaisir d’assouvir notre obsession de voir nos émules souffrir pour s’en réjouir. Une course à la succession au sale trône de l’héroïsme en matière de la fausseté demeure une compétition appuyée par ignorance de la vertu de la bienfaisance. Cette tendance à abaisser gratuitement les nôtres explique notre régression intellectuelle consolidée par cet enseignement rétrograde de la langue arabe que toute la communauté s’accorde à considérer comme étant le véhicule de toutes les pensées passives.
Ce retard accusé en culture menace toujours cette nation de disparition sur la scène universelle. Une forme de révolte se manifeste de temps à autre exigeant un changement fondamental dans les abstractions obsolètes qui influent, avouons-le, sur tous les autres milieux de la vie humaine. Le vide qui comble le quotidien du citoyen l’accule à s’adapter avec cette autre manière d’imaginer des solutions insolites pour affronter une actualité infernale imposée par les législateurs de la privation. Les façons favorites adoptées par l’ensemble de la nation pour briser toute tentative de rétablissement de la paix par des perles rarissimes qui ne veulent que la réappropriation historique de notre patrimoine, incitent ces génies à ne plus s’inquiéter du précaire sort de notre existence. D’autres décident irrémédiablement de se réduire au mutisme vu la gravité de la conjoncture, redoutant la salissure par la rumeur qui devient le style privilégié de ceux que l’intelligence agace. Cette méthode reste la plus efficace afin d'aboutir à des desseins diaboliques qui résident dans cette volonté de chasser tout homme apte à innover au giron même de l’archaïsme. La bêtise se répète pour devenir enfin notre modèle de conduite qui conditionne nos comportements, hante nos mentalités tant la pathologie a atteint notre moelle spirituelle. La soif d’empiéter sur les droits des autres reste le souci capital pour ceux qui refusent toute confession plausible devant l'obstination de rassasier leur désir de ruiner leur proche.
Les nations avancent d’une façon avérée à la conquête du savoir avec une harmonie inexprimable dans leurs alliances sociales. Leur société est prise en charge par une forme de complicité génératrice de mouvements constructifs à la recherche de l’euphorie planétaire tandis que le désordre qui émaille notre vécu demeure la conséquence incontestable de notre penchant aux choses futiles comme pour juger les personnes au sens dévalorisant de l’expression. Le manque singularisé en initiatives accompagne cette chronique paresse qui a reconverti notre société en une secte dont le rite consiste à incomber tous les échecs aux forces de la fatalité, ainsi le recul vers l’ère de la préhistoire s’illustre où l’indigence et la violence en sont nos seuls viatiques.
Chekri Rachid
“Quelque lignes, quelques silences, quelques douleurs et …”
Abdelkader Kabache a écrit ceci :
Je viens par la présente contribution libérer mon désespoir en boite avec “Quelque lignes, quelques silences, quelques douleurs et …”
Ma poésie d’un haraga ‘ancien cadre’ , chromeur depuis 1997, est l’élégie qui laisse entendre sa longue plainte et ses déboires dans un très beau pays mal administré auquel on prête mille maléfices et mille enchantements ou sont mélangés dans la plus grande confusion :
“Mouches ignorantes, cadres marginalisés, dinosaures, ombromanes, batteurs de bendir et la liste est longue”…
Par cette évocation du chao, je vous invite à lire l’Histoire qui titube sur les tréteaux d’un pays fantoche : celle de l’extrémiste qui jura d’instaurer la charia, celle du laïc dont la vie ne fut pas un “ escalier de verre ”, celle de la nomenklatura qui a orchestré le délire dans le feu, les bras tendus vers l’occident.
Ce chant est enfin celui d’une élite aujourd’hui handicapée des deux pieds par les services secrets qu’on loue de brigades anti-terroriste.
Texte 01 : Les hordes
Ils sont revenus, cette nuit encore
J’ai entendu les bruits
De leurs pas qui vont et viennent
Entre les arbres
Il ne peut battre son plein
Ce cœur porté par mon pied
Qui retient la porte
Qui retarde l’envolée
Et qui tremble
Devant la horde
Qui s’éloigne
Dans la nuit d’à coté.
Comme la veille.
Comme les autres fois.
Je ne sais depuis combien de temps se répète ce manège.
Au début, je croyais à quelque farce
D’un voisin venu caracoler sous mes fenêtres.
