30 avril 2009
bonne fête

A tout ce qui reste comme force de travail en Algérie j'offre ce petit bouquet en attendant des jours meilleurs
Travailleurs de toute l'Agérie libérez vous !

A la veille de la journée mondiale du travail, et en pleine situation de déprime économique et sociale, agravée par une volonté politique des décideurs d'étouffer toute voix revendicative et une vélliété acrue et tenace de casser tous les ressors de productivité nationale, le comité national de préparation des assises du MDSL vient de nous faire parvenir un communiqué de presse dans lequel il appelle les travailleurs à se libérer du diktat de l'UGTA, imposé avec le soutien et la main forte du pouvoir en place, et à adhèrer au détachement syndical qu'ils estiment représentatif de leurs attentes.
Pour les lecteurs de "Cahiers Algériens", nous mettons à la disposition le texte integral du MDSL :
Pour un syndicat représentatif, autonome
et puissant des travailleurs !
En Algérie, à la veille du 1er mai 2009, le mécontentement et le ras-le bol de la société éclatent sur tout le territoire national. Les manifestations dégénèrent souvent en émeutes sauvagement réprimées par un pouvoir autiste qui masque les effets de la crise par un discours démagogique et étrangle tout espoir au changement démocratique par sa compromission avec l'islamisme politique.
L'UGTA, organisation « syndicale » domestiquée et instrumentalisée par le pouvoir, a définitivement tourné le dos aux intérêts bien compris des travailleurs en brisant toute velléité d'organisation de ces derniers et en cautionnant le recours aux brimades et à la répression à leur encontre.
Pourtant, les travailleurs ne se résignent pas à leur sort. Ils saisiront cette occasion du premier mai pour protester encore une fois contre un chômage endémique qui touche des pans entiers de la société et dont la manifestation la plus monstrueuse est le phénomène des harragas et dénoncer leur condition de pauvreté extrême, la corruption qui a gangrené le pays, les injustices sociales et l'arbitraire dont ils sont victimes.
Dans un contexte extrêmement complexe où pèse une crise mondiale financière sans précédent et où différentes forces centrifuges nationales risquent de conduire le pays à son implosion, la vigilance est de rigueur.
Il appartient cependant, aux travailleurs et à eux seuls, de se libérer du diktat de l'UGTA et de s'affranchir de tout clergé pour rejoindre le détachement syndical qu'ils estiment le plus représentatif de leurs intérêts ou créer les sections syndicales dont ils ont besoin pour organiser leur lutte. C'est de l'organisation à la base des travailleurs que naîtra un mouvement syndical puissant, représentatif et débarrassé de toute tutelle.
Le Mouvement Démocratique Social et Laïque (MDSM), souhaite à tous les travailleurs Algériens et du monde entier, pleins de succès dans leurs luttes pour de conditions de vie meilleures, et pour les libertés syndicales. Le MDSL appelle ses militants, sympathisants et amis à soutenir les actions de l'Intersyndicale Autonome de la Fonction Publique (I-A-F-P) à l'occasion de ce 1er mai 2009.
Vive la solidarité internationale des travailleurs !
Vive le 1er mai !
Alger le 29 avril 2009
P/ le comité national de préparation des assises du MDSL.
29 avril 2009
Le RCD sur la reconduction du gouvernement Ouyahia
La reconduction du gouvernement d'Ahmed Ouyahia par Bouteflika a declenché l'ire du RCD. Ce dernier a rendu public un communiqué au vitriol qui dit toute l'amertume et l'indignation du parti quant à cette enième mascarade servie par Bouteflika. Voici le texte integral.
En reconduisant tel quel un gouvernement qui a stérilisé la nation, le pouvoir algérien délivre un message et avoue une impuissance.
Le message est cru : la secte au pouvoir revendique l'irresponsabilité comme mode de gouvernance. Tant que le prix du baril permet d'entretenir les pléthoriques services de sécurité pour disposer de la rente, le destin du pays devra attendre au grand désespoir des citoyens algériens et des amis de notre pays.
L'aveu est dans l'immobilisme qui a fossilisé le régime. Le refus, ou plus exactement l'incapacité, de faire évoluer les lignes claniques témoigne de l'âpreté des affrontements dans le sérail qui interdisent toute concession ; chacun défendant ses prébendes au prix d'une implacable paralysie.
Que pourra dire à l'étranger un pouvoir qui s'est ridiculisé dans une farce électorale de tontons macoutes ?
