14 février 2009
Lettre à la Sénatrice des Bouches-du-Rhône
Ali Bensaad vient de publier dans les colonnes d'El Watan une lettre ouverte à Mme Samia Ghali Sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône. L’auteur est Maître de conférences à l’université de Provence UFR géographie (29, av. Robert Schuman, Aix-en-Provence) et enseignant chercheur au CNRS Iremam (5 rue du Château de l’Horloge, Aix-en-Provence).Cahiers Algériens reproduit l'ingralité de la lettre :
" Les propos que vous avez tenus à la radio Beur FM sur le président algérien Bouteflika vous confèrent la triste exclusivité d’être l’unique élue d’un pays démocratique à monter explicitement au créneau pour défendre un dictateur en reprenant à votre compte ses arguments justifiant son refus de l’alternance. Vous justifiez son viol de la Constitution pour installer une présidence à vie : « Il n’y a personne qui peut lui succéder. » Savez-vous que vous mettez dans la bouche d’une élue l’argument premier de tout dictateur pour dépouiller les peuples de leur droit au choix ? Vous vous égarez encore plus en justifiant pour lui un nouveau mandat qui, selon vous, « va l’aider à préparer son successeur ». Vous lui reconnaissez donc le droit de choisir pour le peuple et à sa place celui qui le dirigera. C’est insulter tout à la fois la démocratie qui vous a faite et l’intelligence du peuple algérien. Ou bien reprenez-vous à votre compte l’idéologie coloniale pour qui la démocratie n’est pas faite pour les « indigènes » ? Vous nous vendez un homme « au cœur de la vie politique mondiale et locale... attentif au monde qui est en train de changer, aux nouvelles générations, à l’arrivée d’Obama ». Il serait peut-être utile de vous rappeler que Bouteflika est arrivé au cœur du pouvoir algérien à quelques mois de l’année où Obama est né et qu’il y demeure à ce jour, que sa « sensibilité aux nouvelles générations » a consisté à se tailler une Constitution pour une présidence à vie dans la même semaine où Obama est élu. Et alors que ce dernier déclarait incarner le changement, à quelques heures près, M. Bouteflika lui faisait écho en fustigeant la limitation de mandats comme « antidémocratique » !!! Même quand elle semble balbutier, l’histoire fait des clins d’œil pour indiquer son sens.
On entend bien dans vos propos la fascination. Pour vous aider à déciller les yeux, je veux bien vous rappeler que l’homme qui vous a séduite et qui est au pouvoir bien avant que les Noirs d’Amérique accèdent aux droits civiques qui ont enfanté Obama est le même homme qui a dirigé l’Algérie depuis près d’un demi-siècle dont une décennie sans partage et un état de siège qui dure depuis 20 ans. Le résultat ? Une situation catastrophique que personne ne conteste – chômage, pauvreté, émeutes, persistance du terrorisme, corruption à une large échelle – alors que le pays n’a jamais rêvé d’être aussi riche : ses réserves de change représentent 200% de son PIB (pour la France, le rapport n’est que de 2%). Dans ce pays où la majeure partie de la population n’était pas née quand M. Bouteflika est arrivé au pouvoir, le désespoir ronge la jeunesse : aux attentats suicide font écho les harraga qui « votent avec leur pieds », bravant la mort sur des embarcations de fortune. C’est au peuple algérien de forger son destin comme le fit le peuple français qui a enfanté de sa démocratie dans la douleur. Mais de grâce, Madame, à défaut d’aider ce peuple, évitez au moins de faire de l’ingérence pour le pire. Si Obama est le président noir qui incarne l’espoir du renouvellement pour l’Amérique, Bouteflika est le Mugabé blanc de l’Afrique, fossoyeur d’espoir et désirant le rester quand bien même il a déjà un pied dans la tombe. Démocratiquement vôtre."
allons nous vers une élection à la soviètique ?
Enfin, Abdelaziz Bouteflika a mis fi n au faux suspens sur sa représentation pour la troisième fois en tant que candidat - gagnant d’avance - à la présidentielle. Contrairement aux fois précédentes, le candidat du système n’aura personne d’envergure en face. Les opposants capables de lui porter la tocade se sont tous retirés de la course jugée biaisée dès le départ. La couverture privilégiée dont il a bénéficié lors de l’annonce - Show de jeudi passé par l’unique chaîne de télévision Algérienne donne l’avant goût du parti pris de toutes les institutions de l’Etat en la faveur de l’homme fort d’El Mouradia.