Mais aucun d’eux ne possède de sabre.
Je vais chercher mon luth et jouer un peu de musique
il ne faut pas grand-chose pour être heureux
Texte 02 : Hommage à Matoub
Je suis revenue de loin
Avec un avant-goût de Matoub
À Tizi
Où je n'avais jamais vécu auparavant.
Si je parviens à retrouver
L’arcane de son épopée
Je flânerais encore
Au quartier de son enfance.
Place de l’ancienne mairie
Je danserais un peu.
Je verrais le jour se lever au mont Djurdjura,
Goutte d'obscurité dans une jarre.
Je prendrais un café à Larbaâ Nath Irathen
Lentement je monterais la grande pente
Sous l’auvent de la maison de Matoub
Je m'arrêterais ...
Je repartirais sans lui dire adieu
Mais ce n'est pas pour lui
Que je serais triste:
C'est pour moi.
Je croyais nouer avec lui une parole ombilicale pour le ressusciter par mes prières
C'est lui qui m'a survécu, insouciant.
Texte 03 : Frère Matoub
La ville est muette
Et sans air
Le silence s’étire
A l’envers
La main brandie
Ouvre son éventail
Chute ma prière
Qui veut marcher…
Je suis terrorisé
Un arbre
Devient une forêt étrange
Comme un lieu de légende
Dedans long brame
Des grandes bêtes vigiles
Impossible de crier
La mort est là debout
Dans cet instant non encore advenu
Prie prie avec moi frère Matoub
Je suis perdue de toute façon
Ma disparition ne provoque
Pas mon absence
Texte 04 : A l’aurore
Nous revenons pas à pas
De nos terres
Tachés de sang
C’est une nuit sans nom
Que nous ne n’oublierons pas
A cause de l’odeur insolente
Du silence
Qui tue
Et de l’hydre de l’enfance
Qui continue
De cuver ses rancœurs
Mais nous devons y retourner
Tout de même
comme des aveugles
Indifférents et patients,
jusqu’à ce que notre soif débusque
Cette langue en fugue
qui nous a écorchée
puis abandonnée
Texte 05
Je crois que beaucoup de monde meurt de la misère mais aussi de cette abscence de nourriture culturelle dans ces pays ou des energumene comptables bloquent tout esprit qui ait un élan de semence, peut vaincre la matiere...
Texte 06
Toutes ces lois peuvent et ne peuvent pas être discutées.
Puisque, entre ce qui est banni
et ce qui n’est pas banni,
Il y a le grand livre de signes,
de marches en bois vert et de garde-fou.
Réunies, ses lignes de force tiennent
des leçons de l’ancien régime
D’un art totalitaire d’après guerre.
On dit que celui qui le rédigea
Était en croisière.
Ivre mort.
Ah ! Nous n'étions pas nés encore.
C'est alors que vient un petit roitelet
Et ordonna de séparer de sens contraire
La populace par une barrière
Pour l’apaisement surtout
Afin de voir clair :
L’oeil des animaux,
Les insultes fumeuses dans la bousculade,
La rumeur qui sort des blés,
Le rire des généraux
Et les enfants qui s’envolent
L'Algérie ne sera jamais à l'OMC
Depuis la publication de la loi de finance complémentaire 2009, analystes économistes et patrons réagissent aux nouvelles mesures. Quel est l’impact de ces décisions sur l’adhésion de notre pays à l’OMC ?
M.Mebtoul : C’est terminé. L’Algérie ne sera jamais à l’OMC. Les dernières mesures prises dans la loi de finance complémentaire sont contraires aux règlements de cette organisation mondiale. La restitution des crédits à la consommation, la part des sociétés étrangères dans les projets d’investissement fixée à 49% sont entre autre des mesure qui vont à contre courent des bases de l’économie de marché. Le gouvernement est en train d’agir comme il le faisait dans les années 70 avec une injonction d’une administration autoritaire.
A votre avis, que veut faire le gouvernement en instaurant toutes ces mesures ?
Le problème c’est que nous ne savons même pas ce qu’il veut. C’est le flou total. Il n’ya pas de pilote à bord et il n’y a aucune logique économique. Comment voulez-vous adhérer à l’OMC alors qu’on ne sait pas ce qu’on veut. On nous disait auparavant qu’on n’est pas touché par la crise, mais toutes ses mesures confirment que l’Algérie est touchée de plein fouet. On est ni dans l’économie de marché ni dans l’économie administrée. Le gouvernement est en train d’asphyxier l’économie nationale. D’un côté, il pénalise les entreprises étrangères avec les mesures d’investissement très restreintes et de l’autre côté, il punit les sociétés nationales avec le crédit documentaire.