Comment oser apparaître parmi les grands de ce monde quand ce même gouvernement a clamé que le génie du grand timonier a mis le pays à l'abri de la crise mondiale avant de l'entendre dire lui-même, le jour de son intronisation, que tout compte fait, les turbulences financières internationales allaient affecter durement la vie des Algériens.
Après avoir déstructuré le tissu social et réveillé les démons du tribalisme, après avoir souillé les repères et les symboles de la nation, le pouvoir algérien ignoré, dénoncé, méprisé ou, dans le meilleur des cas, honteusement toléré par les plus cyniques de nos partenaires, s'offre en bouffon de la politique étrangère et rejoint la liste pitoyable des despotismes déclinant, menaçant d'emporter la collectivité nationale dans son naufrage.
Maintenir en poste les tricheurs du 9 avril c'est gratifier les voleurs d'hier et de demain.
Pour indigne et révoltante qu'elle soit, cette annonce a le mérité de la clarté et accule chacun à prendre ses responsabilités. Il y a longtemps que le RCD a assumé les siennes
25 avril 2009
Le MDSL renouvelle son appel à la rencontre de tous les démocrates
Ayant reçu hier un email, sous forme de commentaire, de la direction du Mouvement Démocratique Social et Laïc nous faisant part d'un communiqué rendu public en date du 18 Avril passé, et après lecture, nous avons jugé utile de le reproduire même tardivement car il est d'actualité et il me sent conforme à la ligne éditoriale des Cahiers Algériens . Nous espérons que, dorénavant, la direction du MDSL nous communique en temps réel leur comptes rendus d'activités pour que nous puissions les diffuser à temps. Les voix démocratiques ont besoins en ces temps de restriction des libertés de tous les voies de communications.
La dernière « élection » présidentielle du 9 avril a démontré encore une fois que le pouvoir ne s’embarrasse d’aucun scrupule pour faire passer en force une candidature au mépris du peuple et des lois qui régissent le pays comme le dernier tripatouillage de la constitution.
Comme aux dernières « élections » législatives et communales de 2007, les citoyens se sont abstenus en masse et le maquillage scandaleux des chiffres s’appuyant sur la vieille ficelle « plus c’est gros, plus ça passe » ne peut cacher ni la réalité des résultats ni la désaffection profonde de la société par rapport au pouvoir algérien.
Au nom de quoi le pouvoir s’arroge t-il le droit de violer la constitution, d’imposer toujours son candidat et d’engloutir des sommes faramineuses dans toutes sortes de dépenses à son profit exclusif ?
A côté de la manipulation des chiffres du ministre de l’intérieur, sont apparues de nouvelles méthodes de fraudes massives comme l’utilisation du transport par bus de personnes étrangères aux communes, grassement payées, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger, dans plusieurs bureaux de vote et le financement de la campagne électorale du candidat du pouvoir par le trabendo, certaines entreprises privées et étrangères. Toutes ces manigances sont faites dans le seul but de fabriquer des images avec les moyens de l’unique ENTV aux frais du contribuable.
Pendant ce temps, le terrorisme proclamé « résiduel » depuis 1996 continue à assassiner soldats et officiers, agents de l’ordre, patriotes et de simples citoyens. Même les massacres collectifs des années 90 comme celui de Tebessa, ont refait leur apparition. Les Madani Mezrag et Droudkel se permettent de souiller la mémoire de Abdelhak Benhamouda, président du CNSA sans que l’UGTA de Sidi Saïd ne réagisse.
Pourtant, le pays est quadrillé par les forces de sécurité d’est en ouest, du nord au sud, et plus particulièrement la capitale et si ce terrorisme « résiduel » continue à frapper et perdure c’est qu’il tire ses capacités meurtrières de la politique de « réconciliation nationale » et des promesses d’amnistie générale aux assassins de milliers d’Algériennes et d’Algériens.
Au niveau social et économique, la situation du pays continue à se dégrader malgré les réserves de change gigantesques (150 milliards de dollars) : aucune vision stratégique du pays, aucun plan d’investissement, explosion de l’informel dans tous les domaines, cherté de la vie avec un pouvoir d’achat faible pour les couches les plus défavorisées et les classes moyennes, logement inaccessible, transport insuffisant, chômage de plus en plus préoccupant, loisirs inexistants, aggravation du phénomène des harragas, émeutes répétitives, encouragement à la résurgence du tribalisme et sectes religieuses (zaouiates) recrudescence de la violence dans les stades, etc...).
Les libertés d’expression, de réunion, de rassemblement, d’édition, de grève, pourtant garanties par la loi de ce même système, sont violées quotidiennement. Cette situation peut conduire à l’implosion de l’Algérie.
