20 juin 2009

Embuscade meurtrière de Bordj Bou Arréridj, l'édito de Liberté

Que peut-on encore discuter avec ceux qui restent dans les maquis ? Les terroristes qui peuvent se présenter, dorénavant, tachés de sang, ne peuvent prétendre à aucun statut. Aucun.

Ça n’en finira donc jamais ? C’est ce que doivent se dire les Algériens après l’embuscade sanglante contre un convoi de gendarmes que l’émotion interdit de qualifier de “dernier soubresaut” du terrorisme.
Pourtant, l’attentat d’El-Mansour nous renseigne sur la détermination de ceux qui nous tuent, chaque jour, militaire ou civil, à mener jusqu’au bout leur destruction méthodique de la nation. Elle nous renseigne d’autant plus que cette attaque a été menée en “hommage” à un ancien “émir” du GSPC, Nabil Sahraoui, abattu il y a cinq années, jour pour jour, dans la même région par les forces de l’ANP.
Dans le délitement de la mémoire collective, le GSPC prouve que la mémoire, il en a ; il a construit la propre mythologie de ses membres éliminés, a fondé une martyrologie, possède un calendrier qui jalonne ses bilans et glorifie ses anciens “émirs” avec le sang des Algériens.
Cela nous interpelle sur ce qu’on veut faire, nous, de cette mémoire collective face au terrorisme. Doit-on la mettre dans de la naphtaline ? Doit-on la dissoudre dans le bon sentiment du pardon renouvelé ? Doit-on encore adopter une posture évangélique et tendre l’autre joue en approuvant l’infâme amnistie générale ?
Car que peut-on encore discuter avec ceux qui restent dans les maquis ? Les terroristes, qui peuvent se présenter, dorénavant, tachés de sang, ne peuvent prétendre à aucun statut. Aucun. Car les 18 gendarmes tués, enterrés à la fleur de l’âge, ont également le droit à ce que l’État leur érige une statue républicaine. Il ne suffit pas de dire pardon aux victimes. Il faut leur rendre hommage à chaque instant car ils nous donnent, les soldats en premier, leur vie pour l’idéal patriotique.
Et il se trouvera toujours, un esprit politique qui se veut supérieur, pour ressasser cette stratégie inéluctable de la réconciliation nationale. Elle dure depuis plus de dix ans et a réduit, à proportion égale avec les armes, le terrorisme. Maintenant, il s’agit de savoir si elle peut encore tenir la route quand on affirme que le terrorisme est en déclin, voire en voie de disparition.

Posté par mtertag à 15:02 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Guérilla

Ces faits dramatiques montrent que prendre le maquis et attaquer le pouvoir politique et ses représentants est encore une solution pour des factions de la société. Ces actes visent à déconsidérer l'État algérien, démontrer son impuissance, dissuader les investisseurs dont l'Algérie a besoin. L'usage de la force est présumé plus efficace que la résignation pacifique observée par la majorité.
Construire une nation demande du temps. Ceux qui le vivent le trouvent forcément trop long.

Posté par Sceptique, 26 juin 2009 à 16:08

different

Les maquis islamistes en Algérie n'ont plus plus cette couverture politique nationale. cette faction de la société ne fait pas des embuscades pour faire tomber le régime à cause de ses injustices et sa politique dictatoriale. Elle le fait pour servir une cause transnationale, celle de construire un nouveau mur de berlin entre l'orient et l'occident, celle d'attiser les incompréhensions nées des attentats du 11 septembre 2001.
les sanguinaires du maquis algérien sont de trois catégories distinctes :
la première est constituée d'éléments embrigadées par les réseaux djihadistes. ils sont très sensibles à la question moyen - orientale. Ils travaillent pour le compte d'El Qaïda.
la deuxième est constituée de marginaux et de repris de justice. ses actions relèvent du banditisme. Son abjectif est l'enrichissement via le racket, la rançon, le vol de véhicules. Dans l'optique de bénéficier de la politique sur la réconciliation nationale dans le cas où ils seraient appréhendés, ils se couvrent d'une couverture islamiste.
la troisième est entretenue par les services de sécurité pour maintenir l'épée de damoclès suspendue au dessus des têtes algériennes. Cette catégorie fait parler d'elle à la veille d'élections pour ramener les citoyens, surtout ruraux, à mettre le cap sur le vote refuge que propose le système.elle se manifeste aussi lorsque des événements majeurs susceptibles de remettre en cause le régime ont lieu. Le régime maintient cette faction en veille pour justifier le maintien de l'etat d'urgence, synonime de restrictions de libertés, établi depuis 1992.
Quand aux autres pans de la société qui souffrent le martyr en l'enclume de l'injustice institutionnelle et le marteau terroriste, ils prennent leur mal en patience, en attendant le jour J.

Posté par ramdane, 27 juin 2009 à 11:21

Accord

Vous avez raison. Je parlais de factions et non d'un mouvement ne pouvant s'exprimer autrement. Ces ou cette faction cherchent quand même à déstabiliser le pouvoir et à se substituer à lui à la faveur du désordre. Les informations complémentaires que vous apportez sont importantes, surtout la dernière qui est une accusation sévère.
C'est une méthode de contrôle de l'opinion difficile à admettre, même si elle est théorisée.

Posté par Sceptique, 27 juin 2009 à 19:06

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