Lors du discours tenu jeudi devant l’assistance composée essentiellement d’adhérents d’associations, créées et entretenues pour servir de relais et d’outils de propagande, et de certains apparatchiks du système qui entretiennent le rêve de revenir au conseil de la famille gouvernante, Le président - candidat s’est étalé plus en président déjà proclamé qu’en prétendant en début de course.
Vraisemblablement hanté par le spectre de l’abstention massive qui atteindrait, selon les prévisions, les 90 %, Bouteflika a martelé sans conviction qu’on ne peut prétendre être président si l’on n’est pas accrédité de la majorité écrasante des voix populaires.
Pourquoi une telle allégation ? Celui qui refuse d’être un trois quart de président a-t-il lancé le signal à ses parrains qu’il ne tolérerait pas un fort rejet de la consultation et qu’il jetterait le tablier si un tel scénario venait à se confirmer ? A-t-il exigé de ses sponsors un fort taux de participation pour qu’il se porte candidat et qu’il prend l’opinion publique à témoin en cas de manquements aux engagements qu’ils auraient pris dans les coulisses ? Les décideurs ont-ils pris le ferme engagement de bourrer les urnes pour satisfaire l’ego du président ?
En tout cas, l’établissement d’une liaison directe entre la qualité d’un président et le taux de voix accordées par le peuple n’est pas fortuit. Il sonne comme un avertissement à qui de droit.
Bouteflika exige un suffrage à la soviétique. Faute de quoi, il se donne le droit d’une éventualité qu’il juge opportune.
Ira -t- il jusqu’au bout de sa vision de la fonction présidentielle ? Assisterons nous à la soviétisation de la présidentielle ? En tout cas, l’absence d’observateurs internationaux sérieux comme l’Union Européenne et l’OCDE et le boycott de l’opposition effective plaide pour le pire.
11 février 2009
Fin de mandat sans serment
Le 12 Novembre passé, le président de la république a procédé à la révision de la constitution. La limitation des mandats a été annulée et le statut de la femme a été remodelé. Si l'opportunité de tels rafistolages ont été decriés par l'opposition qui a qualifié la procédure engagée de putsh blanc et de velléité de se scotcher indifiniment au pouvoir, un vide constitutionnel n'a pas été signalé.
En effet, après l'amendement opéré, le président de la république se retrouve avec une fin de mandat sans la contrainte de prestation de serment. Si Bouteflika a prêté serment, lors de son investiture en 1999 et 2004, de respecter la constitution, les articles amendés dernièrement ne sont pas inclus du moment que le serment enregistré dans les roles de la république concerne la constitution dans sa mouture précédente. Certes, le texte constitutionnel en cours et dans le texte de serment, il n'est pas fait réference au respect mais à la défense de la constitution, l'inclusion de la notion du respect doit figurer dans la prestation pour se prémunir de dérapage et d'abus de pouvoir éventuel. DAns une éventuelle procédure de destitution et de justice, Bouteflika pourrait faire valoir le fait de n'avoir jamais prêté serment pour le respect de la constitution telle qu'elle est en vigeur en ce moment même. Autrement dit, les droits des femmes acquis en vertu de la nouvelle mouture pourraient être bafouillés par le président dans cette intervalle de temps qui nous sépare du prochain mandat sans qu'on puisse lui reprocher un délit de parjure.
Le président Bolivien, Morales, a tenu à refaire son serment après l'amendement de même type. Barak Obama a refait sans perte de temps son serment après le cafouillage de la serémonie initiale. L'interet porté à cette procédure est dictée aux amériques par la force de la valeur qu'a le serment dans ces contrées à fortes croyances chrétiennes. Dans notre pays, géré par le mensonge et le reniement des engagements, la prestation de serment est une contrainte vide de tout sens. D'où la légéreté de l'acte dans l'esprit de nos législateurs.
09 février 2009
Bientôt les écoliers en campagne électorale
Il
y a dans le propos du dépit et du mépris. Soltani est dépité par
l’abstention annoncée des Algériens, mais il éprouve de l’arrogance à
l’endroit d’électeurs auxquels il ne doit pas sa position.
Alors, il perd son sang-froid, se défait de la couverture de la langue
de bois et, répondant à la défiance par la bravade, il lance à la
figure de millions de téléspectateurs cette vérité que tout le monde
sait, mais que peu de responsables osent assumer : “Qu’on vote ou qu’on
s’abstienne, le Président sera élu !”