A plusieurs reprises le MDSL, le MDS historique, ETTAHADI et le PAGS ont appelé les forces démocratiques à transcender leurs divergences, et à tout faire pour que le rassemblement puisse se réaliser dans toute sa diversité.
Toute la mouvance démocratique a appelé au lendemain de la mascarade électorale du 9 avril à ce rassemblement. L’intérêt général commande de se retrouver autour d’une table ou autour d’une action de masse comme celle du 1er mai prochain pour soutenir l’appel des syndicats autonomes.
Il n’est jamais trop tard de consacrer ses efforts pour atteindre cet objectif. C’est pour cette raison que le MDSL renouvelle sa proposition de rencontre avec toutes les forces démocratiques où qu’elles se situent, organisées ou pas pour réfléchir ensemble à une alternative autre que celle du système et de son allié l’islamisme politique.
A l’occasion de l’anniversaire du printemps berbère, le MDSL rend hommage à la mémoire des victimes des évènements de 2001 et rappelle que Tamazight, langue officielle contribuera à l’émergence d’une Algérie respectueuse de sa diversité et de ses richesses culturelles.
22 avril 2009
Liberté de presse, à quoi joue Bouteflika ?
A l’occasion de la cérémonie de prestation de serment, Abdelaziz Bouteflika, qui traitait les journalistes Algériens de commères de Bains Maures, a tonné à qui voudrait le croire que désormais , la presse sera mise à contribution dans la lutte contre la corruption en lui cédant plus d’espaces de liberté et de manœuvre.
En tenant un tel propos, politiquement correct, Abdelaziz Bouteflika a conféré à son speech les allures d’une confession d’un repenti marmottant ses péchés dans le parloir d’une Cathédrale.
L’adresse du président, tonné à la fin d’une décennie marquée par des emprisonnements de journalistes, de suspension de Titres, de pacifications de lignes éditoriales, de refus inexpliqués d’agréments de publication et de pénalisation de l’acte de presse, sonne plus comme un aveu public de lèse liberté et du débordement intolérable du phénomène de corruption que d’une volonté d’ouverture.
Si la corruption, qui gangrène les institutions jusqu’aux bureaux mitoyens du président, dérange et agace par son amplitude , la suggestion de faire appel à la presse pour l’aider à la combattre sent plutôt le parfum d’une menace à l’encontre de ceux qui ne veulent pas lever pied. Aller jusqu’à la concrétisation d’un tel engagement sur le terrain des libertés serait, pour son équipe et garde rapprochée, synonyme d’exposition fatale au risque d’être mis à découvert. Lui qui surfe sur du velours déroulé par les médias publics et entretenu par une certaine presse mise au pas par les quantités de pub déversés à flots par les institutions et les entreprises des copains et des coquins.
Non, Bouteflika qui a mis au terroir tous les engagements pris en public et avec plus de solennité dans le propos, comme ce fut le cas lors de la création de la commission de la réforme de la justice ou celle d’enquête sur les événements de Kabylie, ne pourra jamais signer l’arrêt de Mort d’un système qu’il a modelé, couvé et entretenu. Ceux qui ont mis du zèle à falsifier le passé ne peuvent prétendre montrer la voie du futur car la liberté de presse est une voie lactée vers un avenir meilleur qui ne peut s'accomoder d'un tel mélange de genres.
20 avril 2009
Marche du MAk à Tizi Ouzou, Glacis brisé
Pour une Kabylie autonome, Bouteflika n'est pas président de la Kabylie, l'Algérie n'est pas arabe, votre repression ne tue pas notre détermination. Bouteflika assassin, Ouyahia est un gouvernement terroriste. Voici quelques slogans parmi d'autres scandés, à gorges deployées, par des milliers de personnes ayant arpenté ce 20 Avril 2009 les principales rues de Tizi Ouzou, capitale de la kabylie.
En dépit du manque de moyens, de la multitude d'obstacles semés par le pouvoir en place, de la pression exercée sur ses dirigeants, comparativement à la marche initiée l'an dernier par le mouvement et le parti du RCD ,le Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie a réussi, par la forte mobilisation enregistrée aujourd'hui, à casser le glacis que tente d'imposer le régime à coups de milliards corrupteurs et de folles rumeurs de fin de cycle de protestations en Kabylie.
Le MAk , et à travers cette démonstration de force, vient de prouver que la côte de mobilisation reste intacte et que la Kabylie reste rebelle et sur le pied de guerre avec le pouvoir central.