Justement, sur ce point, le patronat vient de réagir contrariant cette mesure et contestant le fait qu’il n’a pas été associé. Qu’en pensez-vous ?
Ce qui est étonnant c’est que le patronat s’est brusquement réveillé en réagissant à ces mesures. Je suis tout à fait d’accord avec lui concernant le crédit documentaire. Le crédit documentaire est pourtant une procédure normale mais il faut qu’il y ait de véritables banques qui maîtrisent le produit. Or ce n’est pas le cas dans notre pays. Je vous donne un exemple, pour avoir mon chéquier j’ai du attendre plus de 8 mois, comment voulez-vous que les banques soient à la hauteur pour mener des opérations de cette importance. Aussi, on ne restreint pas les importations par des mesures administratives.
(Interview à Algérie New’s en français le 10 août 2009 réalisée par Amalou Fatiha )
08 août 2009
L'illégitimité de l'Etat Algérien
Fatima OUSSEDIK est enseignante en sociologie. Ses principaux domaines de recherche recouvrent l'identité et le statut de la femme dans le monde arabe et musulman, le mutli-culturalisme dans le monde. Dans cette intervention, elle analyse les fondements de l'Etat Algérien.
05 août 2009
Vague terroriste en Kabylie, l'édito de Liberté
Relayé par certains médias étrangers connus pour leur hostilité envers l’Algérie, les terroristes du GSPC ainsi que leurs soutiens politico-médiatiques locaux lancent une véritable campagne de provocation et de manipulation en Kabylie, une région devenue ces dernières années l’un des principaux repaires du terrorisme.
Au-delà des attentats qui se poursuivent avec les terribles embuscades contre les gendarmes à Bordj Bou-Arréridj et les militaires à Tipasa et des repentis qui reprennent le chemin du maquis, voilà que le GSPC, qui se trouve acculé par les forces de sécurité, tente de faire diversion en semant le doute au sein de la population.
Les partisans du “Qui-tue-qui ?” n’attendaient que cela pour appuyer leurs thèses abjectes avec le retour d’un discours confus sur le terrorisme islamiste. Après l’épisode des moines de Tibhirine, voilà que les acteurs de la tragédie nationale, auxquels la Charte pour la paix et la réconciliation nationale avait pourtant interdit d’activer sous une forme ou une autre, reviennent à la charge.
Relayé par certains médias étrangers connus pour leur hostilité envers l’Algérie, les terroristes du GSPC ainsi que leurs soutiens politico-médiatiques locaux lancent une véritable campagne de provocation et de manipulation en Kabylie, une région devenue ces dernières années l’un des principaux repaires du terrorisme.
L’objectif est double. D’abord créer la confusion au sein des esprits afin de tenter des soulèvements ou des émeutes contre les autorités locales en Kabylie. Une pareille situation ne peut qu’arranger les terroristes qui saisiront l’occasion pour se redéployer et se déplacer avec beaucoup plus de facilité.
Cette instabilité ne fera que renforcer les groupes islamistes qui trouveront le moyen d’organiser d’autres attentats dans la capitale, et les opérations kamikazes de 2007 ont été des exemples édifiants.
Ensuite, le GSPC vise à desserrer l’étau dans lequel il est sérieusement pris dans plusieurs régions du pays d’autant que l’organisation de Droukdel connaît aujourd’hui des difficultés de recrutement et de financement, même si les réseaux de soutien continuent de fonctionner encore.
Devant cette situation dangereuse, il est urgent de plancher afin de riposter rapidement et d’adopter un discours clair qui définit les responsabilités afin de ne pas laisser, encore une fois, le champ libre aux extrémistes islamistes.
Les attentats troubles du GSPC en kabylie
Dans la soirée de lundi dernier, des sages du village voisin se seraient présentés aux parents et aux jeunes manifestants comme témoins oculaires de l’assassinat et ont déclaré qu’ils ont vu de loin des hommes barbus, portant des tenues variant entre celles des différents corps de sécurité et celle des afghans connue des terroristes, tirer en direction du véhicule à bord duquel se trouvaient les jeunes victimes.