In ira veritas !
Mais à
observer l’activisme des autres ministres, le pouvoir ne veut pas se
suffire de cet attribut, que lui confère sa mainmise sur les
institutions, de nommer qui il veut sans tenir compte de la volonté
réelle de la population.
Les promesses sont revues à la hausse et
toutes les institutions sont engagées dans des tâches qui,
habituellement, reviennent au volontariat militant. Le ministère de la
Formation professionnelle attirait les stagiaires dans un meeting
électoral et celui de l’Industrie réunissait les sociétés de gestion du
secteur économique public pour les appeler à se tenir prêtes à
contribuer à la campagne électorale.
Mais l’initiative la plus
remarquable est à mettre à l’actif du secteur de l’éducation nationale.
Un confrère a rendu compte d’une circulaire surréaliste qui appelle les
administrations de l’enseignement à mettre les écoliers à contribution
pour la réussite de l’opération électorale.
L’école va se muer pour
le trimestre à venir en réseau de comités infantiles de campagne
électorale. Le principe de soumettre le programme scolaire aux
exigences d’une échéance politique constitue en lui-même une aberration
pédagogique, mais, en plus, et par certains aspects, le programme
soutenu par la circulaire de Boubekeur Benbouzid comporte une
pernicieuse instrumentalisation des enfants contre une éventuelle
intention abstentionniste de leurs parents ! Les écoles devront
programmer des activités “scolaires” qui semblent plus destinées à
inciter, par élèves interposés, les parents à s’impliquer dans
l’opération électorale. Elles doivent organiser des élections
d’écoliers “dans les différentes assemblées”, leur confier des devoirs
de maison et les faire participer à des concours sur le thème des
élections. Il est même suggéré de leur demander des travaux qui les
obligeraient à se faire accompagner par un parent au… centre de vote !
La
pratique n’est pas sans rappeler celle de l’intégrisme qui consistait à
pousser l’enfant à s’enquérir de la piété de ses parents en lui
commandant, par exemple, des bouchons de liège pour vérifier si l’on
consomme du vin dans sa famille et transmettre le sermon adéquat par
gosse interposé.
La circulaire en question ne se cache pas
d’ailleurs de viser à transmettre le message du devoir électoral “de la
communauté scolaire vers la famille et la société”. L’aplomb de Soltani
ne nous protège pas de l’audace de Benbouzid.
L’embrigadement
programmé de l’école, y compris dans son compartiment primaire, est
significatif du désarroi politique du régime. Cette panique de
l’abstention semble l’autoriser à user des moyens les plus malsains
dans sa quête de l’électeur.
Attention, danger ! Les enfants-militants, ce n’est pas si loin des enfants-soldats.
Mustapha Hammouche
08 février 2009
L'équipe électorale de Bouteflika en Kabylie se précise
A quinze jour du derniers délais de retrait de formulaires de candidature à l'élection présidentielle, l'équipe qui ménera campagne électorale pour le compte de Bouteflika se précise. En plus de Abdelmalek Sellal qui prendra la direction du staff, un député proche de la coalition au pouvoir, rencontré par mes soins aux abords du parlement à Alger m'a confirmé la présence de l'ex- DG de la télévision nationale, Hamraoui Habib Chawki et du président de l'UDR, Amara Benyounes. Selon notre interlocuteur, HHC sera vraisemblablement le porte parole du staff et que Amara Benyounes s'occupera de la vente du produit Boutef en Kabylie. S'agissant cette dernière région qui risque de boycotter massivement la consultation en raison de l'absence de candidats issus du RCD et du FFS, fortement implantés en Kabylie, le clan de Bouteflika a placé l'actuel directeur de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou, Ould Ali El Hadi, pour accorder les violons ded ce qui compte la wilaya de Tizi Ouzou comme supporteurs du président en exercice. L'information vient de m'être confirmée par , Djaffar Abdedou, un ex-détenu du mouvement citoyen et principal animateur du mouvement berbere à Bouira et qui a été contacté vendredi soir par Ould Ali en vue d'integrer l'equipe de campagne.