Au moment où les partis politiques fortement implantés dans la région semblent hisser le drapeau blanc de la résignation, voila un mouvement, né au plus fort des événements d'Avril 2001marqués par l'assassinat de plus de 126 jeunes et femmes et la mise sur le banc des handicapés à vie de milliers d'autres, qui vient jouer les troublions dans la stratégie de pacification entamée par Bouteflika, et inviter les casseurs des volontés d'émancipation Kabyle à revoir leurs calculs à la baisse.
A la fin de la marche entamée depuis le portail de l'université pour échoir sur la place de l'ancienne mairie, Ferhat M'henni , fondateur et leader du MAK, sous menace de mandat d'amener délivré par la justice Algérienne, s'est adressé à la foule massée et en effervescence, depuis l'etranger et via un téléphone portable amplifié par un mégaphone pour l'exorter à continuer le combat pour l'autonomie de la Kabylie et à ne pas prêter le flanc aux diverses manoeuvres de divisions des rangs des Kabyles concoctées dans les laboratoires du système.
Le secrétaire général du Mouvement, Mouloud Mebarki, et le secrétaire à l'organique, Bouaziz Ait chebib, ont rebondi dans le même sens.
19 avril 2009
Appel du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie
Les Etats Généraux de la Kabylie s'imposent
Demain, la Kabylie célebrera le 29eme anniversaire du printemps berbere. Comme chaque année, les écoliers n'iront pas à l'école mais la mobilisation de grands jours ne sera pas au rendez vous. Pour cause, la déception générale qui a déteint sur la majeure partie de la population suite au tirraillements internes qui caractèrisent le combat politique dans la région, notamment entre les deux factions rivales que représentent le FFS et le RCD. Une situation qui a permis une incursion inattendue et impensable du pouvoir politique d'Alger longtemps combattu par la région.
Si des irreductibles marcheront demain dans les rues de Tizi Ouzou, de Béjaia et de Bouira, spécialement ceux du MAK, il n'y a pas de quoi pavoiser, car le climat d'indifference senti ces jours ci dans toute la région n'augure rien de bon. Le pouvoir maffieux, une musette pleine de fric à la main, a réussi de diluer un tant soit peu l'esprit rebelle de la Kabylie.
Le constat est amer mais les Kabyles peuvent ressurgir pour peu que son élite politique se ressaisisse et profite de cette désertion populaire pour marquer un temps d'arrêt , faire un travail d'auto - analyse et revoir ses stratègies de lutte. Le FFS et le RCD doivent comprendre qu'une marche en rangs dispersés ne les ménera que vers des recifs incertains. Des Etats Généraux de la Kabylie s'imposent.
17 avril 2009
Le système politique Algérien, Mode d'emploi
En imposant par la force et le bourage des urnes Abdelaziz Bouteflika à la tête de l'Etat, et pour la troisième fois consécutive, le pouvoir militaro - politique d'Alger a réussi la maintenance sur orbite d'un système vieux de 47 ans. Pour gagner le pari de mettre, à chaque fois, l'homme qu'il leur faut, les vautours d'Algérie usent d'une recette axée sur des procédés mariant des methodes staliniennes et des stratègies maffieuses.
La repression
Pour assoir sa mainmise, le pouvoir militaro - politique commence par un coup de force dont le cycle a pris l'elan, en 1957, en pleine guerre de libération, avec l'assassinat de Abane Ramdane , architecte de la révolution, principal animateur du congrès de la Soumam et farouche defenseur du principe de la primauté du civil sur le militaire dans ses projections du futur Etat algérien indépendant. Le coup de force sera caractérisé ensuite par une série de coups d'Etat, tantot brutaux, tantot blancs, d'assassinats d'hommes historiques osant défier l'ordre établi à l'instar de Mohamed Khmisti, Krim Belkacem, Mohamed Khider, Said Abid, Chabani, Mohamed Boudiaf...etc, sans compter les miliers de militants du FFS en 1963, la repression sanglante de toute voix discordante( les évenements du printemps berbere en 1980 et du printemps noir de 2001 en Kabylie où pas moins de 126 jeunes froidement assassinés par la gendarmerie nationale, les événements de constantine en 1983, ceux de la Casbah en 1986, ceux d'Oran en 1986, ceux, d'une rare férocité, de Ghardaia en juin 1985 ...), l'emprisonnement et la torture d'hommes de droits de l'homme comme se fut le cas lors des divers évenements de Kabylie ou des évenéments d'Octobre 1988.