Doute, suspicion, tristesse, colère. Quatre mots qui résument en gros les sentiments que laissaient apparaître les visages hier dans la ville de Tadmaït où quatre corps de citoyens criblés de balles ont été découverts la veille. De nouvelles rumeurs se propagent et d’autres actions de protestation se profilent à l’horizon. Un risque de débordement après l’inhumation des corps semblait faire trembler les services de sécurité mobilisés la veille en renforts pour canaliser la colère des habitants de Tadmaït, qui ont commencé à peine à retrouver leur calme suite à l’affaire des gardes communaux pris en flagrant délit d’incendie et les manifestations qui ont suivi.
Encore hier, la ville de Tadmaït était restée fermée, quasiment paralysée. Tout comme la veille, lorsque la nouvelle de cette découverte macabre s’est répandue telle une traînée de poudre à travers la ville des 1 000 martyrs, engendrant ainsi une vive tension qui s’est traduite en un mouvement de protestation orienté vers la fermeture de la RN12 et une prise d’assaut du commissariat de la ville. Aucun commerçant n’a voulu s’aventurer à soulever le rideau de son magasin. Seul un service minimum est assuré. Un calme bien que précaire semble toutefois régner sur la ville. “Ici tout le monde attend l’enterrement qui fait craindre un débordement”, nous dira, le regard vague, un jeune de la région qui n’hésite pas à exprimer ses doutes quant aux multiples versions qui circulaient durant toute la soirée de lundi et cette matinée de mardi.
Pour rappel, les quatre corps qui se trouvaient être ceux de Cahouchi Hocine, Aïssaoui Kamel, Allouache Karim et Allouache Ahcène, ont été retrouvés sans vie près du village Ichakalène, un village relevant de la commune de Tadmaït. Trois d’entre eux ont été retrouvés à bord d’un véhicule de marque 404 bâchée de retour du marché, puisque chargée de fruits et de légumes destinés à une fête de la sœur d’une des victimes, alors que le quatrième était retrouvé, criblé de balles lui aussi, au bord d’un cours d’eau. Ce qui a laissé tout le monde supposer que la quatrième victime a pu s’échapper du véhicule au moment des tirs, mais n’a pu malheureusement échapper à l’attentat. Un attentat qui a soulevé beaucoup d’interrogations et qui n’a pas cessé d’alimenter le terrain de la rumeur à Tadmaït. En plus du mystère qui a entouré ce drame, la population qui a tout de suite après alerté les services de sécurité a été rapidement gagnée par la colère. “Les services de sécurité étaient trop lents dans leur intervention pour récupérer les quatre corps qu’on a été obligés d’acheminer vers la morgue avec nos propres moyens”, nous racontera un témoin des évènements qui ont secoué la ville de Tadmaït lundi soir.
C’est justement ce reproche fait aux services de sécurité qui semble, à lui seul, être à l’origine de la colère puis des actions de protestation qui se sont vite déclenchées en fin de journée de lundi. Les quatre corps ont fini par atterrir dans la soirée à la morgue de Tizi Ouzou où les examens d’autopsie se poursuivaient encore hier dans la journée, au moment où à, Tadmaït, on préparait l’enterrement. Un enterrement que l’on prépare sur fond, toujours, de rumeurs et de versions des plus plausibles aux plus invraisemblables au point même de prendre parfois des allures de racontars ou de fables. Dans la soirée de lundi, le bureau régional du RCD a rendu publique une déclaration à travers laquelle il réitère “une fois de plus sa demande d’une prise en charge réelle et urgente de la sécurité des citoyens dans la wilaya de Tizi Ouzou” et “appelle les citoyens à rester vigilants pour déjouer toute tentative de manipulation qui viserait à entraîner la région dans un désordre préjudiciable”. Dans la même déclaration, le parti de Saïd Sadi soutient que “le manque de courage politique et l’amalgame entretenu autour de la réconciliation nationale ne font que décourager les Patriotes et les militants engagés pour la défense de la République” et tient à mettre en garde les autorités “contre toute velléité de répression de la population qui légitimement exprime sa douleur”.