07 février 2009
societe
culture
Sarkosy corrige Bouteflika
L'intervention de Sarkosy dans la spéciale " Face à la crise " , même si j'émis des reserves que je juge légitimes sur la manière d'appréhender la crise qui secoue la France et le monde, m'a donné enfin la consolation de l'avoir suivi de bout en bout. la raison du satesfecit est dans la dernière ligne droite de son intervention. En abordant l'éventualité de sa re- présentation à la magistrature suprême, et même si son adresse n'est pas directement orienté vers Bouteflika, il a donné aux maitres d'Alger une leçon magistrale sur l'alternance au pouvoir et sur le ridicule qui couvre la véléité de se cramponner à vie à un siège de commande. Pour cet eclairage, et au nom de tus les Algériens qui aspirent à une place au soleil , je vous dis merci et mille merci, Monsieur Sarkosy. Oui, le rempilement se fait sur la base des résultats et non par émotion aux danses du ventre des corrompus et autres rentiers sans scrupule. Oui, la hauteur d'un président passe par la sagesse de laisser place aux jeunes, et dieu sait combien de compétences renferme notre jeunesse qui représente plus de 78 % de la population algérienne. Merci Monsieur Sarkosy d'avoir dit haut et fort ce que les milions d'Algériens veulent dire aux vautours d'Alger et je vous serai gré si vous cessez d'entretenir le lien honteux avec un régime qui ne fait pas route avec votre conception de la république et de la démocratie.
02 février 2009
Mâle et femelle en Algérie
L'Algérie n'a pas à mener l'enquête sur le scandale qui a eclaté dans l'ambassade américaine. Zerhouni semble détenir la version exacte des faits. Selon lui, l'Américain Waren a violé deux femmes Algériennes pour que le lendemain elles lui soient soumises et répondent à toutes ses sollicitations en matière de renseignements. ainsi, Deux femmes, toutes ordinaires, n'ayant aucun accès direct aux dossiers sensibles du pays et qui n'ont de particularité que celle d'avoir croisé Waren dans un café limitrophe de l'ambassade américaine au Caire ou à Madrid, deviennent subitement aux yeux de notre cher ministre de l'interieur des sources d'information importante pour la CIA.
La bourde de Zerhouni qui prête à sourire a eu néanmoins le mérite de lever le voile sur la vision officielle de nos gouvernants sur "la chose féminine". Fidèle à une conception archaïque de la nature de la femme, Zerhouni croit que la belle femelle ne se soumet aux désirs du mâle que lorsque ce dernier lui fait preuve de forte dose de machisme. Triste conception qui laisse les vautours d'Alger, amateurs de tournantes institutionelles, préparer activement la nuit de noces d'Avril même si la pauvre Dame Algérie a déjà trop saigné par le passé.
moussa Tertag
Code Zerhouni
Le ministère de l’Intérieur semble plus affairé à faire passer un troisième mandat par SMS qu’à s’occuper des problèmes. Et avec une capacité d’analyse qui défie toutes les lois de la réflexion. D’abord l’histoire du viol des deux Algériennes. Yazid Zerhouni, puisqu’il s’agit de lui, a eu cette explication : « Il s’agit peut-être d’une affaire d’espionnage. » Depuis quand viole-t-on des filles pour leur soutirer des révélations, si tant est que ces deux filles en détenaient ? En général, on les séduit et on leur offre des bijoux pour qu’elles accouchent de secrets d’Etat. Deuxième affaire. A propos de Berriane où les mêmes affrontements ethnico-religieux ont fait de nouveaux morts, il a eu cette réponse : « C’est une histoire de mafias de quartiers. » Oublions la phrase « c’est un voleur » – à l’encontre de Guermah Massinissa, tué par des gendarmes – qui a mis toute une région à feu et à sang et revenons à l’actualité.
Peut-on faire passer un viol pour de l’espionnage sachant que l’Algérie n’a pas de technologie particulière, économique ou militaire, à part la voiture révolutionnaire de Temmar que personne n’a encore vue et que les USA ont des satellites qui voient tout ce qui se passe dans les couloirs du MDN ? Peut-on faire passer un affrontement entre communautés pour une histoire de gardiens de parking qui a mal tourné ? Comment un ministre de l’Intérieur peut-il prendre avec autant de légèreté des phénomènes aussi graves ? C’est que selon les uns, il est atteint du même syndrome que les autres dirigeants et selon les autres, il termine la construction de sa villa à Oran et a des problèmes avec ses maçons. Il y a une troisième explication : c’est un langage codé qui n’est pas destiné aux Algériens, mais à des extraterrestres qui attendent dans ce code le signal de l’invasion. Demain, si un martien vient pour vous déloger de votre AADL, rien ne sert de lui montrer votre carte d’électeur





