L'intox
Quand la repression ne paie plus, le système militaro - politique use et abuse d'une politique d'intox infernale. Ainsi, le pouvoir Algérien distille dans les régions arabophones, à chaque début de mouvement de contestation en kabylie, les folles et invraisemblables rumeurs, selon lesquelles les kabyles incendient le Coran et reclament une scission. Biensur, l'Etat prend le soin de boucler tout le territoire rebelle pour ne rien laisser filtrer et s'acharne à étouffer les revendications à coups de matraques , de balles et simulations de noyade. Ayant compris très tot le caractère rétif de la Kabylie, le pouvoir s'emploie à faire de l'anti-kabylisme une stratègie de communication et un alibi de maintien au pouvoir.
Le vérouillage médiatique
Lors du regne du parti unique , le pouvoir controlait toutes les lignes éditoriales et les comités de censure étaient jusqu'aux portes de ports et d'aéroports. Tous les murs semblaient avoir les oreilles des Services. Après le lefting pseudo - démocratique , le paysage médiatique a connu une mini révolution dans le domaine de la presse écrite mais , dans l'audiovisuel les choses n'ont pas bougé d'un pion. Les JT sont toujours des voix de propagande du sytème. Seuls les journaux privés nés dans la parenthèse 1988 - 1992 bénéficient d'une certaine liberté de temps mais ce luxe a malheureusement un prix fort. Les journalistes sont des abonnés permanents des tribunaux et les fragiles entreprises de presse sont souvent soumises au dictat des imprimeurs et du fisc. Après le coup dur asséné au journal Le Matin , la tendance va malheureusement, et de plus en plus, à l'auto- censure.
Le vérouillage politique
Incapable d'endiguer le cycle des échecs économiques et sociaux, le pouvoir fait dans le verrouillage politique. Il maintient l'Etat d'urgence, decrété au début 1992, interdit les marches de contestations pacifiques à Alger, multiplie les embuches pour toute activité politique des partis agréés, refuse d'agréer des partis politiques légitimement créés, fait chanter les associations et les acteurs de la société civile ...
la fraude électorale
Pour légitimer leur maintien au pouvoir,le pouvoir militaro - politique nous désigne un candidat et le légitime par le recours à des élections truquées et entachées de fraudes massives. Idem pour les élections locales et parlementaires, où des quotas semblent répartis d'avance faisant briller une vitrine de démocratie pourtant de façade.
Le chantage
Faisant vivre aux populations rurales une décénie noire , faite d'assassinats collectifs, de viols, de rapts et d'exirpations de fonds, le pouvoir militaro - politique algérien fait dans le chantage en envoyant chez eux des commis de l'Etat, des reponsables militaires locaux et des clients avérés du régime leurs expliquer que la fragile paix revenue est dûe à la continuité du système et qu'un changement de régime est porteur de risques pour leur vie. Come quoi, la survie des populations martyrisées est à l'ombre de la casquette et des rangers.
La corruption
Riche de sa mainmise sur les recettes des hydrocarbures, le pouvoir corrompt un bon nombre de personnes . Les sommes colossales déboursées lors des dernières élections présidentielles pour acheter des voix renseignent amplement du degré d'engagement du système sur cette voie dangeureuse. Même les entreprises privées n'ont pas échappé à l'effort de sape politique. Pressées par le régime, sous menace de représailles , les patrons n'ont pas trouvé mieux que mettre la main à la poche pour contribuer à cette entreprise de pacification sans précédent.
Moussa Tertag
16 avril 2009
Florence Beaugé, du Monde, parle des présidentielles Algériennes
L'interview accordée par Florence Beaugé, envoyée spéciale du monde et fine observatrice de la vie politique Algérienne, à des internautes nous a semblée fort interessante pour la reproduire integralement ici.
Virginie : N'est-il pas étonnant que le taux de participation soit si élevé compte tenu des nombreux appels au boycott ?
Florence Beaugé : Il s'agit du taux de participation officiel. Je pense en effet que les Algériens n'ont pas voté aussi massivement que ce que les autorités algériennes aimeraient laisser croire. Je suppose qu'en effet les appels au boycott ont joué dans le sens de la non-participation, mais c'est beaucoup plus encore le désintérêt pour la politique qui a conduit les électeurs à ne pas se rendre aux urnes. Même s'il n'y avait pas eu d'appel au boycott, je pense que le taux de participation réel aurait été faible. Les Algériens ne croient plus à ce qu'ils considèrent être un simulacre de vie démocratique.
Virginie : Quelle devrait être la réaction des partis d'opposition ?