Les témoignages qui apaisent les esprits
Dans la même soirée du lundi, des sages du village voisin se seraient présentés aux parents et aux jeunes manifestants comme témoins oculaires de l’assassinat et ont déclaré qu’ils ont vu de loin des hommes barbus, portant des tenues variant entre celles des différents corps de sécurité et celle des afghans connue des terroristes, tirer en direction du véhicule à bord duquel se trouvaient les jeunes victimes. Un témoignage qui laisse supposer que l’assassinat est sans doute l’œuvre de groupes terroristes activant dans la région. Selon les explications des uns et des autres, il s’agirait d’une erreur sur la cible. Les terroristes ont tendu une embuscade à un véhicule similaire qui devait approvisionner un campement militaire implanté dans la région, mais à l’approche du véhicule à bord duquel se trouvaient les victimes, ils ont ouvert le feu, les tuant tous les quatre. C’est la version qui a été défendue par des sages de la région avec comme fort argument l’existence de témoins oculaires.
03 août 2009
Recueillement sur la tombe du camarade Hachemi
Selon une note d'information parvenue à notre rédaction, et envoyée par le MDSL, ce 2 août 2009, une cérémonie a été organisée à l’occasion du quatrième anniversaire de la disparition de Hachemi Chérif au cimetière Miramar de Saint-Eugène. Une couronne a été déposée sur sa tombe et la chronique de Mohamed Benchicou, «La solitude de l’amant» parue dans le Soir d’Algérie du 2 août 2007 a été lue par un membre fondateur du Mouvement démocratique social et laïque devant tous les présents lors de ce recueillement : militant(e)s, sympathisant(e)s et ami (e)s du MDSL, membres du CCDR, anciens militant(e)s du Parti communiste algérien (PCA), membres de la fondation Maillot, membres de la fédération de France du FLN, ami(e)s de Hachemi Chérif de l’audiovisuel, des universitaires de renom, des travailleurs du monde audiovisuel, des citoyen(es), etc.).
02 août 2009
Décès du fondateur du réseau des "porteurs de valises", Francis Jeanson
Le fondateur du réseau des "porteurs de valises" durant la guerre de libération, Francis Jeanson, est décédé samedi à Paris à l’âge de 87 ans suite à une longue maladie, a-t-on appris dimanche de ses proches.
Philosophe français, Francis Jeanson est né en 1922. Fuyant d’Espagne en 1943, il rejoint l’armée française de la Libération pendant la Seconde Guerre Mondiale. Après la défaite du nazisme, son action et son militantisme se concentreront dans son engagement aux côtés des peuples colonisés et de la lutte de la classe ouvrière.
Après le déclenchement de la guerre de libération nationale (1954-1962) et après la publication de "l’Algérie hors la loi", Jeanson afficha sa grande sympathie au Front de libération nationale (FLN) et fonda, en 1957, un réseau de soutien qui porta son nom le "Réseau Jeanson".
Le réseau était constitué d’un groupe de militants français, agissant sous ses directives. Leur rôle principal consistait à collecter et à transporter des fonds et des faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France, d’où leur surnom de "porteurs de valises". Ses activités pour la cause algérienne le contraignirent à verser dans la clandestinité. Il publia une revue de propagande, "Vérité pour", destinée à expliquer le sens de son engagement.
Il s’était vite rendu compte que ni le parti communiste, ni la gauche non-communiste ne souhaitaient se départir d’une attitude prudente à l’endroit de la guerre d’Algérie. Lorsqu’il publia "Notre guerre", en juin 1960, Jeanson était devenu la "mauvaise conscience" de la gauche. Malgré son procès et sa condamnation par contumace, pendant l’automne 1960 — le réseau fut démantelé en février 1960 —, Jeanson poursuivit son combat jusqu’à l’indépendance de l’Algérie.
Gaïd Salah, chef d'Etat Major de l'armée, à constantine, pour organiser la riposte à l’Est
Le déplacement du chef d’état-major de l’ANP, à Constantine, s’inscrit dans la stratégie de lutte contre le terrorisme qui tente de se redéployer en marquant son empreinte avec des actions d’envergure, comme ce fut le cas pour les attentats kamikazes. Le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d'armée, Gaïd Salah, a effectué, jeudi dernier, une visite à Batna, apprend-on de sources bien informées, où il s'est entretenu avec des hauts cadres de l'Armée nationale populaire. Cette rencontre se serait portée sur la situation sécuritaire qui prévaut, actuellement, dans la région des Aurès, notamment l'opération militaire déclenchée depuis une semaine et qui s'est soldée, dans un premier bilan, par l’élimination d’au moins 18 terroristes.
Le chef d'état-major aurait, selon des sources bien informées, insisté sur le renforcement de la lutte antiterroriste ainsi que sur l'intensification des opérations menées à travers les maquis de la wilaya de Batna. Ce n’est pas la première fois que le chef d’état-major de l’ANP se déplace sur le terrain afin de donner de nouvelles instructions aux officiers.
La multiplication des attentats terroristes à l’est et au centre du pays a conduit à une nouvelle approche sécuritaire d’autant que le GSPC qui connaît une véritable saignée dans ses troupes privilégie aujourd’hui la stratégie des embuscades afin de récupérer des armes et des munitions. Cette situation est due à la faiblesse du groupe du Sud qui n’arrive plus à approvisionner les terroristes en activité au Nord en armements. Le durcissement du dispositif de sécurité a inévitablement contraint les groupes armés islamistes à recourir à d’autres formes d’action et ce, après avoir lamentablement échoué dans le recrutement de kamikazes. Le général de corps d’armée s’est déplacé, il y a une dizaine de jours, dans la wilaya de Tizi Ouzou afin d’inspecter le dispositif mis en place d’autant que la région qui est connue pour son vaste massif forestier abrite actuellement d’importants groupes du GSPC. Et l’attentat de Bordj Bou-Arréridj perpétré le 17 juin dernier où près de 20 gendarmes ont été lâchement assassinés, suivi de l’embuscade de Damous à Tipasa, où 23 militaires ont été tués prouvent, si besoin est, la radicalisation des groupes terroristes face aux multiples appels au repentir lancés par les autorités compétentes.
Il faut savoir qu’une opération de ratissage de grande envergure est menée par l’ANP depuis samedi dernier, soit au lendemain d'un attentat terroriste qui avait ciblé un convoi militaire dans la forêt de Kimel au sud de Batna. Deux militaires et deux gardes communaux avaient été grièvement atteints lors de cette attaque. Les forces de sécurité pilonnent, depuis, les massifs des régions de Tafrente et Zaouie, dans la commune d'Arris au sud de Batna. Dans un premier temps, huit cadavres appartenant à des terroristes ont été découverts au courant de la semaine écoulée. La forêt de Kimel, située entre les deux wilayas de Batna et de Biskra, les montagnes de Chlaâlaâ, Timezouagh et Mastaoua dans la région ouest de Batna, ainsi que sur les hauteurs des communes de Merouana, Oued El Ma et Seriana au nord-ouest de la wilaya, ont également été ratissées.
D’importants moyens humains et matériels ont été déployés dans cette offensive qui se poursuit toujours, selon nos sources, pour empêcher une éventuelle fuite des terroristes, vers les maquis des wilayas limitrophes. En effet, la zone située entre les trois wilayas de Batna, Khenchela et Biskra est connue pour être le fief de trois groupes sanguinaires affiliés à Al-Qaïda au pays du Maghreb. L'“émir” de la région est Yahiaoui Abdelali, alias Younes Abou El Hassan. Sous sa coupe activent trois katibate qui sont Al Maout, El Fath El Moubine et Ahmar Khaddou.
Selon nos sources, l'opération en cours dans la wilaya de Batna a été déclenchée suite aux aveux de deux repentis selon lesquels environ 100 terroristes, venus de l'est du pays, se trouvent dans les massifs des Aurès. De plus, les mouvements d'un groupe composé d'une dizaine de terroristes ont été signalés dans les régions de Tafrente et Zaouie (Arris). D’intenses bombardements à l'artillerie, soutenus par un pilonnage héliporté, ont ciblé ces régions. Par ailleurs, selon les mêmes sources, le nombre de terroristes éliminés lors de ces opérations aurait atteint les 18. L’identification des criminels éliminés est toujours en cours.
À Tafrente et Zaouïa, l’ANP a détruit des mines antipersonnel placées par les terroristes comme bouclier afin de les protéger contre la progression des forces terrestres. On apprendra, aussi, que des dizaines de casemates ont été détruites et des quantités importantes d'aliments et de médicaments ont été récupérées.
Enfin, l’on s’attend à ce que le bilan des opérations de ratissage déclenchées depuis plus d’une semaine à Batna soit revu à la hausse, notamment, après la sécurisation et l'ouverture des pistes dans les zones montagneuses de la wilaya connues pour leur topographie compliquée.





