L'opposition réelle, essentiellement le FFS (le Front des forces socialistes) et le RCD (le Rassemblement pour la culture et la démocratie), a déjà réagi violemment, hier soir et ce matin, en dénonçant le taux de participation exagérément gonflé, en parlant d'industrie de la fraude.
L'autre opposition, les partis qui ont accepté de jouer le jeu tant bien que mal et de concourir à cette élection présidentielle, émet aussi des critiques depuis ce matin, mais sur un ton un peu plus mesuré. Elle dit qu'il y a eu des abus, des dépassements perpétrés avec l'aide de l'administration un peu partout dans le pays.
De toute façon, la voix de l'opposition est assez peu audible en Algérie, puisque les médias "lourds", la radio et la télévision nationales, ne leur ouvrent pas leur antenne. Il n'y a que la presse écrite privée qui se fait vraiment le relais de leurs critiques. C'est un peu comme en Tunisie, ce sont des critiques qui finalement ne sont entendues que par une élite, pour l'essentiel. Quoiqu'il y ait des chaînes de télévision comme Al-Jazira qui lui ouvrent leur antenne et contribuent un peu à faire entendre ses protestations dans le monde arabe et dans son propre pays.
cabilia : L'Etat algérien avait invité les observateurs étrangers pour ce scrutin. On nous a parlé de la Ligue arabe, de l'Union africaine… Mais qu'en est-il des observateurs des Nations unies, de l'UE ? Ont-ils été présents sur le terrain ? Quelles sont leur conclusions sur ce scrutin ?
A ma connaissance, les observateurs européens n'avaient pas été invités à venir. Et, de toutes façons, ceux qui avaient été invités, comme la Ligue arabe et l'Union africaine, avaient je crois un pur rôle d'observateurs, et pas du tout de contrôleurs des opérations. Donc il me semble que c'était plutôt une présence symbolique.
jazzari : Quelles sont les intentions de l'Etat français, qui n'a pas attendu la confirmation des résultats par le Conseil constitutionnel pour féliciter par deux fois (ministère des affaires étrangères et Nicolas Sarkozy) le "nouveau" président algérien ?
Je ne suis pas représentante du gouvernement français, et de plus, je suis en Algérie. Mais il me semble que, de toute façon, cela fait partie des usages protocolaires que de féliciter un nouveau président, et à partir du moment où on ne fait pas de commentaires dithyrambiques sur la façon dont se sont déroulées ces élections, un pays étranger peut difficilement faire autre chose.
Ce qui me choque, c'est quand on en rajoute. Par exemple quand le président Sarkozy, et avant lui Jacques Chirac, décerne des brevets de bonne conduite en matière de démocratie au président tunisien Ben Ali. Là, cela dépasse à mon avis les usages protocolaires.
RACHID : Comment expliquez-vous cette cohabitation paradoxale entre une liberté de la presse certaine et un verrouillage du pouvoir politique ?
C'est vrai que c'est un des paradoxes les plus étonnants de l'Algérie. Mais la presse algérienne voit sa marge de liberté se rétrécir depuis cinq ans. Et cette marge va encore se rétrécir dans les années qui viennent, pendant le troisième mandat, me semble-t-il. Je crains aussi que si on lui laisse cette marge de manœuvre, c'est parce qu'on pense qu'elle a une influence limitée et qu'elle n'atteint pas toutes les couches de la population algérienne, notamment dans les coins les plus reculés.
Car les médias publics, radios et télévisions, eux, sont sacrément bridés et contrôlés, et il n'est toujours pas question de donner l'autorisation d'ouverture de télévisions privées. L'audiovisuel reste public et étroitement contrôlé par le pouvoir. Donc le paradoxe, en fin de compte, est plutôt apparent que réel.
Mehdi_l_etudiant : Est-ce qu'on vous a laissé travailler en toute liberté en tant qu'envoyée spéciale du Monde depuis que vous êtes en Algérie ?
Cela fait neuf ans que je viens régulièrement en Algérie. Et je trouve que dans l'ensemble, oui, on me laisse vraiment travailler. Beaucoup plus, par exemple, que dans un pays comme la Tunisie. Ce que je déplore en Algérie, c'est qu'il y a deux moyens de limiter, d'une certaine façon, le travail des journalistes étrangers.
D'une part, la délivrance des visas au compte-gouttes. Là, par exemple, j'ai attendu plus de six mois pour obtenir un visa. D'autre part, quand on est enfin sur place, on rencontre un formalisme bureaucratique qui empêche d'avoir accès facilement à l'information ou aux responsables du pouvoir. Donc on se retrouve finalement souvent, quand on est sur le terrain, face à un mur de silence, et c'est ça qui me gêne le plus en Algérie. L'opposition parle facilement, on y a accès sans problème, mais le pouvoir, lui, reste toujours dans l'ombre. Et en ça, le travail d'un journaliste, algérien ou étranger, est difficile. Mais je n'ai jamais souffert en Algérie d'intimidations ou de menaces, comme j'y ai eu droit dans d'autre pays.
bina_1 : L'âge du président ou son état de santé (il avait été hospitalisé au Val de Grâce pour des problèmes sérieux…) ont-ils été évoqués lors de la campagne ?
Je ne crois pas qu'il ait été évoqué par la presse algérienne. Et ce n'est pas une question de censure, c'est une question de culture. Par respect pour le chef de l'Etat, les journalistes n'osent pas trop aborder cette question, alors que nous, la presse étrangère, on met souvent les pieds dans le plat. Et quand on le fait, je sens que ça choque et que ça déplaît en Algérie.
Dans tous les cas, ce n'est pas l'âge du président Bouteflika qui pose problème. Un homme de 72 ans est encore pour longtemps en état de conduire un pays. Son état de santé, lui, c'est vrai, reste un peu un mystère. Bouteflika a été manifestement très malade ces dernières années. Il va visiblement beaucoup mieux. Mais tous ceux qui l'approchent disent qu'il a quand même des moments de fatigue visibles. Il reste que, pendant les trois semaines de campagne électorale, il a manifesté une énergie assez étonnante.
kb57 : Des rumeurs prétendent que Bouteflika ne terminera pas son mandat pour laisser la place à son frère Saïd, qu'en pensez-vous ?
Tout le monde se pose la question en Algérie, sans oser le dire ouvertement : est-ce que le président Bouteflika aura la santé pour aller jusqu'au bout des cinq années ? Je suis bien incapable de répondre. Je crois que personne, pratiquement, mis à part ses frères, en particulier son frère médecin, ne connaît la réponse.
En revanche, pour ce qui est de Saïd, son autre frère, qui lui sert de conseiller en communication et de grand chambellan à la tête de l'Etat, je crois que c'est une rumeur assez farfelue, et que ni le président Bouteflika ni son frère Saïd n'y pensent sérieusement. C'est un bruit qui circule en Algérie, mais personnellement je n'y ai jamais cru.
Virginie : Qu'en est-il de la succession de Bouteflika ?
C'est un vrai problème, qui angoisse les Algériens. On a pensé l'année dernière que dans la réforme de la Constitution, qui est intervenue à l'automne 2008, un poste de vice-président allait être créé. Et finalement, ça n'a pas été le cas. La réforme constitutionnelle a essentiellement consisté à faire sauter le verrou du deuxième mandat, qui empêchait un chef de l'Etat de se présenter une troisième fois. Mais il n'a pas été question de la création d'un poste de vice-président. Et ce n'est pas dans le caractère de Bouteflika de se désigner un dauphin.
Virginie : On a beaucoup dit que sa réélection avait été le fruit d'un accord passé avec les généraux : il abandonnait la mainmise sur le choix de son successeur et il restait au pouvoir…
Une chose est sûre : l'institution militaire, qui est au cœur du "système" en Algérie, a donné son accord pour un troisième mandat de Bouteflika. Rien ne se fait sans son aval, aujourd'hui comme hier. Est-ce qu'il y a déjà pour autant un successeur désigné à Bouteflika en cas de problème de santé ou pour l'après-Bouteflika ? Je pense qu'il y a plutôt des hypothèses, et pas un choix arrêté. Evidemment je peux me tromper, je ne suis pas dans le secret des dieux.
Camille : Alors que la question des disparus reste un problème prégnant de la société algérienne, pour quelles raisons, selon vous, cette question a-t-elle eu du mal à émerger au cours de la campagne et notamment dans la presse ?
Je crois me souvenir qu'il y a eu deux référendums sur la question de la réconciliation nationale, et qu'il est maintenant pratiquement interdit de soulever cette question, sous peine de porter atteinte à l'ordre public. En principe, on ne doit plus maintenant parler de cette question des disparus.
Donc le problème est double : d'un côté, il reste un noyau de familles, des mères souvent, qui continuent de réclamer la vérité, mais il est de plus en plus restreint, car cela fait des années qu'elles ont cette exigence sans être entendues. D'un autre côté, il y a une forme de lassitude de la part des journalistes à remettre souvent ce dossier sur le devant de la scène alors qu'en principe ils n'en ont plus le droit. Et quant à la classe politique – si l'on peut parler de classe politique en Algérie –, elle se garde bien de soulever cette question tellement elle est brûlante. C'est une question explosive, tout le monde le sait. D'autant plus qu'elle touche à l'armée et aux services de sécurité.
KarimMontreal : Est-ce que les blocages actuels et le désespoir de la jeunesse pourraient mener à une instabilité plus grande voire à une révolte généralisée ?
Depuis neuf ans que je viens en Algérie, je crains ça. Et curieusement ce n'est encore jamais arrivé. Il y a des foyers de révolte qui éclatent un peu partout dans le pays. Longtemps, ces sortes de jacqueries se sont limitées aux localités du nord de l'Algérie, mais depuis trois ou quatre ans elles touchent le centre et le sud.
Ces derniers jours, juste avant de venir à Alger pour l'élection présidentielle, j'étais à Ouargla et à Hassi-Messaoud, où se trouvent les puits de pétrole et toutes les richesses de l'Algérie, à 1 000 km au sud d'Alger, en plein désert du Sahara. Quand je suis arrivée là-bas, j'ai découvert que la ville avait été secouée par trois jours d'émeutes violentes, déclenchées au lendemain d'une visite du président-candidat Bouteflika par la mort d'un vieux monsieur de 80 ans tué sur la route par un chauffard. C'était évidemment un accident tragique, mais qui ne justifiait pas que les émeutiers descendent dans la rue, pillent, cassent, incendient.
C'est dire à quel point n'importe quel prétexte est bon pour les jeunes chômeurs d'exprimer leur révolte, leur colère, et je dirai même leur désespoir. Ces jeunes défilaient dans les rues aux cris de "Où passe l'argent du pétrole ?". Et ce n'était pas un slogan lancé par hasard, puisque les richesses nationales en hydrocarbures viennent de cette région.
bina_1 : Le projet économique du président (fondé sur des réserves de change issues de la manne pétrolière) va-t-il se poursuivre malgré la crise ? Fait-il débat dans le pays ?
Je pense que la question concerne le nouveau plan de relance annoncé par le président Bouteflika de 150 milliards de dollars pour les cinq années à venir. Pendant ses deux premiers mandats, le président Bouteflika a surtout consacré les ressources tirées de la manne des hydrocarbures à des travaux d'infrastructures qui manquaient dans le pays, comme des routes, des autoroutes, des barrages, des transports publics, etc. Cette politique des grands travaux était sans doute nécessaire, mais elle n'a pas créé d'emplois durables. Je crois que le président Bouteflika en a tout à fait conscience et qu'il va y avoir une orientation économique différente pendant son troisième mandat. C'est du moins ce que dit son entourage.
Le problème en Algérie, c'est qu'il y a tout à faire à la fois : il faut encore construire un peu plus de trois millions de logements pour endiguer la crise, mais il faut aussi créer des emplois puisqu'à peu près 27 % des jeunes sont au chômage. Il faudrait aussi améliorer le niveau de l'éducation et de la formation. De nombreux dossiers peuvent à juste titre être considérés comme des urgences. Le défi est de rendre l'espoir aux Algériens, qui réellement ne croient plus à rien. Depuis neuf ans que je viens ici, je vois qu'il y a des choses qui avancent, mais les gens sont tellement pris dans les difficultés de la vie quotidienne, en particulier le coût de la vie, les embouteillages, l'absence de logements, l'absence de perspectives, qu'ils voient tout en noir.
Un exemple : aujourd'hui, à Alger et dans pratiquement toutes les villes algériennes, il y a de l'eau qui coule dans les robinets 24 heures sur 24 ; il y a encore cinq ans, à Alger en tout cas, dans beaucoup de quartiers, les gens avaient de l'eau un jour sur deux ou sur trois, et c'était leur cauchemar quotidien. C'est déjà un problème de réglé. C'est un petit exemple qui montre que les choses avancent, mais les gens n'ont plus la patience d'attendre. Et je les comprends.
oranais : Quelles sont, selon vous, les raisons de l'absence d'une réelle alternative en Algérie ?
Je pense que le pouvoir ne veut pas laisser émerger d'alternative, et c'est un peu le fond du problème. Depuis l'échec de la prise de pouvoir par le FIS, le paysage politique est totalement verrouillé. Non seulement le pouvoir ne veut pas voir revenir l'islamisme politique en force, mais il empêche l'émergence de nouvelles figures ou de nouveaux courants démocratiques qui seraient capables de représenter la société civile. L'absence de solution et de perspectives tient à ça.





















